100 services de musique en ligne au banc d’essai
Publié par Valerymai 5
100 ? Oui 100. Je vous arrête tout de suite, le banc n’est pas le mien. Oui y-a des limites. C’est l’observatoire de la musique qui s’y est collé. Dans son Etat des lieux de l’offre de musique numérique. Un document fort instructif qui tente de dresser un panorama presque exhaustif des services qui permettent d’écouter, partager, acheter de la musique. Il y en avait 92 dans l’étude précédente déjà présentée ici : 92, le nombre de sites de musique en ligne
Etats des lieux de la musique en 2009
Avant de les décrire, l’observatoire fait un état des lieux du marché numérique : la consolidation, l’arrivée de nouveaux entrants (les grands de l’informatique, du web genre google, les petits nouveaux à la spotify) et s’interroge assez justement sur la capacité des français à suivre dans la bataille de titans qui s’engage.
Qui du chantier de la gestion des métadonnées au regard de l’identification des ayants droit (DDEX – en gros comment identifier tous ces fichiers et à qui reverser quoi), et de l’accès à une bande passante acceptable pour tous (pas possible de faire décoller une offre légale avec une bande passante de nain).
Suit un rappel assez juste sur le modèle économique de la musique en ligne (ou plutôt l’absence de modèle). Rien de nouveau: les artistes, auteurs sont payés des clopinettes[1. un exemple que j'avais raté 9 800 écoutes ont rapporté 0,35 centimes d’euros à l'auteur] et pourtant les services ne sont pas rentables car les auditeurs ne veulent pas payer. Et la pub, ça eut payé ma bonne dame mais avec la crise…
La vente de musique en 2009

Pas de surprise. Ca baisse. Plus ou moins. Le mobile se casse la gueule. Enfin les ventes de sonneries mais c’est pas nouveau (-30% en valeur quand même). Sur le web par contre les ventes décollent puisqu’on fait du +40% (m’enfin pas de quoi s’extasier non plus).
Rayon vente numérique donc, universal et sony se taillent la part du lion avec 42,5 % et 21% de part de marché pour les singles et 38,5% et 19% pour les albums…
Seul label indépendant présent dans ces tops: atmosphériques grace à charly Winston.
La relève est assurée: Michael Jackson Number 1
Oui voilà. Avec 6,1% de part de marché en 2009, c’est l’artiste qui a le plus vendu en numérique aussi. Le numérique légal, vous savez cette terre de diversité, découverte et promotion de jeunes pousses. Mais qui traine : l’offre ou la demande ?
100 sites entre boutiques, streaming, portail, web radio, sites communautaires
Je vais pas tout vous lister mais sachez que les 100 sites se répartissent entre boutiques généralises (itunes, amazonmp3), spécialisées (Music Classics, Jazz en ligne), Portails (Yahoo music, Nokia, M6music), radios (orange liveradio, awdio), streaming (musicovery, deezer, pandora), sites communautaires (youtube, dailymotion), éditoriaux (allmusic), remix (MusicShake) et webplayer (Songza, songbird). Qu’en fait ils ne sont pas 100 mais 89 puisque 11 sites sont passés de vie à trépas depuis la précédente étude.
Et pour chaque site, l’observatoire a dressé un inventaire par type de contenu, type de répertoire, accès, régime juridique (sacem, creative commons, domaine public), qualité de l’offre. Bref un travail assez impressionnant.
Et qu’en ressort-il ?
- Que l’offre s’est un peu appauvrie… Oui je sais, ça fait bizarre. Disons que certains sites se reconcentrent et ont abandonné certaines features qui devait leur couter un bras.
- Que c’est plutôt plus cher (avec des titres variant de 0,7€ à 5€ selon la durée, la qualité).
- Que le single et l’album restent les rois mais qu’il faut toujours ramer pour pouvoir télécharger légalement les paroles et les partitions !
- Que les catalogues ne se sont pas vraiment enrichis
- Que les boutiques généralistes sont plus dynamiques que les boutiques spécialistes (question de moyen)
- Que les portails médias classiques (yahoo, nokia, MCM) tendent à se désengager de la musique
- Que les radios en ligne restent très actives (surtout Orange et SFR)
- Que le communautaire s’est pris une bonne grosse claque avec le roi Facebook
- Le roi de la gagne restant le streaming avec des formules de 5 à 15 euros par mois même si personne ne sait comment ils vont faire de l’argent. Le public étant prêt à payer 5 euros par mois alors qu’il leur faudrait 10-12 euros…
On finit sur une formule amusante: MusiClassics qui vend du temps d’écoute! 100 heures, 30 euros…
Alors quelle conclusion en tirer? Déjà qu’aucun player ne joue sur tous les tableaux. Sur la grosse trentaine de critères, le plus large tourne sur 15 à 20. Que le mp3 reste la norme. Que ça tire encore dans tous les sens. Et que les gros vont vraisemblablement s’en sortir mieux que les petits. Qu’une bonne dizaine de sites auront disparu dans 6 mois. Que personne n’a de solution pour rendre bénéficiaire les sites de streaming. Bref, c’est le bordel.Tout ça pour ça ? Oui. Et rendez-vous dans 6 mois pour la prochaine étude !
Allez donc faire un tour sur l’observatoire pour vous faire votre propre idée


2 commentaires
Ping par Tweets that mention 100 services de musique en ligne au banc d’essai | B comme BoxSons -- Topsy.com le 5 mai 2010 � 13 h 48 min
[...] This post was mentioned on Twitter by Valery__. Valery__ said: 100 services de musique en ligne au banc d'essai (oui 100) http://ow.ly/1Hbwb [...]
Commentaire par Alias le 5 mai 2010 � 17 h 46 min
conclusion: la musique pour les beaufs, les geeks, et les caillra, c'est naze.
Aucun modèle ne marche sur le long terme.
Pour ma part, comme tout dinosaure en voie d'extinction qui se respecte, je prèfère toujours acheter mes CDs directement auprès de l'artiste, qui se permet de glisser un petit mot tout gentil dans l'enveloppe.
Je sais, les jeunes: les CDs, c'est ringard, c'est has been, et puis les artistes folk féminins made by CTNMUSIC, c'est juste bon pour les petites filles rozbonbons qui pleurent devant Grey's Anatomy…
mais la musique pour moi c'est ça: un échange, une partage entre le fan et l'artiste, un respect et une reconnaissance mutuelle. Ce que les Deezer et autre sites bouseux ne peuvent offrir.