Archive for avril, 2009

Jamais deux sans trois. Les deux premiers soirs du festival « This a Picture Session » organisé par Thomas Charlet ont tenu toutes leurs promesses.La troisième soirée arrive.

Picture Session

La semaine dernière

Les General Bye Bye ont livré un set très pop mais c’est normal il font de la pop. Les membres semblent avoir trouvé leur place et ça comment à se voir! Quelques nouveaux morceaux très énergiques et un chanteur qui se lâche. Ça fait plaisir.

Ensuite le Woland Athletic Club a livré une performance, oui c’est le terme. Une performance. Ça ne se raconte pas vraiment. Entre le rock et le free jazz (voilà pour les clichés), 45 minutes intenses et assez bleuffantes. Respect.

La soirée se terminait en beauté avec Clarys. Clarys, la PJ Harvey française, écrit des chansons souvent tristes.  Avec des tempos plus ou moins rapides, parfois mélancoliques. Alors quand ceux qui ont l’habitude d’écouter « mon bel infâme » ont découvert le premier morceau:

On a senti le public se tendre un petit peu. Clarys, une caresse sur album et une gifle sur scène. Un pur set. Énergie, tension et rupture. A suivre aux trois baudets ce samedi 2 mai.

Et le programme du jeudi 30 avril?

On remet ça avec 3 autres groupes de la scène Parisienne que Thomas a rencontré ici où là.

Astro mullet :

Eddie, le chanteur de L-Dopa entouré de Clarys (de Clarys) a la basse et de Nadia a la batterie pour un trio Rock stonner pour un set court et intense. Après Clarys quitte le groupe…

Maaskin GÖmm : http://www.myspace.com/maaskingomm

Maaskin Gömm est un duo guitare / batterie produisant une musique qui explore des univers à base de culture rock. Tantôt cadré dans des schémas clairement établis, il sait soudain se lancer dans l’ imprévu et la déstructuration du discours.

Ca c’est l’accroche officiel. Je n’ai pas encore vu sur scène. Donc ce sera la surprise.

Lapin Machin : http://www.myspace.com/lapinmachin

Lapin Machin est un drôle d’animal. Il reste au chaud en appartement pour enregistrer un EP dans sa salle de bains et un LP dans son salon, mais n’hésite pas à enfiler sa fourrure pour gambader de scène en scène. Là, il y présente fièrement sa Drüm Machine ultra DIY, une sorte de batterie en carton qui accompagne la plupart de ses morceaux.

Pour y aller

Le Klub, 14 rue Saint Denis 75001 Paris

Agrandir le plan

C’est quand?

A partir de 19h00 ce jeudi 30 avril!

Pour 6 euros!

Tout a changé

A Bourges quand on discute avec des pros, qu’on va à des tables rondes, le même discours revient à peu près partout et chez tout le monde: « Internet a tout changé : la manière de faire de la musique, la façon de la vendre, les pratiques d’écoutes et de découvertes. C’est un ras de marée, plus rien n’est comme avant c’est incroyable. A mon dieu c’est fou c’est une révolution ».

Alors, forcément, on se dit « merde, ils ont tous découvert le saint graal du mec qui bosse dans la musique aujourd’hui, le nouveau modèle économique» ! Et tout le monde est d’accord, tout a changé ! Et ensuite au cours de la discussion les mêmes expliquent le plus sérieusement du monde que pour promouvoir l’artiste dont il s’occupe ben ils attendent la sortie de son CD pour faire de la pub dans la presse écrite et essayer de passer en radio le single qu’ils auront extrait du 12 titres. Et qu’ils sont en train de monter une tournée pour promouvoir l’album. Enfin le CD. Le CD qui sera distribuée à la FNAC. Et puis là ils te proposent un sample Cd gratuit de ses 5 artistes en s’excusant presque qu’il soit gratuit « mais tu comprends c’est pour faire découvrir quoi ».

Ca change mais comme avant

Mais heu ah ben merde mais attends mais heu ahaha tu n’as RIEN changé dans ta manière de faire, vendre et promouvoir ta musique ? Eh ben non voilà. Faut pas chercher pourquoi personne l’a trouvé le nouveau modèle. Personne le cherche 1 .

Que Pascal Nègre le cherche à sa façon, c’est normal et j’en reparlerai à part. Mais que dire des autres que ce système étouffe, que cet engrenage « production, sortie de CD, tournée » qui s’étale sur 12 à 24 mois laisse exsangues. Ce petit label qui met en avant son artiste une fois tous les 12 mois et qui doit donc à chaque sortie d’album refaire exactement (ou presque) le même effort ? Ben oui ce système marchait il y a 15 ans. 40 à 50 sorties d’album par mois plus des démos mais qu’on traitait comme des démos. Aujourd’hui on doit être à 500 c’est-à-dire entre le moment où tu appelles le journaliste pour le CD1 et le CD2 il a peut-être vu passer 1000 ou 2000 groupes.

Soit ton protégé a percé un brun et roule, le journaliste s’en souviendra (et les auditeurs aussi). Soit non. Et et et ben faut tout recommencer. Juste tout recommencer. Hors c’était la raison d’être du développement de carrière des artistes: on travaille sur le moyen ou le long terme. Tu poses une pierre par çi par là. Aujourd’hui tu poses tout plein de pierres partout et le lendemain tu reviens sur le chantier et heu ah ben qui m’a prit mes pierres ? Le mouvement perpétuel existe, je l’ai créé !

Et Toute l’industrie musicale « canal historique » en est là. Tout a changé, c’est pour cela qu’on fait pareil. Ca promet.

1 La promotion avant Internet


2 Promotion APRES Internet


1/ bien sûr c’est tout à fait faux. Je fais uniquement référence à la partie hébergé de l’Iceberg. Il y a énormément d’initiatives en cours. Mais souvent sur des niches (de styles ou de distribution). A suivre sur ce blog.

Non il n’y a pas que Bourges. Bourges c’est bien. La route sur Rock aussi. Les Vieilles Charrues aussi. Mais pour de la découverte de chez découverte c’est déjà plus compliqué. Compliqué car il est difficile pour les « petits » groupes d’exister: pas ou peu de moyen, un public encore réduit et une législation pour les concerts totalement inadaptée.
Il est donc facile de baisser les bras, de virer aigri voire même revanchard. Saluons donc l’initiative de Thomas Charlet qui propose 3 soirs d’avril les Picture Session.

Picture Session

3 soirs avec 3 groupes à 6 euros par soir.

3 groupes cohérents à chaque fois, les 3 soirs formant un panorama assez éclectique et excitant des nouveaux groupes parisiens de la pop au rock en passant par le folk (et tout un tas d’autres adjectifs hyper pointus comme le stoner prog folk swingant mais les étiquettes c’est un autre débat).

Ces groupes sont représentatifs d’une nouvelle scène (mais tellement nouvelle qu’elle ne remplit pas le Zenith ou Bercy comme une autre nouvelle scène). Ils veulent jouer, dans des conditions acceptables si possible. Ne sont pas des amateurs et pourtant ne vivent pas de leur musique (ou alors mal). Et ils sont comme beaucoup enfermés dans un cercle assez vicieux : si ton groupe ne ramène personne, je ne te fais pas jouer. Sauf que si tu joues tous les 36 du mois, le public que tu auras pu convaincre le 36 du mois dernier ben il est passé à autre chose. Ca ne veut pas dire que ce n’est pas possible d’élargir un peu son cercle. Juste que c’est plus dur. Qu’il faut se battre (et c’est normal) et que se lancer dans ce type d’aventure aujourd’hui c’est rafraichissant.
Donc je poste ce petit billet ici pour vous donner une chance de découvrir et le festival « This is a picture Session » et les artistes qui s’y produisent. Et ma probité étant ce qu’elle est je précise que je suis le manager d’une des artistes du festival.

Le programme ce soir:

* General Bye Bye – http://www.myspace.com/generalbyebye
* Woland Athletic Club – http://www.myspace.com/wolandathleticclub
* Clarys – http://www.myspace.com/clarysmusik

Les trois groupes du 23 avril

Pour y aller

Le Klub, 14 rue Saint Denis 75001 Paris

Agrandir le plan

C’est quand?

A partir de 19h00 ce jeudi 23 avril!

Et la semaine prochaine

* Astro Mulet http://www.myspace.com/astromullet
* Maaskin Gömm http://www.myspace.com/maaskingomm
* Lapin Machin http://www.myspace.com/lapinmachin

Même heure, même endroit le jeudi 30 avril.

Oui encore un blog. Un de plus. Alors pourquoi encore un blog?

Je pourrai vous le dire, faire une belle profession de foi avec plein de mots clefs hype, plein de super groupes tendances et des gros mots comme marketing, musique digitale, avenir du téléchargement et ce genre de choses.

Mais bon finalement, soit ça va vous parler et vous y reviendrez (peut-être). Soit ça ne vous parlera pas et ma foi, je ne vois pas au nom quoi mon baratin pourrait vous faire changer d’avis (sauf à considérer que l’esprit humain est malléable et que l’on puisse le modeler, le manipuler, le tordre le … enfin vous voyez l’idée).

Bref, ici de la musique, du contenu au sens large, un peu de business, de réflexion voire de prospective. Mais surtout, surtout les gens autour et dedans cette musique, ces contenus, ils les vivent comment toutes ces histoires?