Archive for mai, 2009

Box-Of #1

Tout les gens qui bloguent font un best-of. Ca ressembe à un passage obligé. Soit ils parlent leurs meillers articles soit des articles qu’ils ont pu lire dans la semaine. Et moi je vais juste faire tout pareil. En attendant de trouver autre chose.

Sony regrette les DRM
Franchement celui-là il vaut le détour. En gros, le président de Sony Howard Stringer regrette d’avoir imposé les DRM. Pas par état d’âme ou quelque chose approchant. Non, juste parce qu’il pense que sans les DRM ils auraient pu battre Apple.

RollingBox: Réseau social musical éthique
Une initiative qui a l’air pas mal. Je passe sur le côté « étique » qui me fatigue un peu. A mon sens, ça ne veut plus dire grand-chose. Mais Rolling Box est à découvrir. En vitrine l’artiste Johannes Hopfner que j’ai vu à l’OPA. Une belle découverte.

[Edit du 5 septembre 2010 : Rolling Box is dead]

Apprenez la musique avec les grands sur iMusic School

Je pense que reparlerai de cette initiative après avoir creusé un peu. Presse-citron la présente brièvement et de ce que j’ai pu voir ça le fait. En gros les pros connus vous donnent des cours de guitare sur le web. Ici Sanseverino. Ca risque de cartonner. C’était la rubrique « je vends plus de disque mais on va trouver des revenus alternatifs ».

Qui parle de lutter contre le téléchargement illégal ?

Un éclairage clair et net sur la loi HADOPI et qui change un peu quand même.

Seth’s Blog

Connaissez-vous Seth Godin? Bon, lui c’est clair je vais en reparler. Je me demande si son blog est traduit d’ailleurs. Pour faire court c’est un gourou du marketing. Bon, le marketing on aime ou pas. Mais quand il parle, ben on a juste l’impression qu’il parle de la vie. Et qu’il a quand même un tout petit peu tout compris un peu mieux et un peu plus vite que tout le monde. Aujourd’hui « I need more time »

Ziknation

Lancement en grande pompe avec pleins de cadeaux à gagner d’un nouveau magazine musical sur le web. Difficile de se faire une idée claire pour l’instant mais bon quand ça parle de musique ou de cinoche j’ai toujours un peu envie que ça marche. Bonne route à eux donc.

We Are Hunted, Le Top 100 quotidien de la musique en ligne

Sur techcrunch, un article sur « We are Hunted » le top 100 de ce qui a été le plus écouté sur iLike, BitTorrent, Last.fm, MySpace Music. Là aussi je pense que j’en reparlerai.


La boite est pleine !

L’émotion est-elle proportionnelle à la notoriété ? Faisons le test « Papier Jauni » et « Les bords de mer ».

D’un côté Clarys et Gaspard LaNuit interprètent une chanson de Clarys lors d’un concert à la maroquinerie :

De l’autre, Lio et Julien Doré à la Nouvelle star (désolé pas d’aperçu possible):

http://www.wideo.fr/video/iLyROoafMv-c.html

Soyons clairs: la question n’est pas de savoir lequel est le « meilleur » duo. D’une je m’en fous. Et, et c’est déjà bien. Non la question c’est
Le premier duo est-il moins  émouvant que le second car ses interprètes sont moins connus?
Cette question n’a pas forcément de sens je vous l’accorde. Ça dépend pour qui bien sûr. Ça dépend de ce que l’on entend par émotion. Et ça dépend de ce que l’on entend par « connus ». Et pourtant il me semble que répondre à une question pareille est central aujourd’hui. A partir de quel moment le manque de notoriété cesse-t-il d’être un handicap ? Quand la notoriété devient-elle un fardeau et auprès de qui ? Comment créer de l’émotion auprès d’un auditeur qui est submergé de propositions de toutes formes? Vaste sujet que je m’en vais de ce pas traiter dans d’autres articles.

V le duo de Clarys et Gaspard LaNuit, il me bouleverse.

Je voulais appeler ça le chiffre de la semaine mais bon ok c’est plus le chiffre de la semaine dernière voire du trimestre dernier. Faut bien démarrer un jour.

92?
92, le nombre de services d’écoute de musique en ligne sous une forme ou sous une autre accessible depuis la France. Publié par l’observatoire de la musique dans son état des lieux de janvier 2009.

Et chacun d’y aller de son player, de sa radio live, de son catalogue qu’il est plus gros que celui de son voisin. Et que Deezer il a 4 millions de titres mais spotify il t’éclate, il est à 8 millions et ça se bouscule au portillon pour passer à 9 millions. Mais rien à faire parce que musicgiants il propose le format .wma ouais !

Bref, 92 c’est beaucoup. Comment je sais moi lequel des 92 va me plaire ? Bon l’étude de l’observatoire est d’une aide précieuse mais 92 quand même. Surtout que l’étude ne prend pas en compte des dizaines et des dizaines de propositions moins populaires ou moins bien « marketées ». Mais qui sont là quand même.

En même temps, 92 c’est pas beaucoup. C’est vrai finalement sur un marché de cette ampleur qui brasse toutes les musiques et tous les usages (remix, radio, écoute à la demande, téléchargement, partage).

V Alors c’est beaucoup ou c’est pas beaucoup ?

Interview de Julien Cayer

Julien Cayer est un journaliste et un bloggeur. De Montréal. Il participe au collectif Bande à Part qui est quand même un site qui déchire. Et il a très gentiment accepté de répondre à quelques questions. J’en ai donc profité pour ne RIEN lui demander sur Bande à part. Vous allez me dire « bah c’est un peu con non » et je vous répondrai que non puisque je voulais lui poser des questions sur « son activité de bloggeur et son rapport à la musique aujourd’hui » donc j’assume. Eh je ne regrette pas parce que j’aime beaucoup les réponses (quand à mes questions eh bien j’y travaille hein).

Pouvez-vous vous présentez en quelques mots?

Je m’appelle Julien Cayer. Je suis journaliste et mélomane. Je travaille présentement pour Bande à part, un projet radio et Internet de Radio-Canada qui vise à faire rayonner la musique canadienne émergente (alternative, indie ou peu importe comment on l’appelle). En parallèle, je tiens un blogue musical, Pas de doute, qui vise à faire découvrir la musique que j’aime, peu importe sa provenance.

Qu’est-ce qui vous a motivé pour créer ce blog?

Partager la musique que j’aime avec facilité et sans contrainte. La plupart du temps, j’essaie d’écrire et de faire entendre des groupes qui n’ont pas la couverture médiatique qu’ils méritent, à mon avis. Ou encore des groupes de Montréal, où j’habite. C’est d’ailleurs un peu le devoir de chacun de diffuser des groupes locaux. Forcément, nous avons plus de chances d’entendre ou d’obtenir la musique des groupes de chez nous (dans un spectacle, par une connaissance) qu’un bloggeur de l’extérieur. En les partageant, un bloggeur d’ailleurs peut le partager à son tour et créer un «buzz» qui fera en sorte que le groupe se démarque sur la plan national ou international. Si les bloggeurs ne font pas ce travail au début, les nouveaux groupes restent dans l’ombre.

Vous le voyez évoluer comment dans les 2 ans à venir ?

La forme du blogue change présentement à cause de la popularité grandissante de Twitter, qui à son tour influence beaucoup la manière dont on utilise Facebook. Je crois que le blogue demeure pertinent pour tout ce qui ne peut pas se dire en 140 caractères. C’est le cas lorsqu’on raconte une anecdote, lorsqu’on détaille une opinion sur un artiste ou lorsqu’on veut tout simplement écouter un MP3. Par contre, je crois que l’époque où un bloggeur pouvait se contenter d’Embedded un vidéo Youtube avec peu ou pas de texte est révolue. Twitter fait beaucoup mieux ce travail.

Comment gérez-vous la profusion de groupes, morceaux, vidéos, évènements ?

Je limite mes sources d’informations. Les plus importants demeurent mes amis, mes connaissances dans l’Industrie musicale, quelques sites/blogues de confiance (Pitchfork, Stereogum), quelques labels innovateurs et quelques utilisateurs Twitter et… le hasard.

Justement, concernant la découverte de nouveaux artistes. Aujourd’hui c’est plus simple ou plus compliqué qu’il y 5 ans pour vous?

Plus complexe, parce que comme tous les journalistes spécialisés en musique, je continue à suivre pendant un temps tous les nouveaux groupes que je découvre, tous les blogues qui m’ont un jour appris quelque chose d’intéressant et tous les labels qui découvrent et signent de bons artistes la plupart du temps. La liste augmente sans cesse.

Quel est -de votre point de vue- le vrai problème de l’industrie musicale aujourd’hui? Et ce qui vous chiffonne le plus dans votre rapport à la musique aujourd’hui?

Le vrai problème de l’industrie musicale, c’est quelle a fait beaucoup trop d’argent pendant assez longtemps pour penser que c’était normal. Aujourd’hui, elle crie au meurtre parce que ses profits sont plus minces qu’il y a dix ans, mais elle fait encore considérablement beaucoup d’argent. Ce qui me chiffonne le plus dans mon rapport à la musique d’aujourd’hui, c’est la course à la rapidité qu’a engendré les blogues et Twitter (quoique cette course ait toujours eu lieu dans une moindre mesure). Je soupçonne plusieurs bloggeurs et utilisateurs Twitter de parler d’une pièce ou d’un vidéoclip sans l’avoir regardé jusqu’à la fin (ou regardé tout court) pour ne pas que quelqu’un d’autre le devance.

Myspace est-il mort?

Mort, pour l’instant, en terme de réseau social, mais Myspace demeure très pertinent en temps que « mini-site web pour musiciens ».

Selon vous, la musique on l’écoutera comment dans 5 ans?

J’aurais tendance à dire que la plupart des gens l’écouteront comme aujourd’hui, avec des MP3 téléchargés illégalement.

Quelle problématique (musicale) existe au Québec et, selon vous, pas ailleurs?

Le «star-system» québécois est assez particulier. Par rapport au reste du Canada (trois fois plus nombreux que la Province de Québec), il y a beaucoup, beaucoup d’artistes, de groupes, de maisons de disques, etc. qui survivent malgré un public restreint (7,7 millions d’habitats), grâce, entres autres, à un système de quotas et de subventions pour la musique francophone. Ça donne des vedettes, très connues à Montréal, mais totalement inconnues à Toronto, par exemple.

Inversement, un avantage que le Québec a, ou peut avoir, sur les autres pays (toujours du point de vue de la musique)?

Beaucoup de médias, de salles de spectacle, d’aide à la relève (ce système de quotas de subvention évoqué plus haut).

D’où vient Piers Faccini

D’où vient Piers Faccini ?

C’est vrai ça d’où vient-il ? Vous allez me dire : va voir sur wikipedia, c’est marqué. Oui d’accord ses origines sont multiples : père italien, mère anglaise il a vécu en France et en Angleterre et aujourd’hui il sévit dans les Cévennes. Mais c’est pas ça que je veux savoir.

D’où vient Piers Faccini ?

Il vient aussi de l’héritage de Nick Drake, d’Ali Farka Touré comme les Inrocks le diront mieux que moi. Il vient d’une rencontre avec Francesca Beard qui lui permit de fonder Charley Marlowe. Ou d’une autre rencontre avec Ben Harper. Ou du Mélange comme il le dit lui-même. D’ailleurs même s’il reste discret l’homme n’est pas non plus avare ou maladivement secret et il s’exprime bien.

Mais décidemment non ça de me dit pas…

D’où vient Piers Faccini ?

Franchement je ne sais pas. J’ai vraiment l’impression qu’il vient d’une autre planète. Il y a une théorie qui veut qu’en remuant indéfiniment des œufs cassés on finisse par arriver à les reconstituer. Ca durera pas longtemps mais à un moment hop, on retrouvera les œufs comme neufs. Ca doit être ça la magie de Piers Faccini. L’improbable moment où les œufs se reconstituent mais un moment improbable qui durerait. Je sais ma comparaison est toute moche et pas poétique pour un sou mais je ne vais justement pas me mesurer sur ce terrain là. Bref, tout ça pour dire que je ne sais pas d’où vient Piers Faccini mais je sais où sa musique va…


Quelques liens et infos plus prosaiques:

Le site official: http://www.piersfaccini.com/

Le troisième album « Two grains of sand » vient de sortir chez tôt ou tard et ce n’est rien de dire qu’il est magnifique.

Two Grains of Sand

Piers sera en concert à la maroquinerie du 24 au 27 mai inclus. Et dans toute la France jusqu’au 28 juin pour Solidays. Plus d’infos par

Je sais, c’est un peu facile. Prendre comme premier méchant de la semaine Pascal Nègre, c’est tout petit. Tout petit et c’est facile. La planète entière pense que Pascal Nègre est un méchant pas beau qu’a rien compris à la musique qui fait rien qu’à tuer l’industrie du disque. Par planète entière, j’entends toute personne qui ne travaille pas chez Universal ou chez un concurrent direct. Bref la plupart des artistes et quasiment tous les indépendants.

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Je sais, c’est un peu facile. Prendre comme premier méchant de la semaine Pascal Nègre, c’est tout petit. Tout petit et c’est facile. La planète entière pense que Pascal Nègre est un méchant pas beau qu’a rien compris à la musique qui fait rien qu’à tuer l’industrie du disque. Par planète entière, j’entends toute personne qui ne travaille pas chez Universal ou chez un concurrent direct. Bref la plupart des artistes et quasiment tous les indépendants.

Pourquoi tant de haine

C’est vrai ça pourquoi tant de haine. J’ai toujours du mal à croire à l’idée du méchant intégral, la figure qu’il faudrait abattre pour que règne le bien, la justice et la musique de qualité qui ferait vivre tout le monde sans rien couter à personne. Du coup je cherche à comprendre Pascal. Et pour comprendre Pascal, il faut se mettre à la place d’un vendeur de Pizza. Oui oui de Pizza. Pascal, ça fait 20 ans qu’il vend des pizzas 20 euros dans son resto. Et ça marchait plutôt pas mal. Il a même pensé à agrandir son resto, à embaucher. Y-a bien d’autre pizzérias qui se sont ouvertes ici où là, mais elles vendaient à peu près les mêmes pizzas au même prix. Tout roulait.

20 euros la pizza c’est pas un peu cher ?

Bien sûr, il y a certains clients qui lui ont fait remarquer que 20 euros la pizza c’était un brun cher. D’autres qu’il n’y avait pas tous les goûts de pizzas. Pas grave allez. Mais un jour, un type rentre, commande une maxi pizza et au moment de payer il laisse 50 centimes.

Pascal va le voir, lui dit « qu’est-ce que vous faîtes là ? C’est 20€ la pizza. En plus vous avez pris la maxi avec 1 millimètre de pate en plus du coup c’est 25€ même.»

Le client le regarde, se marre : « attends, où t’as vu que je payais les pizzas. Je te file 50 centimes pour les couverts c’est tout ».

Et hop il se casse.

Estomaqué il est le Pascal, estomaqué. Le lendemain rebelote. Et de jours en jours pleins de clients lui sortent la même chose. Pascal réagit. Il passe la pizza à 19 euros (en diminuant la taille des pizzas au passage mais c’est de bonne guerre). Il propose des promos « si t’achère 4 pizzas, la 5ième est à moins 10% ». Mais ça suffit pas. De moins en moins de clients qui veulent payer de moins en moins cher leur pizza.

Du syndrome des dinosaures

Mais franchement, à la place de Pascal vous auriez fait quoi ? « Ah bon c’était 20 euros, ben maintenant c’est 50 centimes et tu peux en manger autant que tu veux ? Ok c’est cool, servez-vous ! » Ben non. 20 ans à vendre des pizzas 20 euros ça s’oublie pas comme ça. Oui ok Pascal a une grande responsabilité. Il aurait du baisser ses prix avant, proposer plus de variétés, arrête d’essayer de refourguer de la pate surgelé pour de la pate fraiche. Mais quand même. Pascal Nègre n’est pas le méchant de service. Pascal Nègre est juste le représentant le plus emblématique d’un système qui va mourir. Et comme les dinosaures, ce système et ses représentants de PEUVENT PAS s’adapter. Ce n’est pas possible. C’est dommage (pour tout le monde) mais c’est comme ça.

V La morale : y-en pas, comme souvent.

crédit photo: leafear

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