Archive for the ‘ L’Interview de la semaine ’ Category

Il est de ces rencontres virtuelles qui vous font douter. Au détour d’un clic vous tomber sur un article que vous auriez pu écrire. Même ton, même tournure, même esprit et plus ou moins mêmes sujets. Oh l’égo étant ce qu’il est que le fait que les articles soit mieux écrits, plus drôles et tout ce qu’on voudra n’entre absolument pas en ligne de compte hein. Ahaha combien de scribouillards en lisant Hugo on dû se dire “p’tain on dirait moi” avant de pondre lamentablement 15 chapitres des “miséreux”, saga indigeste et illisible que gonzague seinbri n’auraient pas reniée. Bref Mossieur Olivier responsable de Where is My song ? est de ceux qui font douter. Et bien rigoler aussi parce quand même.

Intro: la chanson ou l’album que tu aimerais qu’on écoute en lisant cette interview/questionnaire ?

image Bien. Donc ça commence direct avec une question impossible. Je vois le genre… :) )))

On va faire dans le péremptoire, sinon c’est pas rigolo : « Where the Wolf Bane Blooms« , le premier mini LP des Nomads.

C’est le concentré même de de que j’adore : un son énorme, un truc à contre courant total, sorti en 83, du « garage » comme on dit (rhaaa ce mot !), et pour l’essentiel des reprises monumentales de vieux machins oubliés. « Monumentales » parce que ce truc est un monument, vraiment. Et quel son ! Appelez ça garage, rock, punk rock, j’en sais rien, ou ne l’appelez pas mais écoutez le. Cet album me met une claque à chaque écoute. Et puis ce sont des suédois les Nomads. J’aime bien l’idée : une bande de suédois qui gardent le temple pendant que les Yamaha DX 7 débarquent avec tous ces affreux groupes « new wave » (que j’ai aimé hein, quand j’étais petit). Mais ce « Where the Wolf Bane Blooms« , garanti 100 % sans prétention : tu as l’impression qu’AC/DC dit « Let there be rock » et paf, les Nomads débarquent et envoient « Where the Wolf Bane Blooms » ! Et puis le son est absolument intemporel : ce machin est indatable au carbone 14. Bref, si quelqu’un veut (quelle drôle d’idée) comprendre pourquoi « Where is my Song ? », le Nomads est tout à fait indiqué.

… Ou alors « Inside Lookin’ Out » des Animals. En boucle. Volume à 11 (pour le climax quasi permanent, rhaaaa je suis dingue de ce morceau).

Ton blog Where is My song ? semble avoir été lancé en mars 2009. C’est ridiculement tard. Tu as une excuse ?

Oui, avant je n’avais rien à dire. Ou pas grand chose. Ce qui constitue une bonne raison de la fermer. Ou alors je le disais à mon entourage, que je finissais par saouler (ce qui constitue également une bonne raison de la fermer). Astucieusement, une personne féminine de type très proche de moi m’a conseillé de monter un site pour pérorer dans mon coin sans gêner les autres. Je dis « site » parce que le mot « blog », je n’y arrive pas. Ce mot est trop laid, vraiment.

Le truc c’était d’avoir un endroit où pouvoir écrire sur ce qui était en train de se passer dans l’industrie de la musique, parce que je ne comprenais plus grand chose au(x) modèle(s) d’émergence des nouveaux artistes (tu m’étonnes), et que je trouvais ça à la fois passionnant et angoissant. Je me frottais à ça dans le cadre de mon travail, je connaissais des gens directement impactés par l’évolution, et je voyais tout ce truc de médias sociaux prendre de l’ampleur, la musique devenir des jeux (je suis aussi un gamer fou). Quand tu vois tout ça, tu te dis « Hé ben, voilà un joyeux foutoir, ils vont faire comment les petits nouveaux qui débarquent avec de bonnes chansons ? «  et puis le truc qui est venu, c’était la phrase que tu trouves encore en home sur le site :

« Si personne ne peut vraiment vivre sans musique, mais que personne ne peut plus en vivre vraiment, comment va-t-on s’en sortir ? »

Quand tu aimes vraiment la musique, en ce moment, c’est pas inutile de se poser des questions sur ce qui va se passer, en fait, mais ça tu le sais, vu que tu apportes toi-même des réponses hyper concrètes aux groupes !

Tu écris sur la musique et sur le marketing de la musique. Pourquoi les deux ?

Parce que je m’y autorise, môssieur.

J’ai validé le truc avec moi-même et je suis vite tombé d’accord : les nouveaux modèles d’émergence, les problématiques business, c’est bien gentil, mais parler de chansons, de groupes passés ou à venir qui changent tes oreilles, ce serait dommage de s’en passer. S’en passer, ce serait un peu comme … euh … parler de sexualité sans pratiquer (c’est un exemple).

C’est un plaisir d’écrire sur des chansons. Et si tu peux être un « passeur », même pour quelques personnes, ça sert à quelque chose, un peu. Et puis maintenant il y a des « guests », ça aussi c’est un plaisir. J’aime pas trop bosser tout seul, en fait…

L’article sur Where is My Song dont tu n’hésiterais pas à te vanter si on t’en laissait l’occasion ?

Il est encore à écrire, celui-là. Je me laisse assez peu l’occasion de me vanter. Pas le genre de la maison, monsieur. Je la ferme en attendant qu’on me dise « j’aime beaucoup ce que vous faites ! » (ce qui est encore pire, soit).

Celui dont je suis content, c’est « Quel artiste online êtes vous ? », parce que je ris encore en le lisant mais qu’il dit quand même un peu des trucs, pose des questions, pointe des directions, sans être trop chiant. C’est vraiment l’idée, d’essayer de jouer les aiguilleurs, sans pontifier.

Note que celui qui réussit à pontifier sur l’industrie de la musique et son futur, ou sur les modèles d’émergence des nouveaux talents en ce moment, il a un égo en Kevlar et là je dis chapeau.

Ou alors il est complètement con.

La profusion actuelle, ça te fait marrer, ça t’impressionne ou ça te désespère?

C’est impressionnant surtout !

Ce qui est génial, c’est qu’il y a plein de choses, partout. Mais le problème, c’est qu’il y a  trop de choses partout, trop de musique dans tous les sens, sans repères, à part les « aiguilleurs », tiens, qui valent ce qu’ils valent, mais qui ont le mérite d’exister.

Evidemment tu as beaucoup de choses très moyennes, mais la technologie, la facilité d’accès à la qualité pro, c’est passionnant, ça ouvre des portes insensées et ça peut élever le niveau. Plus question d’être signé ou pas, ça on s’en fout. De toute façon, dans tous les cas, les groupes doivent se démerder pour bien s’entourer et maîtriser leur présence en ligne notamment. Ca peut être fatiguant d’entendre 9 cacas (quoique ça peut aussi faire marrer), mais si c’est pour tomber, à la dixième écoute, sur une perle qui n’avait aucune chance d’exister il y a dix ans, c’est top, non ? C’est là que c’est passionnant.

Et c’est pas fini ! Je suis persuadé que des processus de « création / gaming » vont apparaître à grande échelle. Là, c’est carrément vertigineux.

La musique doit-elle être gratuite sur internet selon-toi?

Oui et re-oui. En fait, ce n’est pas tant qu’elle doit l’être, c’est qu’elle va probablement le devenir à terme.

Tiens, je vais pontifier : la musique enregistrée va tendre à devenir gratuite parce qu’elle est devenue reproductible à l’infini donc absolument pas rare du tout (98 % des oreilles, y compris celles des pros, ne peuvent pas faire la différence entre un bon MP3 à 320 kbps et un CD, arrêtons d’ergoter sur la qualité des formats numériques immatériels).

Et ce n’est pas sale !

L’anomalie c’est pas ça, l’anomalie c’est la musique enregistrée qui fait vivre les artistes et surtout leurs intermédiaires depuis les années 1950. Ils faisaient comment avant, les artistes, pour bouffer ? Non mais sérieux ?

Ca, c’est LE truc qui me fout hors de moi : ce manque de distance, volontaire ou non, de tout un pan du milieu musical sur le sujet. C’est pas une poutre qu’ils ont dans l’œil, ces gens, c’est une charpente entière. Oui, tu remets en cause ton modèle. Oui, tu es obligé de le faire. On va pondre des lois Hadopi-machin-chouette jusqu’à quand ? Ca, ça fait vivoter les gros acteurs mais ça tue les nouveaux artistes parce que ça freine l’évolution vers un nouveau modèle stable. C’est calamiteux.

Quelle est, toujours selon toi, le problème de l’industrie musicale?

Houla. Si tu regardes les choses objectivement, la réponse est dans la question en fait.

C’est une « industrie » en face d’un média, le net, qui va beaucoup trop vite pour des structures aussi lourdes. Résultat : au lieu d’accepter l’évidence, voilà des mégastructures qui jouent la montre, le lobbying à fond, et perdent du temps.

Pendant ce temps perdu là, les acteurs changent et une nouvelle « industrie » arrive, de nouveaux artisans aussi, 100 fois moins gros et 100 fois plus malins. De nouveaux diffuseurs de contenus, plus réactifs, plus en phase avec leur média. Je ne dis pas que c’est mieux, loin de là, mais en tout cas ça fait exploser le modèle Artiste / Label / Distributeur.

Au milieu de tout ce fatras, tu as des groupes qui pondent des idées lumineuses pour s’en tirer, d’autres qui sont persuadés que Myspace va les sauver (haha), d’autres qui s’accrochent encore à la signature sur un label comme une espèce de Graal, des start-up qui tâtonnent autour de modèles de distribution viables, et dans un an ou deux, je suis à peu près sûr qu’on saura à quoi s’en tenir.

En ce moment, j’aurais tendance à parier sur le modèle Apple-Lala, que je trouve assez vertueux, même s’il faut encore des réglages… Dans deux mois, je te dirai que c’était pas ça en fait, comme d’habitude.  Non, sérieux, ce modèle là, il tient la route, à condition d’ouvrir la porte aux artistes et aux micro structures, et de les exposer vraiment. Tout l’enjeu il est là.

Quand je vois Deezer qui signe des accords avec EMI etc … et qui te laisse uploader tes compos en mp3 SANS pouvoir les distribuer (ce qui n’a AUCUN intérêt), c’est désolant. Et ils l’ont fait. Alors que l’enjeu super fort, c’est l’exposition des nouveaux entrants, des artistes qui débarquent, et que via les playlists, les « radios » thématiques de ce type de plateformes, des petits peuvent émerger s’ils sont appréciés.

Quand tu vois que l’an passé, 90 % des revenus des ventes en ligne sont allés à 10 % des groupes, le fameux « modèle de la longue traine » en a pris un beau coup dans la tronche. M’est avis qu’il y a un boulot énorme sur la mise en valeur des nouveaux talents, c’est là que tout reste à faire. Et ce n’est pas vain : on écoutera quoi, dans dix ans, si plus personne n’a les moyens d’émerger ?

C’est ça, à mon sens, le problème de l’industrie musicale. Si problème il y a, parce qu’en fait, tu as quoi ? Un réseau ouvert qui remplace un réseau fermé ? C’est pas un problème ça, c’est une redistribution des cartes.

Conclusion: S’il y a une anecdote particulière ayant trait à la musique ou à where is my song? que tu souhaites évoquer, tu es -plus que- le bienvenu.

Hum. Pas simple.

« Where Is My Song ? » est encore un bébé, comme tu le faisais remarquer avec fiel :) Un bébé, ça n’a pas d’anecdotes à raconter, ou alors, elles manquent tout de même cruellement d’intérêt.

Il y a 30 ans, j’écoutais les Kinks et les Beatles sur la chaîne de mon père et la pochette de « Radioactivity » de Kraftwerk me fascinait. C’était génial.

Il y a 20 ans, je bousillais des guitares sur scène, on faisait plein de concerts, on rencontrait plein de gens, et c’était génial.

Il y a 10 ans, j’essayais de comprendre comment on se fabriquait un home studio, je découvrais des tonnes de morceaux en ligne et c’était génial.

Aujourd’hui, j’écris des bidules sur « Where Is My Song ? », j’ai compris comment ça marche un home studio, je rencontre encore plein de gens – comme toi, par exemple – et c’est encore génial.

Dans 10 ans, je ne sais pas ce que ce sera. M’est avis que ce sera encore… attends je cherche le mot… oui, voilà : génial.

Je commence à me demander si je ne serais pas un peu accro à la musique, ou un peu con, au choix.

(Et j’ai répondu à tout ça SANS citer Nine Inch Nails !) (Ha merde, c’est fait).

Ce que je trouve absolument magnifique c’est cet enthousiasme. Et ce regard tourné vers l’avenir bordel! Il y a 30 ans c’était génial, 20 ans aussi et aujourd’hui tout pareil. C’est à ça qu’on peut différencier assez simplement le vieux con du pas vieux con. Merci donc à ce pas vieux con d’Olivier pour son temps, ses réponses et son site.

Je ne trouvais pas d’intro pour cette interview*. Sec. Ca arrive parait-il mais aux vieilles gloires. 10 ans d’intro, de présentations, de billets en tous genres. Et paf, l’écran blanc. Mais à force de me demander pourquoi je faisais une introduction. Bing, le déclic; voilà pourquoi je leur ai posé ces quelques questions: parce que je trouvais leur enthousiasme communicatif justement. Qu’on ne sentait pas d’obligation. Ce qui est généralement assez peu le cas de la vieille gloire qui chronique, au hasard, l’album des enfants du rédacteur en chef de son journal. Place aux enthousiastes donc…

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Vous êtes combien à parler dans le sonotone? Et pourquoi donc!

image Pierro : On est une bonne dizaine je crois. Mais là on va répondre qu’à trois, parce que sinon ce sera un gros bordel.

Parce que plus on est de fous, plus on rit. Et aussi parce qu’on réussira plus à trouver un consensus dégueulasse qui plaira au plus grand nombre en multipliant les avis et les styles et les chroniqueurs. Parce qu’on est putassiers chez BTS, ouais. Read the rest of this entry

CD1D c’est donc une fédération de label indépendants qui a lancé une plateforme CD1D.com pour vendre des disques par correspondance. Un des fondateurs de CD1D disait au printemps de bourges “vous pouvez considérer que nos chiffres de ventes sont faibles si vous comparez à une major. Mais si vous comparez à une FNAC, on est une des plus grosses FNAC de france”. Je cite de mémoire hein. Pas bête la comparaison. Et une FNAC avec un putain de catalogue si je puis me permettre ! La suite donc des réponses de CD1D.

La musique en téléchargement gratuit sur le site d’un groupe et payante ailleurs, vous en pensez quoi ?

Nous n’avons individuellement, et bien heureusement, pas tous les mêmes avis sur la question, toutefois le slogan de cd1d donne à percevoir notre positionnement quant au téléchargement ! « télécharger c’est découvrir, acheter c’est soutenir ». Nous ne bannissons pas le téléchargement illégal car nous sommes conscients que la libre circulation de la musique est importante pour les artistes. Un jeune groupe, par exemple a besoin de faire circuler sa musique pour se faire connaître, trouver des dates… donc on ne peut pas blâmer ceux qui téléchargent la musique d’un groupe pour la découvrir et la faire écouter à ses amis. Notre propos se situe davantage dans le fait d’avoir envie de soutenir un artiste qu’on affectionne. Il est important de continuer d’acheter la musique des artistes pour que ces derniers puissent continuer de produire. Heureusement et c’est important les réels amateurs de musique désirent se procurer l’objet (vinyl, boitier sérigraphié…). Le disque est certainement un support voué à être dépassé mais il ne faut pas l’enterrer avant l’heure, sur cd1d, nous réalisons encore à ce jour 70% des ventes en physique.

Certains labels décident même d’offrir le numérique pour l’achat de l’album en physique. Comme nous l’avons déjà précisé, sur cd1d chaque label est maître de son catalogue, il choisit son prix public aussi bien sur le physique que sur le numérique (en vendant piste par piste ou l’album intégral), tout comme il sélectionne dans les pistes de ses artistes celles qu’il souhaite laisser en écoute totale ou en extrait de 30 secondes.
Une de nos missions se résume à faire de l’éducation populaire, c’est à dire à sensibiliser les auditeurs sur les difficultés et réalités auxquelles nous faisons face et sur l’importance de l’achat de musique pour la survie de nos artistes et de la diversité culturelle.

Votre rapport à HADOPI?

Nous nous sommes réunis en avril dernier lors de la première édition du MaMA à Bourges, pour rédiger une lettre ouverte (relayé par quelques médias nationaux) qui a été envoyé aux députés où nous exposons justement notre positionnement par rapport à cette loi.
http://www.irma.asso.fr/Lettre-ouverte-Hadopi-aux-deputes
Notre position n’a pas changé depuis la rédaction de cette lettre.

Quel est selon vous aujourd’hui le réel problème de l’industrie musicale?

Le problème de l’industrie musicale est d’une part la manière dont on nous donne à consommer la musique. Les mass médias et le lobbying des majors matraquent les auditeurs d’une poignée d’artistes non exhaustive. En effet, quand on sait que le même titre peut être diffusé plus de 15 fois par jour sur certaines radios, on se dit qu’entre les clips et les spots publicitaires diffusés en boucle et l’édition le public n’a pas d’autre choix que de subir cette musique. Le problème est qu’avec de telles pratiques, nous sommes quasiment sûrs que le public consommera cette musique parfois même inconsciemment.

D’autre part les habitudes du public évoluent. L’écoute en streaming, les webradio, les téléphones portables, lecteurs multimédias, etc, sont devenus des modes d’utilisation courants. Ce qui induit un changement relativement radical dans une industrie musicale qui devient alors obsolète. Il est important de ne pas négliger et de repenser la place du public qui a malheureusement toujours été le dernier maillon de la chaîne de l’industrie musicale. Cette industrie impose encore sa vision du monde au public alors que c’est l’inverse qui doit être pris en compte. Elle reste axée sur le maintien de ses profits quitte à en sanctionner (via Hadopi par exemple) sa principale source de revenus : le public.
Dans tout cela il est important de ne pas oublier la question primordiale de la responsabilité des FAI*. Ces derniers deviennent les maisons de disques de demain et agitateurs d’une pseudo création, ils font la pluie et le beau temps parce qu’ils détiennent l’accès à internet. Ce qui revient à utiliser la musique comme produit d’appel pour vendre de l’abonnement.

Enfin pour finir, la musique enregistrée n’a jamais été gratuite et ne l’est pas encore (l’abonnement à internet étant payant). La création doit être rémunérée et il ne faut ni dans les esprits ni dans les faits perdre de vue cette notion.

Alors Has been CD1D? Ahah oui tu as honte d’avoir pensé ça. C’est normal. mais ce n’est pas grave. L’important c’est de reconnaître ses erreurs (en achetant une caisse de nouveautés chez CD1D par exemple).

Je suis quand même, encore, frappé de constater que plus on a de raisons de se plaindre du piratage plus on s’y adapte. Les petits labels indépendants ont énormément soufferts de la crise du disque (dans la mesure où leur disparition était –et est toujours- en jeu en quasi permanence pour certains). Et pourtant voilà, ils essayent de s’adapter, de trouver des solutions, des nouveaux modèles. Ce qui ne légitime en rien les petits sagouins qui n’ont pas dépensé un centime pour la musique depuis 1999 mais enfin au moins ça permet d’avancer.

Quant à la gratuité de la musique enregistrée, eh bien, pas mieux que CD1D. Grand merci donc à Fabien dont je ne sais pas ce qu’il fait chez CD1D parce que je suis décidément une truffe. Je lui avais demandé s’il travaillait chez CD1D et il avait répondu oui. Et ça me fait toujours plaisir quand on me dit “oui”. Tout à ma joie j’en ai oublié de lui demander ce qu’il y faisait. J’ai réparé l’erreur tardivement et je sais donc qu’il est responsable de communication web mais bon j’assume ma boulette.

Très de bavardages, allez faire un tour sur CD1D. Et quand vous avez le choix, achetez chez eux. Et faites les connaître parce que ben parce qu’ils existent, ils sont là. Ils bossent. On n’est pas dans le concept, dans le ya plus ka ki faut kon.

Tiens d’ailleurs, c’est décidé, toutes les semaines, je ferai un petit article sur un artiste dispo chez CD1D.

Un site qui serait basé uniquement sur la vente de CD en VPC, ca vous parle? Ben non ça vous parle pas et c’est normal. Faut être trop has-been pour monter un truc comme ça en 2009 vous dites-vous. Ahaha sacré vous, vous avez la critique facile. Alors on va rependre ensemble et après vous vous ferez votre idée. Ou plutôt non, on va laisser s’exprimer CD1D à travers Fabien. Et normalement votre idée sera faite. Histoire que vous ne soyez pas trop perdus, je vous mets quelques chiffres (volés sur le site de CD1D).

CD1D_Chiffres

CD1D_Ventes

CD1D a plus de 4 ans. Comment est né le projet ?

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Jean-Noël Bigotti est énervant. Il connait très très bien le monde de la musique aujourd’hui. En prise avec ce qui arrive et avec ses acteurs. Une mine d’informations et de contacts à lui tout seul. Et au lieu d’être méprisant et fat, il est sympa et accessible. Démonstration…

Peux-tu te présenter?

Jean-Noël Bigotti, je travaille à l’Irma (Centre d’information et de ressources pour les musiques actuelles) comme responsable des éditions et du centre de ressources.

Tu y fais quoi à l’IRMA?

En tant que responsable du centre de ressources, c’est gérer une équipe autour de l’information-ressource (Mathias Milliard et Camille Gillet au quotidien plus le renfort de Yann Perrin au conseil les lundi et mardi après-midi). Ce service à l’Irma est celui qui gère (entre autres) les offres d’emplois et de stages, rédige les dossiers d’actualité, coordonne la lettre d’infos électronique, écrit les news sur le site, accueille les porteurs de projet, réactualise certains des ouvrages ou des documents en ligne. Nous organisons aussi des conférences, des journées d’infos, etc.

En tant que responsable des éditions, c’est trouver, accompagner, éditer des auteurs sur des sujets bien précis (il suffit de voir la liste des ouvrages dans la collection guide des métiers), c’est un boulot très prenant…

Il y a quoi en projet à l’IRMA? Read the rest of this entry

Allez pas d’intro ce coup-ci. Je vous laisse lire et on se retrouve après.

Peux-tu te présenter en une phrase, un lien, une video et une image?

Bidibule On va dire bidibule.com ;)

Tu es auteur, interprète et tu blogues sur la musique: tu as une excuse?

Bidibule Hey j’adore cette question ! Il y a de ça en effet. Si tu sors d’une école de commerce et que tu blogues sur la musique, tout le monde trouve ça normal. Par contre si tu es musicien, c’est presque suspect. La question de la légitimité est une question de fond sur le net. Et je trouve vraiment paradoxal que les artistes soient déshabillés de leur capacité à analyser ce qui se passe dans l’industrie musicale alors qu’ils en sont le centre. Surtout, qu’au final, dans cette foire à l’expertise, on finit par lire beaucoup de fantasmes sur la réalité de la création. C’est parfois édifiant …

Pourquoi le blog de Bidibule?

BidibuleJ’avais vraiment envie de partager un vision d’artiste qui tente de développer son projet alors que tout s’écroule autour de lui. Je n’ai aucun recul puisque j’ai les deux pieds dedans. Quand je parle de tel ou tel site mes titres y sont souvent dessus. Et c’est justement tout l’intérêt de la chose. Proposer un point de vue de l’intérieur, se demander ce qui est proposé aux artistes … Seule ombre au tableau, on se fait pas que des amis.

Tu es inscrit sur combien de sites en tant qu’artistes?

BidibuleOh ! Je ne sais pas… C’est déjà assez pénible d’être de partout, si en plus il faut compter…

Justement, plus belle galère, perte de temps sur le net?

BidibuleJe crois qu’on peut dire que les sites communautaires ont remplacé les couloirs du métro. La galère est devenue numérique. Maintenant, quand tu as décidé d’être musicien voir même de bosser dans le charmant petit monde de la musique, tu sais aussi à quoi t’attendre. C’est un peu la route, personne ne t’oblige à la prendre.

Artiste, ca te parait plus facile aujourd’hui qu’il y a  5 ou 10 ans?

BidibuleTu sais avant le net , j’envoyais mes démos dans les maisons de disque et labels qui ne répondaient que pour me dire « non » ou « peut être , oui mais en fait non » . C’était pas bien plus drôle. Du moins à mon échelle personnelle, je ne le vivais pas mieux. Aujourd’hui , tu as les moyens d’exister sans tout ces …comment dire …gens  ? (lol !) . J’ai donc presque envie de te dire qu’il n’a jamais été aussi facile d’être un artiste. Du moins de se prétendre artiste, label, etc… D’ailleurs va sur myspace, il y a quasiment plus de musiciens que de gens susceptibles de les écouter. Enfin , il reste toujours très compliqué d’en vivre… Heureusement ! Tout ne se perd pas en ce bas monde !

C’est la crise, on va tous mourir, la musique sera bientôt produite par des ordinateurs anorexiques: une raison d’espérer?

BidibuleTu lis Numerama on te parle de la fin de la musique enregistrée, tu écoutes les pro hadopistes , on te parle de sauver la création. La musique enregistrée comme la création ne sont pas en crise. On en a même jamais autant enregistrée, jamais autant écouté. C’est déjà une super nouvelle non ?  Après ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de problème.

Selon toi, la musique on l’écoutera comment dans 5 ans?

BidibuleAvec les oreilles, enfin je l’espère. Pour être sérieux deux minutes , je vais te dire comme tout le monde en Streaming. Mais il faudra que le modèle éco suive et dans les deux sens. Pour l’instant, du côté des ayants droits les sites de stream ne rapportent presque rien, fournissent des reports trop opaques et ne communiquent pas  suffisamment sur la façon dont ils comptabilisent les écoutes par exemple.

Ta plus belle (ou plus moche) rencontre depuis que tu vogues dans le grande monde de la musique?

BidibuleJocker !!!

Bon alors, elle est pas classe cette petite interview. “les sites communautaires ont remplacé les couloirs du métro. La galère est devenue numérique”. Vais le garder ça, c’est bon. Bidibule est donc auteur, interprète et blogueur et c’est peut-être, qu’on le veuille ou non, un futur pour pas mal d’artistes. Parce qu’il faudra aussi communiquer sur sa musique sous des formes diverses et variées. En attendant le futur, n’hésitez pas à squatter son blog dès à présent. Son regard d’artiste sur le business vaut le détour.

PS:  Pour savoir ce que Bidibule pense d’Hadopi, allez sur les vrais independants.

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