Henrik Berggen aime la musique et il aime l’informatique. Et il est très actif. Quand il ne lance pas un site pour écouter la musique des villes, il participe au music hack day, travaille avec SoundCloud et j’en passe… En plus il a l’air sympa et répond aux interviews en deux temps trois mouvements et plein d’idées dedans…
Can you introduce yourself?
I’m a 29-year old web hacker who loves music.
You are working on a lot of projects towards music. What is your feeling towards music?
Two of my biggest passions has always been technology and music. I started listening to Daft Punk when i was 16 and later became a DJ and producer doing mostly House and Techno. But i’ve always also worked a lot with computers and the web. Over the last few years i’ve had the opportunity to combine these two passions by working with audio platform SoundCloud and now CitySounds.fm
How do you discover new artists today?
Mainly through my social graph. That means the people i follow on twitter, the artists that send me tracks on SoundCloud, links on Facebook etc. Well, and friends who just tell me about stuff that’s good of course.
What is –according to you- the real problem of music industry?
Quite a big question that has more that one answer. But I think that one of the reasons is that they are looking at technology and innovation in the wrong way. Instead of embracing it and try to use it to find out how to make money in the future they fight it with all they got. And i think that’s the wrong strategy.
Any thoughs on music piracy and the fight towards it?
I think piracy is mainly a transition problem. When the music industry comes up with ways of distributing music that’s easy, cheap and attractive, piracy will be a marginal problem.
Subsidiary question: which point are we missing about music today?
That’s it’s about having fun, not making money!
Voilà encore un monsieur avec une approche sur la musique de demain à l’opposé de celle des majors. Merci à Henrik et qu’il continue à se lâcher sur des projets musicaux comme CitySound. Ca me va. Retrouvez Henrik sur Twitter et sur son site.
Pour la traduction en français, je vous propose d’essayer l’option dans la barre du menu. Ca devrait marcher à peu près bien.
Pendant que les sénateurs travaillent ardemment sur HADOPI 2 (un peu comme si au lendemain de l’invention de l’électricité on n’avait pas trouvé plus urgent et important que de légiférer sur la bougie), d’autres bossent et proposent du son, des images, des groupes. C’est le cas de Grosse Caisse emmenée par Christophe.
Pouvez-vous vous présenter ?
Grosse Caisse est une webtv – t.v. sur internet - consacrée à la musique indie pop electro folk & rock. Nous proposons aux internautes une sélection d’artistes qui ont retenu notre attention. Nous accompagnons aussi parfois les groupes dans leurs projets musicaux, sous la forme d’interviews et de captations de concerts. Depuis peu, nous retransmettons en direct sur notre télé internet, des soirées « concerts en appartement », depuis leur domicile.
Grosse Caisse donne également la possibilité aux artistes de mettre en commun leurs dates de concert selon un principe appelé le « partage de concerts ». Les groupes s’invitent alors entre eux pour venir jouer chacun leur tour à la soirée de l’autre, soit en quelque sorte, « concert aller puis concert retour », « une fois chez moi & une fois chez toi ». Ils peuvent ainsi s’exprimer en dehors de leur fief respectif et se produire devant un nouveau public. C’est également un bon plan pour voyager et rencontrer de nouveaux amis pour de vrai. Enfin, pour un concert organisé, le groupe a la garantie de jouer au minimum une seconde fois comme invité !! En revanche, il est vrai que cette démarche demande de la part des groupes, un minimum d’organisation.
Grosse Caisse c’est quoi ? C’est qui ? Et pourquoi?
Grosse Caisse, c’est à l’origine la passion d’une personne pour la musique indépendante.Ayant une expérience professionnelle de plusieurs années dans le domaine des systèmes d’information, j’ai eu envie de créer un projet évènementiel & multimédia sur le thème de la culture indépendante et qui s’appuierait sur les technologies actuelles : internet et téléphonie mobile.
Les évènements Grosse Caisse sont enregistrés & filmés pour être ensuite rediffusés sur le site internet. Nous possédons notre propre studio d’enregistrement audio mobile. A chacune de nos soirées, nous nous déplaçons avec notre ProTools, notre table de mixage, nos pré-amplis, micros et pieds de micro ainsi que tous les câbles qui vont avec, … mais aussi notre envie de bien faire. Boris s’occupe du son. Deux, parfois trois caméras filment l’évènement.Nous nous relayons alors Emma, Arnaud, Jonathan et moi. Lors des concerts en appartement, Jonathan anime l’émission en direct par ses interviews des groupes. Citons bien évidemment Valérie pour son aide considérable au quotidien.
En 2006, il ne s’est pas passé grand chose. Tout a véritablement commencé en 2007. Nous avons commencé à enchaîner les soirées et les interviews. En parallèle, le site internet s’est étoffé et pour commencer : une vrai charte graphique ! Ensuite de nouvelles fonctionnalités sont apparues comme le « partage de concerts » et depuis peu la possibilité pour nous de retransmettre en direct un évènement de n’importe quel endroit à condition bien sûr de disposer d’une connexion adsl sur place, d’où les concerts en appartement !
Sur les deux dernières années, nous avons réalisé environ cinquante captations de concerts et organisé une quinzaine de soirées dans plusieurs lieux parisiens : l’International, l’Union Bar, les Pères Populaires, le Klub, le Café de la Plage & l’espace B.
Et dans la caisse pour les deux ans à venir?
Nous allons bien sûr continuer d’écouter de la musique, d’aller à la rencontre des groupes et poursuivre nos captations de concerts.
Il est prévu également que nous programmions sur notre antenne T.V. un plus grand nombre d’émissions en direct et notamment les concerts en appartement pour lesquels nous avons eu de très bons retours.
Nous allons aussi nous intéresser à d’autres aspects de la culture indépendante comme la vidéo, le court-métrage et l’image.
Durant cet été, la version anglaise de notre site Internet devrait voir le jour.
Nous réfléchissons naturellement d’ores et déjà à d’autres projets mais il est encore trop tôt pour en parler.
Comment découvrez-vous les groupes aujourd’hui? Et comment « gérez-vous » la profusion de groupes, morceaux, vidéos, évènements ?
Il me semble important de préciser que la musique a ceci de particulier, qu’elle ne nous apparaît que rarement de façon instantanée. Nous avons parfois besoin de temps pour l’apprécier. A titre d’exemple, sur un plan plus personnel, j’ai mis six mois avant d’apprécier pour l’éternité l’album Psychocandy de The Jesus and Mary Chain. En revanche, j’ai accroché tout de suite à l’album Goo de Sonic Youth ou encore Painful de Yo La Tengo. Encore aujourd’hui, ces albums restent pour moi une référence. Et puis, il existe des musiques qui m’ont marqué aussitôt et pour lesquelles j’ai saturé aussi vite. A cela, ajoutons que ce qui est vrai pour moi ne l’est pas forcément pour mon voisin. Et puis, je me souviens aussi avoir été déçu par le son d’un album et avoir été impressionné par le concert du même artiste. Tout cela pour dire que rien, en matière artistique, ne me semble définitif.
Notre site internet nous sert de support pour préparer nos émissions. Basé sur le principe du réseau social, les artistes s’enregistrent et mettent à jour leur profil : biographie, agenda concerts, titres audio & vidéo clips. Nous découvrons ainsi les nouveaux artistes et restons informés des projets musicaux de chacun.
C’est aussi pour nous le moyen de mieux apprécier la motivation et l’implication des artistes qui nous sollicitent pour participer à nos soirées car nous avons impérativement besoin de leur soutien pour préparer ces projets communs.
Quel est de votre point de vue le vrai problème de l’industrie musicale aujourd’hui ?
L’arrivée de l’internet a modifié profondément notre rapport à la musique, à mon sens, en raison à la fois, de la profusion et la proximité de l’offre digitale, qu’elle soit payante (iTunes, …), gratuite (Deezer, MySpace…) ou pirate. La plupart d’entre nous disposons d’un disque dur – fixe ou mobile – contenant des milliers de titres audio. Il n’est pas rare de passer d’un morceau à l’autre sans même parfois attendre la fin d’une chanson. Un simple clic suffit. La musique semble être devenue beaucoup plus volatile de nos jours.
Dans ces conditions, il devient donc de plus en plus risqué pour une maison de disques de produire un artiste d’autant plus qu’il sera soumis à une très forte concurrence. Pour qu’il soit visible, l’artiste devra disposer d’un budget promotion important avec comme perspectives pour le label, un retour sur investissement probablement limité du fait de l’offre digitale et de son impact sur les ventes.
Deezer, spotify: mortels c’est top, ou mortels ça va tuer un peu plus l’industrie ?
Ces sites internet proposent en ligne, en toute légalité, 80% voire 100% du catalogue musical des plus grandes maisons de disques.
Les majors ont forcément dû bien réfléchir aux perspectives financières que de telles collaborations pourraient leur rapporter. Aujourd’hui, l’engouement des internautes pour Deezer – et autres sites du même style – semble leur donner raison.
Mais le tout est de maintenant savoir si ce type de modèle économique est satisfaisant dans le temps pour l’ensemble des parties impliquées dans ce dispositif : artistes, labels, éditeurs de sites internet, publicitaires, entreprises... Je crois qu’il est encore trop tôt pour se prononcer. Il n’y a pas si longtemps, qui aurait prédit le déclin de MySpace ?
A mon sens, la période de mutation de l’industrie musicale est encore loin de s’achever. De nouveaux concepts verront bientôt le jour !
HADOPI ou ce qu’il en reste: pour ou contre ?
Notre façon de « consommer » la musique a profondément changé depuis quelques années. Les forces en jeu d’il y a dix ans ne sont plus les mêmes aujourd’hui. La loi HADOPI est à contre temps voulant à tout prix préserver et imposer un modèle économique dépassé, allant même jusqu’à rogner sur les droits fondamentaux de chacun. Et puis, L’HADOPI profite avant tout aux majors bénéficiant de budgets promotion considérables et donc soucieuses de rentabiliser leurs investissements.
Aujourd’hui, je constate que la création musicale n’a jamais été aussi présente. Il devient de plus en plus facile d’enregistrer et de promouvoir sa musique de chez soi. Vous avez même utilisé le terme de « profusion » dans vos questions. Un vent de liberté souffle sur la musique, lui donnant l’opportunité d’échapper aux modèles économiques rigides fixés par les majors. Finalement, j’ai l’impressionque la musique retrouve son aspect originel authentique et s’éloigne peu à peu du marketing. Les concerts et les performances parfois insolites des musiciens, se multiplient : concerts… en appartement ou à emporter. L’émergence des artistes se fait désormais par la communauté internet et non plus grâce aux budgets communication indécents des maisons de disques.
Mais il faudra encore se creuser la tête pour proposer aux artistes des nouvelles formes de revenus qui devront, je crois, être fortement diversifiés. Les producteurs devront faire preuve de créativité ! Je pense aux concerts certes mais aussi pourquoi pas au retour du mécénat ou à des solutions innovantes portées par l’internet, la téléphonie mobile, les médias radiophoniques et finalement peu par la vente d’albums ou de fichiers audio.
Selon vous la découverte en live, dans 5 ans, ça donnera quoi ?
Ce qui existe continuera d’exister : festivals, stade de foot, zéniths, Olympia, Bataclan, Elysée Montmartre, Divan du Monde, l’International, café concerts…. Avec en plus une offre internet ou mobile plus répandue notamment grâce au développement des réseaux informatiques de communication.
S’il y a une anecdote particulière ayant trait à la musique ou à grosse caisse que vous souhaitez évoquer, vous êtes le bienvenu.
Depuis la création de Grosse Caisse, j’ai rencontré un nombre considérable d’artistes et de personnes provenant de tous horizons. Très souvent, j’ai été frappé par leur créativité et même scotché littéralement lors de leurs concerts.
Je vais citer quelques noms de groupes aussi différents les uns des autres mais pour lesquels je me sens actuellement très proche musicalement. Je pense à Enob qui sur scène offre un show d’une rare intensité.
Tout comme mon ami Alex de Pop Only Knows, je recommanderais à vos lecteurs de voir ou revoir sur scène eliotE & the ritournelles. La voix de Minnie, la chanteuse, ne laissera personne indifférent. Je suis également fan des mélodies et des textes de Monsieur Lobster mais aussi du personnage. J’ajouterai Jonjo Feather qui passe en France régulièrement. La liste est encore longue : Kaluun, Sim#6, Sexual Earthquake in Kobe, Kavign, BiNoCuLaRs, Frans Schuman, Royal McBee Corporation, Mondrian, Duet, Captain Kid, Marie Marie Cells, Terranovacain… J’en oublie forcément.
Question subsidiaire: concernant l’univers musical aujourd’hui, quelle question importante ne se pose-t-on pas selon vous?
Je voudrais plutôt citer la question que tout le monde se pose : « Quels modèles économiques pour les musiques actuelles ? »
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Merci à Christophe. Je partage pas mal des idées évoquées dans cette interview. Ceci dit, cela m’amène d’autres questions: la musique s’éloigne-t-elle vraiment du marketing? La communauté internet fait émerger quels type d’artistes?
En tous cas, si avec ça vous n’avez pas envie d’aller faire un tour sur Grosse Caisse T.V. c’est à désespérer!
Et pour vous confirmer qu”il y a du bon, du très bon sur Grosse Caisse T.V, on se quitte sur … eliotE & the ritournelles. oui je sais encore mais je ne m’en lasse pas. Et en plus ils jouent ce soir aux disquaires à côté de Bastille à partir de 20h00!
- Dead man song
Un jeudi soir à l’Union Bar avec Grosse Caisse TV
Ps: au niveau couleur et mise en forme c’est encore le bordel mais j’y travaille, ça va s’améliorer rapidement…
Des blogs sur la musique, il y en a beaucoup. Et chaque jour un peu plus. Ceux qui durent ne sont pas légion. Des Oreilles Dans Babylone dure et il y a une raison: de la qualité, de l’originalité et de la variété (attention il y a un piège là). Fabien nous raconte un peu l’histoire de DODB et parle de piratage, d’artistes, de musique.
Peux-tu te présenter?
Fabien, 26 ans, Avignonnais d’origine et Parisien depuis un an. Je suis journaliste et je bosse actuellement dans le documentaire télé.
Qu’est-ce qui t’a motivé pour créer ce blog et qu’en reste-t-il 2 ans et demi après?
L’idée de départ est relativement simple. Je l’ai eu avec mes deux camarades Julien et Charles. En vadrouille aux quatre coins de la France pour le boulot ou les études, nous nous retrouvions sporadiquement à Avignon. A chaque fois c’était le même chose : les bras chargés de disques, nous essayions de rattraper le temps perdu et partagions toutes nos découvertes des 6 derniers mois ou de l’année passée. Au bout d’un moment, nous nous sommes dits qu’il pouvait être intéressant d’échanger de façon plus suivie dans le cadre d’un blog, ce qui faisait voler en éclats tous les problèmes liés à la distance. Ainsi est né Des oreilles dans babylone autour de l’idée de parler musique entre amis. Ce fût d’ailleurs le premier slogan du blog. Ensuite, à grands coups de bidouillages le site a pris la forme qu’il a aujourd’hui et de trois contributeurs nous sommes passés à une dizaine de rédacteurs réguliers, tous des amis ou des connaissances rencontrées çà et là… Du blog entre copains nous sommes passés à une formule plus ouverte vers l’extérieur et au rythme de publication beaucoup plus soutenu.
Tu le vois évoluer comment dans les 2 ans à venir ?
Nous essayons de plancher actuellement sur une nouvelle version du site, plus léchée graphiquement et plus ergonomique. Nous souhaiterions également y incorporer des vidéos de notre crû. Globalement, ce sont les deux objectifs que nous nous fixons à moyen terme. Ensuite, pourquoi ne pas associer le nom de DODB à des événements musicaux ou organiser les nôtres…
Vous écrivez sur tous les styles et toutes les époques (dans la même semaine « Baby Face Willette » – du Jazz de 1961, « Jeepster » du rock de 2009). Pas de course à l’actualité sur Dodb?
Pour parler à titre personnel – néanmoins je pense que mes camarades se reconnaîtront dans ce que je vais dire – j’ai la nausée quand j’entends cette expression de « course à l’actu ». Rien que le mot « course » me paraît à des années lumières de l’expérience induite par l’écoute et l’assimilation d’une œuvre musicale. Certes, nous chroniquons des disques qui font l’actualité et parfois même le faisons avant les media classiques. Il s’agit là de donner notre avis sur une sortie attendue impatiemment, une nouveauté surprenante ou de pourfendre à l’occasion un disque glorifié à tort par la mécanique insidieuse du « buzz ». Pour autant, nous ne nous imposons aucun travail lié à l’actualité à proprement parler. Nous évoquons des disques que aimons et dont nous estimons qu’ils méritent d’êtres connus ou reconnus. Ensuite, comme tous bons mélomanes, nous nous tenons au courant des sorties et autres rééditions.
Comment gérez-vous la profusion de groupes, morceaux, vidéos, évènements?
Il y a toujours eu profusion de groupes, de morceaux, de disques et d’événements. Seulement, nous vivons aujourd’hui sous le règne du gavage et du zapping, dû principalement à l’émergence d’Internet comme medium de masse. Ingurgiter le plus de choses le plus rapidement, remplir ses disques durs de musique, accumuler les références et les anecdotes sans prendre nécessairement le temps d’aller au fond des choses. L’idée de DODB n’est pas de relayer tout ce qui se fait en matière de musique. Comment pourrait-on nourrir un projet aussi ridicule ? Il ne s’agit pas de verser dans l’exhaustivité mais dans la sélection. Ne multiplions pas les brèves et les chroniques mais essayons de prendre le temps d’assimiler les choses, de les intérioriser et d’en rendre compte avec justesse et avec coeur. La profusion, nous n’avons pas à la gérer, nous tâchons plutôt de parler bien de ce que l’on aime en espérant transmettre notre passion à nos visiteurs.
Concernant la découverte de nouveaux artistes. Aujourd’hui pour vous c’est plus simple ou plus compliqué qu’il y 5 ans?
Il serait faux de dire qu’il est plus difficile aujourd’hui de découvrir des artistes. Les pistes d’entrée en écoute se sont multipliées et grâce à myspace, deezer et consorts on peut avoir accès à une somme considérable de musique très facilement. Le problème reste toujours le même, celui que tu évoquais précédemment, en l’occurrence la profusion. Pour se repérer dans l’océan de sons offerts à nos oreilles, nous avons besoin de prescripteurs, de gens qui nous aiguillent. Ce rôle a longtemps été tenu par la presse spécialisée, la radio et les disquaires. Aujourd’hui, force est de constater que les magazines n’occupent plus guère ce rôle et sont généralement d’un déprimante prévisibilité. Les radios distillent globalement de la soupe et ont des playlists totalement rachitiques. Enfin, le réseau des disquaires indépendants, à force d’être marginalisé par les majors, s’est réduit à une véritable peau de chagrin. Certes, des blogs et des sites web consacrés à la musique existent mais à mon avis ils demeurent largement confidentiels. Aussi, je te ferai une réponse de Normand : je ne pense pas qu’il soit plus compliqué de découvrir des artistes aujourd’hui mais pour autant l’abondance et l’instantanéité que nous connaissons ne facilitent pas la sélection..
Quel est -de ton point de vue- le vrai problème de l’industrie musicale aujourd’hui? Et ce qui te chiffonne le plus dans ton rapport à la musique aujourd’hui?
Il y auraient beaucoup de choses à dire sur l’industrie musicale aujourd’hui et notamment sur la patente cécité des majors face aux changements de notre époque mais je vais plutôt m’en tenir à une remarque personnelle. Pour ma part, ce qui me chiffonne le plus dans mon rapport à la musique c’est la tentation du zapping dont je te parlais tout à l’heure. Je ne suis rien d’autre qu’un putain d’enfant de mon temps et je n’en suis pas particulièrement fier. Je dois souvent lutter pour ne pas céder à la boulimie.
HADOPI: pour ou contre?
Contre. Cette loi n’avait pas encore été présentée à l’Assemblée nationale qu’elle était déjà obsolète. Nous avons déjà basculé dans une autre ère que celle du peer to peer symbolisée par emule ou les torrents. Nous sommes à l’heure du streaming et du téléchargement direct. La loi est has been. Quand en plus on ajoute à cela la mascarade qui a eu lieu autour de son vote – les effectifs clairsemés de la majorité et le “coup du rideau” à la Bataille et Fontaine de l’opposition – on se dit que tout ça est bien ridicule et pathétique… Au neveu Mitterrand de s’en dépatouiller aujourd’hui. Bonjour le cadeau !
Deezer: mortel ou naze?
Très bon, tout ce qui peut permettre à un maximum de gens d’accéder à de la bonne musique est évidemment positif.
Selon toi, la musique on l’écoutera comment dans 5 ans?
Globalement, davantage en numérique, je n’en doute pas. Pour autant, je ne crois pas une seule seconde à la disparition des supports physiques. Le rapport ne sera jamais le même avec un fichier informatique qu’avec un disque, et je pense en particulier au vinyle.
Ce dont tu es le plus fier par rapport à Dodb?
Du fait qu’il soit et demeure un espace de liberté où nous ne nous posons aucune limite ni contrainte et parlons simplement de musique.
Je voudrais aussi (et surtout) raconter des histoires d’humains, de personnes. Alors s’il y a une personne ou une rencontre liée à la musique que tu veux évoquer, n’hésite pas!
Cela n’a pas de rapport direct avec le site mais j’ai fait cette année une jolie rencontre « musicale » dirais-je. Il s’agit d’un disquaire parisien dénommé Larry. Un homme à l’histoire passionnante, d’une grande humilité et définitivement habité par la musique. Je n’en dis pas plus car je viens de tourner un documentaire sur lui que je suis entrain de monter. A coup sûr, il sera prochainement visible sur DODB…
Voilà, une fois de plus une personne qui n’appartient pas aux milieux autorisés donne son avis sur la musique aujourd’hui et une fois de plus ça vaut 15 rapports HADOPI. Juste parce que Fabien parle de ce qu’il aime ET connait. Ce qui fait une assez grande différence avec heu plein d’autres personnes. Et en plus l’expression “course à l’actu” lui donne la nausée ce qui est, vue de chez moi, une plutôt bonne chose. Merci Fabien et allez lire et écouter ce blog babylonien.
La semaine prochaine, interview de Christophe de Grosse Caisse….
Adrien Dargent a de la chance. Il s’appelle Dargent. Du coup il peut appeler sa société Editions Dargent. Ce qui a quand même sacrément de la gueule. En plus il a du gout et il travaille avec des artistes talentueux. J’en reparlerai plus tard. Adrien est éditeur donc. Mais un vrai éditeur, un qui travaille les œuvres des artistes avec lesquels il signe. Incroyable. Il démarre son activité et il a accepté de répondre à quelques questions…
Peux-tu te présenter en quelques mots? Je suis juriste de formation, spécialisé en droit de la propriété Intellectuelle et en Droit de l’Audiovisuel, j’ai été Business Affairs pendant 7 ans en maison de disque. J’ai créé en 2008 une société avec pour projets d’éditer certains artistes dont je suivais le travail depuis quelques années, mais aussi de proposer des prestations de services (management de projets ou d’artistes, administratif, business affairs, …). Je suis aussi un musicien du dimanche.
C’est quoi un éditeur musical? Un éditeur musical est quelqu’un qui doit assurer à un catalogue d’œuvres musicales une exploitation permanente et suivie.
Il est donc en lien avec une œuvre et non un enregistrement. Son activité dépasse donc celle de la commercialisation d’un support de musique enregistrée, et se conçoit d’une manière beaucoup plus transversale, incluant la collaboration avec un label, le spectacle vivant, la recherche de placement de ses auteurs ou de ses œuvres, pour des synchronisations par exemple (l’illustration d’une œuvre audiovisuelle par une œuvre musicale), ou ce qui en est l’activité historique à savoir l’édition de partitions.
Il est à titre principal rémunéré de la même manière qu’un auteur ou qu’un compositeur, à savoir par le système de la gestion collective de droits d’auteurs (qui revient à la Sacem Sdrm pour la France).
Sa relation se situe vis-à-vis des artistes pour ce qui concerne leur qualité d’auteurs/compositeurs, et non d’interprète sur un enregistrement.
Quelles ambitions pour les 2 ans à venir ? Amener les projets sur lesquels je travaille le plus loin possible, et continuer à vivre de ce métier.
Il y a 10 ans, en gros, un éditeur musical cherchait un label pour ses auteurs. Aujourd’hui, il cherche quoi l’éditeur? Nombre de projets étant désormais auto-produits, les capacités d’investissements réduites, et les circuits de distribution de plus en plus restreints, la mission de l’éditeur tend à s’élargir en tous cas dans le circuit indé, et englobe un accompagnement à 360° d’un projet, avec la part de management, de conseil, de promotion, de négociations commerciales pour le compte des artistes, la recherche de circuits de distribution, que cela inclut.
Il cherche donc toujours pour ses auteurs une sortie physique dans le meilleur des cas ou au minimum numérique, un tourneur, et à placer son catalogue partout où cela est possible (compilations, association avec une marque, synchronisations, …).
Quel est ton plus gros problème en tant qu’éditeur indépendant? Je n’ai pas à proprement parler de « problème », mais des difficultés il y en a bien sûr. Parmi elles, j’évoquerai la nécessité aujourd’hui pour quelqu’un comme moi qui est à son compte de proposer à ses partenaires une multiplicité de services, allant selon le projet de l’édition, au management, à la gestion de projets, ou au business affairs.
Une autre difficulté en tant qu’éditeur cette fois est la frilosité pourtant compréhensible des acteurs du marché et particulièrement des maisons de disques. Il faut dire qu’elles ont pris cher ces dernières années…
SACEM ou pas SACEM? De manière pragmatique je suis adhérent Sacem et ça me convient ainsi. Le système reste perfectible, notamment en terme de répartition qui ne se font malheureusement pas systématiquement loin s’en faut aux ayants droit concernés, et de pro-activité vis-à-vis de l’appréhension des nouveaux modes de diffusion. L’ampleur de la mission explique aussi ses limites…
Creative commons, tu en penses quoi?
J’ai du mal à y voir un modèle économique pour l’avenir, dans le sens où l’une des finalités reste le partage gratuit, même si ça n’implique pas nécessairement l’autorisation de faire une exploitation commerciale de l’œuvre sous licence. Dans certains cas (musiciens non professionnels, démarche artistique particulière, …) le principe peut s’avérer toutefois approprié.
HADOPI pour ou contre? En l’état cette loi est devenue sans intérêt. Elle présentait effectivement des limites sur un plan juridique (respect des droits de la défense, possibilités techniques de contournement, absence d’intervention de l’autorité judiciaire). J’espère tout de même qu’un jour on parviendra à redonner un peu plus de valeur aux biens culturels dans le monde numérique, et ça passe par une prise de conscience des mentalités et donc un signe politique puis juridique fort. Je ne pense pas qu’il s’agisse là d’un défi à l’impossible.
C’est surtout un problème de générations, les plus jeunes n’ont, en général, pas la même échelle de valeur que celles des personnes ayant connues ce que pouvait représenter le prix d’un disque, d’une vidéo, d’un jeu vidéo, … Le secteur du livre avec l’avènement de nouveaux supports de lecture sera le prochain touché. L’âge d’or de la musique enregistrée a certes fait son temps je ne suis pas dupe, mais il y a des limites, car derrière la production de biens culturels on trouve toujours des investissements humains et financiers dont on ne peut se passer.
Quel est -de ton point de vue- le vrai problème de l’industrie musicale aujourd’hui? La concentration toujours plus grande des circuits de distribution accentuée par la baisse des ventes de CD, la perte de valeur économique dans l’environnement numérique, et le manque de représentativité des différents courants musicaux sur les principaux médias.
Ce qui te chiffonne le plus dans ton rapport à la musique? Son prix parfois (je pense aux gros concerts à 80 euros le billet, au prix de la musique légale en téléchargement qui devrait être plus bas, même le revival du vinyl n’y échappe pas avec des rééditions trop coûteuses).
Selon toi, la musique on l’écoutera comment dans 5 ans? De manière toujours plus protéiforme, je continuerai à acheter des vinyls, quand d’autres auront leur abonnement amazon, ou écouteront des webradios personnalisées.
S’il y a une personne ou une rencontre liée à la musique que tu veux évoquer, n’hésite pas! J’en suis là car je suis avant tout un grand amateur de musique, et la musique ça se partage. Le parcours s’explique donc par une série de rencontres liées à la musique, et dont la première fût sans doute celle d’avec mes parents que j’ai rencontré très vite et qui m’ont très tôt initié, grand bien m’en a fait. Et comme tu m’en donnes l’occasion je vais aussi te citer cet excellent groupe qui s’appelle Hifiklub, trio rock qui n’a pas fini de surprendre son monde, et moi le premier, en passe de devenir le premier groupe français à rivaliser avec les pointures internationales, Djako le roi de la House Cinematic et de la Hot Lounge (genres qu’il a lui même créés peu de gens le savent) ou encore la chanteuse Noémie qui est un peu ma Clarys à moi (à quand un plateau de ces 2 artistes majeurs de la scène parisienne féminine d’ailleurs ?). Ceux là ont notamment été des rencontres déterminantes dans mon parcours, je vous invite à les découvrir à votre tour…
Par honnêteté intellectuelle je me dois de préciser que lorsqu’Adrien cite Hifiklub, Djako et Noémie il se fait une pub honteuse puisque ce sont des groupes dont il est éditeur. Et il a bien raison. D’ailleurs un groupe qui travaille avec Legendary Tigerman mérite qu’on lui fasse une pub éhontée. Adrien aurait d’ailleurs pu ajouter Etyl dans sa liste mais non. Il aurait aussi pu parler de Silver Vince et Encore, deux groupes dans lesquels il joue mais non plus. En plus d’avoir un nom classieux, monsieur Dargent a la classe.
Post Scriptum : Quant à Clarys, il a tout à fait raison, c’est une artiste majeure de la scène parisienne. Avec laquelle je travaille il est vrai…
Pop Only Knows qu’est ce que c’est ? Une plateforme de téléchargement légal. Quoi encore une? Ah oui mais là non, je vous arrête tout de suite. Pop Only Knows ne cherche pas à attirer le maximum de groupes pour se rétribuer grassement sur leur dos en vendant de la pub avant de fermer boutique 5 ans plus tard. Ce n’est pas non plus le public qui choisit de mettre en avant ce qu’il a déjà entendu partout ailleurs. Non, c’est Pop Only Knows qui choisit, sélectionne des groupes autoproduits et les met en avant. Bref c’est un netlabel. Pensé et dirigé par Alex qui nous parle un peu de PoK et beaucoup de musique.
Peux-tu te présenter? Je suis comme les chats, j’ai 9 vies. J’en suis à ma seconde là…
Après une première vie tranquille en tant que contrôleur de gestion dans une banque, j’ai démissionné pour profiter de ma seconde vie et travailler pour ce qui m’a toujours passionné : la musique.
Pourtant je ne suis pas musicien, juste un fan transi de ce qu’on appelle la musique indé, biberonné aux Inrockuptibles (je leur dois tout) et aux livres de Lester Bang et Nick Kent.
Pop Only Knows c’est quoi? c’est qui? et pourquoi? Pop Only Knows (PoK) est une plateforme de téléchargement légal réservée qu’à certains groupes autoproduits ou signés sur de petits labels dont j’aime la musique, et que je défends becs et ongles.
Parfois, je me dis que Pop Only Knows, c’est comme un netlabel finalement.
Je suis seul à bord de ce vaisseau, travaillant avec deux agences pour le webmastering et le graphisme : Vitalyn et Graphéine.
Un premier bilan après deux ans?
34 groupes distribués, une dizaine de CD financée par ma structure, quelques concerts PoK mémorables, et malheureusement quelques soucis financiers car l’industrie musicale va assez mal aujourd’hui.
Et dans les cartons pour les deux ans à venir? Poursuivre la pérennisation du site, continuer de découvrir des groupes (objectif : 50 groupes distribués sur PoK dans 2 ans), toujours améliorer le site (notamment à travers un nouveau moteur de recherche que j’aimerai bien finaliser pour la fin d’année), étudier les interactions avec d’autres structures musicales existantes.
Comment « gérez-vous » la profusion de groupes, morceaux, vidéos, évènements ? C’est un travail quotidien et assez chronophage. My Space a donné l’impression que n’importe qui pouvait s’improviser musicien. Il faut trier sans cesse…
Personnellement, je lis beaucoup de blogs musicaux, je suis assez actif sur le site CQFD pour découvrir de nouveaux groupes et je sors beaucoup (au moins 2 concerts par semaine). Enfin j’écoute toujours la musique des groupes qui me contactent directement par mail.
Quel est -de ton point de vue- le vrai problème de l’industrie musicale aujourd’hui? Clairement le marketing à outrance qui continue de plomber l’industrie musicale. Aujourd’hui les seuils de rentabilité des majors et labels sont énormes (un artiste connu doit au moins vendre 30 000 copies de son album pour rentabiliser toutes les dépenses marketing et promotionnelles faites pour lui). C’est un cercle vicieux : les majors dépensent beaucoup en promotion, donc continuent de vendre les Cds très chers pour être rentables, ce qui encourage le piratage, ce qui crée moins de revenues pour les labels, qui, de façon stupide, vont faire encore plus de promotion pour pouvoir vendre etc.
Deezer, spotify: des concurrents ou des partenaires potentiels? Des partenaires potentiels qui pourraient pourquoi pas diffuser en streaming les groupes distribués et mis en avant sur PoK. Mais je me demande si ces structures vont durer et arriver à survivre.
HADOPI ou ce qu’il en reste: pour ou contre? Pfff, la loi HADOPI est déjà complètement dépassée et le sera toujours. Si on peut aimer l’idée initiale de défendre les groupes et artistes (je fais partie des gens qui ne pensent pas que la musique doit être totalement gratuite), le résultat de cette loi est édifiant de bêtise. A croire que les gens qui ont travaillé sur cette loi ne connaissent ni Internet ni l’industrie musicale.
Selon toi, la musique on l’écoutera comment dans 5 ans? Sincèrement, je n’en ai aucune idée. Tout va trop vite actuellement, le MP3 me semble déjà dépassé, le streaming va se heurter à de gros problèmes techniques (notamment de bande passante). Je me demande si on ne va pas revenir aux bons vieux supports d’autrefois, le vinyle et le CD.
Et la découverte en live, dans 5 ans, ça donnera quoi?
A l’ère du numérique, je pense que dans 5 ans on regardera les concerts de chez soi. De plus en plus de gens proposent de regarder un concert retransmis sur une télé, un webcast. C’est assez curieux, mais je pense que le concept va prendre. Il suffit de voir le public sur Paris qui s’assied tout le temps, est très sage, applaudit poliment, danse rarement. On peut faire tout cela de son canapé.
S’il y a une anecdote particulière ayant trait à la musique ou à POK que tu souhaites évoquer, ou un groupe que tu veux mettre en avant, tu es le bienvenue. Je vais profiter de cette opportunité pour rebondir sur un de tes posts précédents sur les eliotE & the Ritournelles. Ils viennent de terminer l’enregistrement de leur album qui paraîtra sans doute cet automne et si le groupe a réussi à capter la magie de leurs sessions live, je garantis des frissons et la chair de poule à tous les amoureux de folk music. Gardez un œil sur eux !
Question subsidiaire: concernant l’univers musical aujourd’hui, quelle question importante ne se pose-t-on pas selon toi? C’est marrant mais je me dis qu’aujourd’hui tout le débat autour d’Hadopi & Co revient à se poser une et une seule question : la musique peut elle / doit elle être gratuite. Une fois qu’on aura répondu à cette question, on y verra plus clair.
Voilà. Merci à Alex. Pour le temps, pour les réponses, pour la question subsidiaire que j’emprunterai certainement tant elle me parait pertinente. Je referai un article sur Pop Only Knows et je pense que je parlerai d’un des artistes régulièrement. Ce n’est pas du copinage, je ne connais pas Alex (juste un ou deux groupes avec lesquels il travaille). Non c’est juste que d’une, les groupes sur PoK assurent quand même méchamment. Et de deux, on parle tout le temps de lancer des initiatives, de faire ceci, de faire cela pour la musique: oui ben POK c’est là, y-a qu’à se baisser (la formule correcte étant « y-a qu’à s’élever »). Dont acte.
V eliotE & the ritournelles sera en concert demain vendredi au festival des inaperçus au glazart à partir de 20h00.
VeliotE & the ritournelles sera également en interview sur b comme boxsons pas plus tard que bientôt.
Cargo c’est encore un site à part. Des photos, des chroniques, des interviews et des sessions. 144 sessions acoustiques, 15 sessions électriques où l’on peut croiser entre autres Nosfell, Pete Doherty, Heavy Trash, Hugh Coltman et tellement d’autres. Profusion donc mais profusion choisie. Choisie par Air, Benoît et Micky (entre autres) qui parlent de la genèse du cargo et de la musique aujourd’hui. A l’heure où 141 caractères, c’est un caractère de trop pour annoncer la fin du monde, les réponses du Cargo sont longues et argumentées. Et c’est tant mieux .
Comment est né le Cargo? Air : Avant le Cargo il y avait ABEL, un fanzine papier crée il y a maintenant une douzaine d’années autour de U2. Avec Alex et Marie qui écrivaient comme moi dans ce fanzine, on a eu envie de consacrer quelques pages à d’autres groupes. Comme le fan n’est pas la personne la plus ouverte du monde, tout est devenu très compliqué au sein d’ABEL. Un jour, Alex est allé voir Eels en concert en province (nous sommes fin des années 90) et a rencontré E. Nous ne savions pas très bien quoi faire de cette interview. On a trouvé sur le net le seul site en français consacré à Eels. Nous leur avons donc proposé. Le webmaster était carrément enthousiaste. Avec Marie et Alex nous nous sommes dit que c’était peut être l’occasion de créer un fanzine mais sur le net, qui parlerait juste des groupes que nous aimions. On a proposé cette idée au webmaster du site de eels qui nous a proposé d’en créer la structure. En quelques mois grâce à la Route du rock et à Labels, entre autres, nous avons accumulé photos, chroniques et interview… Quand on s’est dit que nous avions assez de matière on a voulu envoyer des Cds plein de données au Webmaster qui nous a dit que franchement la poste… ça marche pas terrible, ça met des mois et ça perd les colis… Un dangereux libéral ??? houla, ça allait être dur de bosser avec lui… Mais, depuis des mois que l’on communiquait par mail avec ce jeune étudiant fan de Eels, on ne savait pas qu’il vivait en fait à Ouagadougou, au Burkina Faso !
Comment vous le voyez naviguer dans les 2 prochaines années ? Air : Je vois le cargo toujours aussi anarchique et libertaire. Chacun y fait ce qui lui plait quand il en a envie et quand il en a le temps.