Archive for the ‘ Marketing et Promotion ’ Category

Seth Godin #4 | Trolls

Le sieur Seth Godin, gourou de son état, écrit donc des billets tous plus remarquables les uns que les autres sur le marketing. Je lui ai demandé si je pouvais en traduire certain et il a répondu “ok”. Aujourd’hui, un court billet sur les trolls. Dédicacé à Benjamin de Playlist Society.

Sans titre

La traduction

Beaucoup de chose dans le travail sont difficiles. Gérer les trolls en fait partie. Les trolls sont des critiques qui prennent un plaisir pervers et continuel à vous dévaloriser vous et vos idées. Voici ce qu’il en est:

  1. Les trolls trolleront toujours
  2. les critiques sont rarement créatives
  3. Ils vivent dans une tout petit chambre d’echo, ignorés de tous sauf de ceux qu’ils trollent et des autres trolls
  4. Les pros (c’est vous) sont payés pour les ignorer. Ca fait partie du taf.

“on ne peut pas plaire à tout le monde” n’est pas qu’un aphorisme, c’est le secret pour être remarquable.

L’original Read the rest of this entry

MarketingetPromotion La promotion des artistes est importante pour moi. Surtout la promotion des artistes indépendants et inconnus. Plus ces artistes seront doués ou aware sur les outils pour se faire connaitre, plus il y a de chance, statistiquement, qu’il en émerge un bon petit paquet. C’est mathématique. Encore faut-il être aware donc. Ce qui n’est pas une mince affaire dans un monde qui propose 15 initiatives différentes par jour.

KickStarter, site de financement de projet artistique

Et voilà une initiative qu’elle déchire. Vous avez un projet, plutôt artistique, créatif ? Si vous arrivez à vous faire inviter sur KickStarter, il sera mis en avant pour être financé par les internautes.

Dans les projets en cours vous avez ces deux zigotos qui ont inventé une nouvelle technology d’impression sur le textile. Ou ce journaliste qui veut retourner en afghanistan “to get the real story”. Il y a également des projets plus “classiques” de films, enregistrement, etc. Chaque projet est défendu par une video, une page promesse de dons avec une définition de ce que l’on obtient, selon ce que l’on donne.

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Envoyez les General Bye Bye en tournée Read the rest of this entry

Alors on a vu ce qu’étaient ces histoires de 4 P, puis leur application pratique au 20ième siècle (période Mikaile Jaquesonne). Et aujourd’hui? Aujourd’hui c’est la merde tu l’as bien vu toi-même. Mais ça n’empêche pas la terre de tourner ni le marketeur de marketer. On dénombre grossièrement 3 types de marketeurs aujourd’hui.

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20ième siècle me voilà !

Il arrive directement du 20ième siècle et il tente à tout prix de retrouver son modèle d’avant. Il voudrait tellement arriver à convaincre Leclerc de reprendre des wagons de CD. Il est persuadé qu’en changeant l’emballage il pourra refourguer son CD à 25 euros à la FNAC. Bref, le monde a changé mais puisque le monde à tort, il va te me le changer ce monde. Pour qu’il soit comme avant! On retrouve généralement ces visionnaires à la tête de majors ou équivalent.

Le 21ième siècle c’est dépassé !

Il ne sait pas ce qu’est le 20ième siècle, ne croit qu’en internet, une nouvelle manière de faire du business dans la musique, réinvente les 4P en permanence, écrit souvent des articles du genre “le futur de la musique”, “pourquoi on va s’en mettre plein les fouilles en dématérialisant l’accès tout en redimensionnant la capacité à écouter de la cible auditive potentialisée”. Il écrira vraisemblablement le contraire le lendemain. Bref un mec qui patauge mais est sûr de tout savoir et comme tout change tout le temps il est obligé de changer ce qu’il sait tout le temps. Mais il a raison quand même. Ce petit bonhomme est un peu partout avec beaucoup de fans sur sa page Facebook et plein de followers sur Twitter.

Mais quel bordel !

Et puis il y a les autres, ceux qui ont du connaitre le 20ième siècle mais sont quand même un peu en prise avec ce siècle-ci. Et eux ils savent qu’en gros c’est le bordel. Que ce qui est vrai le lundi sera peut-être faux le lendemain mais que puisqu’il faut avancer, il faut rester ouvert. Ouvert aux innovations, ouvert aux modèles qui émergent, ouverts à tout et à tout le monde tout le temps. Mais tout en avançant quand même. Ce qui fait qu’il a plus de chance de finir fou que riche bien sûr.

Les 4 P au 21ième siècle?

  • Le Produit: C’est sacrément le bordel sur le produit. L’objet physique bon il a pas trop changé. Enfin le CD parce que l’emballage ça commence à se tendre. Emballage moche = vente moche alors on bosse l’emballage, l’entourage, l’univers. Mais il y aussi l’objet numérique. Le fichier mp3? Flac, wav? Format single, album ou alors Widget? Ou même l’abonnement.  Houlalala, compliqué. Et ça change tout le temps. On vient de nous inventer le fichier remixable. Du coup je vends quoi? La musique ou le droit de la remixer? Bref y-a 40 produits là ou il y en avait deux. Et le streaming et l’accès et et et…

  • Le prix: Oh c’est juste un peu plus compliqué que pour le produit. En apparence iTunes a réussi a réimposer un standard: 0.99$ la chanson. Au passage vous noterez l’arnaque totale qui consiste à vendre plus cher qu’avant un objet dématérialisé. Un album de 15 chansons il est resté à 15 euros pendant très longtemps. Mais le streaming c’est combien? Ah c’est gratuit. Sauf quand c’est payant d’accord. Le téléchargement ben maintenant ça oscille entre 0 euro et 1 euro le morceau. Ah oui quand même. Et les widgets? Ben on sait pas trop ce que c’est en vrai alors on teste. On tente des trucs…

  • Le placement: Les disquaires ont disparu ça c’est clair. Leclerc et Carrefour ne distribuent presque plus de CD et ne proposent rien sur le numérique (mais ça pourrait changer). iTunes est devenu incontournable mais pour placer son produit chez eux il faut passer par un distributeur numérique (en gros hein). Des distributeurs numériques il y en a partout, qui servent plus ou moins de plateformes. Parce qu’il n’y a pas qu’iTunes. Des plateformes ou équivalent il y en a plein. Fnac, Virgin, Deezer, Spotify… rien que pour la France on recense allégrement 100 services. Et on peut également placer le produit sur son espace perso : son site. Ouais super. Trop d’emplacements tue l’emplacement et c’est un calvaire de savoir où distribuer quoi. Surtout que selon que tu joues du metal techno pop indé ou de la variété finlandaise, tu peux pas mettre ton produit aux même endroits.

  • Publicité: C’est à peu près le même bordel que pour le reste. Les encarts dans les inrocks? Ahaha heu non rien. Une pub dans Rock&Folk alors? Ou alors un super clip viral avec des faux acteurs qui jouent super mal? Ou une pub facebook ciblée? Tu sais ces pubs ciblées qui te proposent à toi homme en couple fan de musique des produits pour t’épiler le maillot ou rencontrer de belles russes un peu vulgaires et pour le moins libérées. Reste encore la pub télé, radio mais bon, c’est pas à la portée de tous les budgets.

Fog

Tu l’auras compris, tout le monde nage. Sauf bien sûr ceux qui sont persuadés que l’avenir se cache dans le passé et les autres convaincus que l’avenir c’est déjà le passé. Entre les deux, hum entre les deux, méfions-nous des « 10 trucs marketing pour se faire connaître » assénés sans recul. Au risque de sortir du brouillard pour se prendre un platane en pleine tronche… Soyons désinvoltes, n’ayons l’air de rien.

Blogueurs, artistes, internautes, journalistes de tous les genres, de tous les sexes et de tous les pays il est temps de s’unir pour faire émerger un groupe par mois. C’est le principe de Net Emergence largement relayé sur ce site.

Sauf que là nous avons un nom. Après des votes, des allers-retours, des changements de dernière minute, des tendances qui se dégagent avant de dégager voilà l’émergeant du mois de décembre : Kronem

La description officielle est sur le site de Net Emergence. Le principe est simple : ceux qui sont inscrits relaient le nom de l’artiste choisi. Le bonhomme ne va pas plaire à tout le monde mais c’est aussi ce qu’on voulait. Et on a bien sûr le droit de relayer en disant du mal !

Entre vote robotique et bordel humain

Reste que monter un jury comme ça, au moral, c’est pas évident évident. Je ne voulais pas mettre trop de règles, de critères d’exclusion automatique histoire de garder ça humain. Bien joli mais du coup on se retrouve avec un sacré bordel. Il y avait 5 groupes sur 17 à la fin du premier tour (la playlist sera diffusée la semaine prochaine). Et à partir de là ça a été compliqué. Que voulait-on faire ? Pourquoi celui-là et pas un autre ? La volonté de Net Emergence c’est de découvrir et de faire découvrir. Mais on va pas faire découvrir des groupes trop connus. Faire passer les écoutes myspace de 500 000 à 500 500 serait un peu ridicule. Pour le reste, on apprend en marchant. C’était le but aussi. Du coup on est très content de l’artiste choisi !

Les 8 jurés (oui j’en ai perdu deux parce que je suis une burne et on en a perdu deux un peu débordés) ont pris leur rôle au sérieux. Ont supporté avec un calme olympien la construction du processus au fur et à mesure. Leur compréhension n’eut d’égale que leur ouverture d’esprit. Merci donc.

Maintenant c’est à nous d’essayer de faire émerger Kronem. Alors parlez de Kronem autour de vous, parlez de Net Emergence ! Et n’hésitez pas à proposer un groupe pour janvier 2010 !

J’aime beaucoup Seth Godin. Je ne suis pas le seul bien sûr puisque Seth Godin est un Gourou du Marketing. Alors comme tous les gourous, il y a des gens qui l’aiment beaucoup. Ceci dit, une fois de temps en temps je traduis un de ses articles (avec son aimable accord). Qu’il soit ici encore remercié.

Qui écoutez-vous ?

A qui cherchez-vous à plaire?

Quels sont les clients, les parents, les blogueurs, les experts, les patrons, les pairs et les passants qui ont une influence sur vos choix?

Le jury du Pulitzer doit-il décider de ce qui peut être écrit, ou le patron en colère au bout du couloir peut-il influencer le choix des produits que vous pitchez? Devez-vous passer tout votre temps à essayer de plaire à l’acheteur de WalMart? Ou au voisin bruyant? Ou aux trolls en colère qui écrivent à votre journal? Ou au client dont vous n’avez jamais entendu parler?

Juste une seconde, pensez à l’influence, la puissance, le réseau et les antécédents des personnes que vous écoutez le plus. Le méritent-elles?

La version originale se trouve sur le blog de Seth Godin.

NB: on pourrait comprendre la conclusion de cet article comme « écoutez les puissants et ignorez les faibles ». Mais à mon avis non c’est pas le message (et c’est tant mieux).

Le Marketing Direct To Fan c’est donc un des gros mot à la mode pour expliquer que maintenant l’artiste peut s’adresser directement à ses fans. Plus la peine de passer par une major qui va te prendre tout ton argent, non maintenant c’est Direct To Fan. Bon dans pas mal de cas ça consiste plutôt en Direct To Qui? Parce que quand tu démarres des fans t’en n’as pas. M’enfin admettons donc que des fans tu aies. C’est le truc à la mode et j’en parlais pas plus loin qu’ici avec Imogen Heaps.

C’est quoi le problème avec le marketing Direct To Fan?

C’est vrai ça d’un côté je mets en avant que c’est cool, impressionnant et là hop tel un présentateur de bas-étage inventant des rebondissements factices je parle des “dangers”.

Mais il ne faut pas oublier que fan vient de fanatique et que en gros le fan est un jaloux à l’esprit étriqué –en tant que fan- et qui ne conçoit l’objet de son fanatisme que dans l’immobilité. Un nouvel album? Oui mais le même que celui que j’ai aimé. Enfin pas vraiment le même. Il faudrait qu’il soit pareil mais que j’ai quand même le sentiment qu’il est pas pareil. Mais pas un album de reprises non plus.

  • Metallica sort le black album? Les fans hurlent à la mort, à la trahison.
  • Bruce Springsteen publie Nebraska? Bouh minable, nul, trop naze.
  • Florent Pagny… heu non pas Florent Pagny.

Protègez-moi de mes fans

Le problème donc d’impliquer ses fans pour la conception d’une œuvre musicale, quelle qu’elle soit, outre qu’elle pose un peu la question de la place de l’artiste, est que cela risque fort de niveler par le milieu. D’autant qu’une masse de fans même intelligents reste une masse. Et lorsque l’on demande à une masse de choisir ce qui émerge est toujours un juste milieu foireux qui finalement ne plait à personne.

Prenez une masse d’eskimos et une masse de touaregs. Vous leur demandez la température qu’ils veulent. Vous allez régler le thermostat sur 10 degrés. Les touaregs sont morts de froids et les eskimos de chaud. Merci.

Donc à trop demander à des fans leur avis on risque d’obtenir de la musique qui ne plaira même plus aux fans et qui, n’étant qu’une pale copie des créations précédentes, ne plaira plus à personne.

Plus le Direct To Fan prend d’importance, c’est à dire plus le chèque qui arrive en fin de mois chez l’artiste sera clairement signé par « les fans », plus la peur de déplaire à son patron risque de s’installer. Et alors là… On en reparlera mais d’ici là: le Marketing Direct To Fan oui, le Marketing Direct By Fan non.

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