Gérald parle d’Indivizik son projet solo. Vous ne connaissez vraisemblablement pas Indivizik. La sincérité avec laquelle Gérald livre son texte est touchante et finalement assez troublante. Touchante parce qu’on ne sent pas de mise en scène. Et troublante parce qu’on dirait presque une sorte de cas d’école sur “artiste : amateur ou pro en 2010 ?”.

Indivizik

J’ai fait cet album principalement seul dans mon home-studio de 9 m2 et avec l’aide de 2 musiciens pros qui ont bien fait leur boulot, Simon Fache pour la trompette et Yann Chapoutier pour la batterie; trompette et batterie ont été enregistrées chez Simon qui possède un « vrai » studio d’enregistrement, de taille plus importante que le mien, il peut enregistrer un groupe live, jusqu’à  8 personnes en même temps. Je me suis occupé des guitares, de la basse et des divers sons de clavier.

Le mixage/mastéring a été réalisé par Denis Huet au studio BrotherSoul Records de Roubaix.

Cet album est à la fois l’aboutissement de plusieurs années de travail et une sorte d’étape de transition dans ma vie, j’en tire les leçons, cela représente beaucoup de solitude en amont pour arriver à ce résultat de 6 titres d’une durée totale d’environ 30 min. Solitude qui est nécessaire même si elle peut être parfois destructive, il faut faire aussi  attention à ne pas se couper totalement du monde en sombrant dans une espèce de comportement mégalo-orgueilleux.

Ecce Promo Indivizik Mon choix s’est orienté vers un projet solo quand j’ai réalisé qu’il n’était pas courant et facile de rencontrer des zikos avec qui se lancer dans un projet de compositions instrumentales, plutôt que d’attendre après une hypothétique rencontre pleine d’affinités musicales, j’ai pris les devants. Mais aujourd’hui j’en ai un peu ma claque de jouer seul, donc projet solo c’est bien pour composer rapidement mais si il n’y a pas de groupe pour interpréter les morceaux en live par la suite, à part faire du buzz sur le net, ça devient vite sans intérêt.

C’est de la musique purement instrumental, il n’y a pas de chant pour 2 raisons, la 1ère est que je n’ai jamais réussi à me donner les moyens pour chanter correctement, étant quelqu’un d’introverti, rare sont les personnes qui m’ont entendu chanter ne serais-ce qu’un couplet. La 2ème est que je suis en recherche d’identité artistique. Mais j’aime les points de vue philosophiques, les idées de vies un peu décalées, j’aime les mots et l’écriture, à la réflexion, il ne me manquerait pas grand-chose pour écrire des chansons, peut être que je m’y mettrais un de ces jours, il me faut le déclic.

Beaucoup d’incertitude et de contradiction m’animent et m’amènent aujourd’hui à avoir beaucoup de retenu sur une professionnalisation dans le monde de la musique, l’idée m’a pendant longtemps attiré et encore aujourd’hui je trouve ça bien que des gens réussissent à vivre de leur création musicale, mais je crois qu’on est trop de musiciens à vouloir en vivre et qu’en face il y a de moins en moins gens ont les moyens de se payer de la musique. De plus il y a énormément d’albums sous licence Créative Commons qui sont de très bonne qualité, d’un point de vue commercial, ils décrédibilisent totalement les albums mise en ventes. Moi qui ai pris la décision de mettre en vente ma musique sur les plateformes de téléchargements par le biais de zimbalam, je me dis souvent que c’est pour me donner bonne conscience d’agir ainsi, j’ai envie d’y croire mais…… en toute honnêteté, heureusement pour moi que la musique n’est pas mon seul projet professionnel.

Donc je vise une semi-professionnalisation, c’est plus rassurant d’avoir une roue de secours à coté. Je ne suis pas issu d’un milieu artistique, j’ai commencé la musique à 19 ans, aujourd’hui j’en ai 32, mes parents sont ouvriers, mes amis de longue dates ont des professions dites « normales », je suis un peu la brebis galeuse de mon entourage et je peine à m’affirmer en tant qu’artiste. La scène est un milieu que je ne fréquente pas beaucoup ne serais-ce déjà qu’en tant que spectateur, alors en tant que musicien, vous imaginez bien que c’est quelque chose qui me parait inaccessible.

Pour conclure, je sais que je suis loin d’être le seul à avoir fait un album à la maison, que techniquement c’est plus accessible qu’il y a 20 ans,  presque n’importe qui peut s’équiper en MAO, mais  en ce qui me concerne je me considère comme un écrivain sonore qui a pris le temps de travailler et de remettre en cause ses idées afin de proposer un produit final réfléchi, même si cela reste un premier album et que tout n’est pas parfait parce que j’ai eu des contraintes de temps malgré tout, je suis plutôt satisfait du résultat.

Resilience

Ecce Promo Indivizik Resilience Merci à Gérald donc pour ce texte lucide. Bien sûr comme il le dit, il ne s’inscrit plus vraiment dans une professionnalisation mais il fait un constat, de l’intérieur, que je trouve intéressant. Si le texte vous a plu (et même s’il ne vous a pas plus) vous pouvez aller découvrir Resilience le premier album de Indivizik.

Vous avez le choix :