Interview de Julien Cayer
Publié par Valerymai 11
Julien Cayer est un journaliste et un bloggeur. De Montréal. Il participe au collectif Bande à Part qui est quand même un site qui déchire. Et il a très gentiment accepté de répondre à quelques questions. J’en ai donc profité pour ne RIEN lui demander sur Bande à part. Vous allez me dire « bah c’est un peu con non » et je vous répondrai que non puisque je voulais lui poser des questions sur « son activité de bloggeur et son rapport à la musique aujourd’hui » donc j’assume. Eh je ne regrette pas parce que j’aime beaucoup les réponses (quand à mes questions eh bien j’y travaille hein).
Pouvez-vous vous présentez en quelques mots?
Je m’appelle Julien Cayer. Je suis journaliste et mélomane. Je travaille présentement pour Bande à part, un projet radio et Internet de Radio-Canada qui vise à faire rayonner la musique canadienne émergente (alternative, indie ou peu importe comment on l’appelle). En parallèle, je tiens un blogue musical, Pas de doute, qui vise à faire découvrir la musique que j’aime, peu importe sa provenance.
Qu’est-ce qui vous a motivé pour créer ce blog?
Partager la musique que j’aime avec facilité et sans contrainte. La plupart du temps, j’essaie d’écrire et de faire entendre des groupes qui n’ont pas la couverture médiatique qu’ils méritent, à mon avis. Ou encore des groupes de Montréal, où j’habite. C’est d’ailleurs un peu le devoir de chacun de diffuser des groupes locaux. Forcément, nous avons plus de chances d’entendre ou d’obtenir la musique des groupes de chez nous (dans un spectacle, par une connaissance) qu’un bloggeur de l’extérieur. En les partageant, un bloggeur d’ailleurs peut le partager à son tour et créer un «buzz» qui fera en sorte que le groupe se démarque sur la plan national ou international. Si les bloggeurs ne font pas ce travail au début, les nouveaux groupes restent dans l’ombre.
Vous le voyez évoluer comment dans les 2 ans à venir ?
La forme du blogue change présentement à cause de la popularité grandissante de Twitter, qui à son tour influence beaucoup la manière dont on utilise Facebook. Je crois que le blogue demeure pertinent pour tout ce qui ne peut pas se dire en 140 caractères. C’est le cas lorsqu’on raconte une anecdote, lorsqu’on détaille une opinion sur un artiste ou lorsqu’on veut tout simplement écouter un MP3. Par contre, je crois que l’époque où un bloggeur pouvait se contenter d’Embedded un vidéo Youtube avec peu ou pas de texte est révolue. Twitter fait beaucoup mieux ce travail.
Comment gérez-vous la profusion de groupes, morceaux, vidéos, évènements ?
Je limite mes sources d’informations. Les plus importants demeurent mes amis, mes connaissances dans l’Industrie musicale, quelques sites/blogues de confiance (Pitchfork, Stereogum), quelques labels innovateurs et quelques utilisateurs Twitter et… le hasard.
Justement, concernant la découverte de nouveaux artistes. Aujourd’hui c’est plus simple ou plus compliqué qu’il y 5 ans pour vous?
Plus complexe, parce que comme tous les journalistes spécialisés en musique, je continue à suivre pendant un temps tous les nouveaux groupes que je découvre, tous les blogues qui m’ont un jour appris quelque chose d’intéressant et tous les labels qui découvrent et signent de bons artistes la plupart du temps. La liste augmente sans cesse.
Quel est -de votre point de vue- le vrai problème de l’industrie musicale aujourd’hui? Et ce qui vous chiffonne le plus dans votre rapport à la musique aujourd’hui?
Le vrai problème de l’industrie musicale, c’est quelle a fait beaucoup trop d’argent pendant assez longtemps pour penser que c’était normal. Aujourd’hui, elle crie au meurtre parce que ses profits sont plus minces qu’il y a dix ans, mais elle fait encore considérablement beaucoup d’argent. Ce qui me chiffonne le plus dans mon rapport à la musique d’aujourd’hui, c’est la course à la rapidité qu’a engendré les blogues et Twitter (quoique cette course ait toujours eu lieu dans une moindre mesure). Je soupçonne plusieurs bloggeurs et utilisateurs Twitter de parler d’une pièce ou d’un vidéoclip sans l’avoir regardé jusqu’à la fin (ou regardé tout court) pour ne pas que quelqu’un d’autre le devance.
Myspace est-il mort?
Mort, pour l’instant, en terme de réseau social, mais Myspace demeure très pertinent en temps que « mini-site web pour musiciens ».
Selon vous, la musique on l’écoutera comment dans 5 ans?
J’aurais tendance à dire que la plupart des gens l’écouteront comme aujourd’hui, avec des MP3 téléchargés illégalement.
Quelle problématique (musicale) existe au Québec et, selon vous, pas ailleurs?
Le «star-system» québécois est assez particulier. Par rapport au reste du Canada (trois fois plus nombreux que la Province de Québec), il y a beaucoup, beaucoup d’artistes, de groupes, de maisons de disques, etc. qui survivent malgré un public restreint (7,7 millions d’habitats), grâce, entres autres, à un système de quotas et de subventions pour la musique francophone. Ça donne des vedettes, très connues à Montréal, mais totalement inconnues à Toronto, par exemple.
Inversement, un avantage que le Québec a, ou peut avoir, sur les autres pays (toujours du point de vue de la musique)?
Beaucoup de médias, de salles de spectacle, d’aide à la relève (ce système de quotas de subvention évoqué plus haut).

Un commentaire
Ping par One Stop | Quelques mois et initiatives plus tard | B comme BoxSons le 4 janvier 2010 � 16 h 09 min
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