Jean-Gonzague Saint Broute | Un artiste peut être utile, quoiqu’on en pense.
Publié par Valerymai 17
Les invités de B comme BoxSons se succèdent et tous me touchent d’une manière ou d’une autre. Et j’aime les décrire brièvement. Mais aujourd’hui, il n’y a pas de mot pour dépeindre celui que je reçois. Pas de mots peut-être parce que les mots n’ont pas encore été inventés pour ce qu’il représente. Pas de mots parce que l’homme du futur de la musique doit être décrit avec des mots de l’avenir. Mais s’il fallait de force en choisir un ce serait Visionnaire. Place à…
Jean Gonzague Saint Broute ?
C’est une très bonne question.
J’aime ce type d’approche directe, sans fioritures. C’est effectivement un authentique patronyme, bien adapté à mon métier de futuriste, puisqu’il évoque le Siècle des Lumières. Je l’ai hérité de mon père : Hubert Saint Broute, qui lui même le tenait de mon grand-père. Edmond-Marie Saint Broute, Artisan Futuriste à Chartres.
J’ai évidemment déposé ce nom à l’INPI en tant que marque. Nous vivons des temps troublés et la propriété intellectuelle n’est pas à l’abris des piratins et autres zozos peu respectueux.
C’est vous sur ce polaroid ?
C’est une très bonne question.
J’ai une grande affection pour le « polaroid » qui constitue à l’évidence la plus belle avancée de ces dernières années en matière audiovisuelle. C’est tout naturellement que je me suis prêté au jeu de la pose, avec naturel. Sur ce cliché de moi, on peut remarquer un sourire. Je vais vous faire un aveu : le polaroidographe, un ami, venait de me conter une « blague de Toto » très amusante.
Je ne résiste pas au plaisir de vous la raconter à mon tour, parce que c’est ça la télématique, la transmission des savoirs :
C’est une conversation entre une maîtresse d’école et Toto :
Toto :
- Madame, madame, est-ce que je peux être puni pour quelque chose que je n’ai pas fait ?
La maîtresse :
- Mais bien sur que non Toto, on ne va pas te punir pour quelque chose que tu n’as pas fait.
Toto :
- Eh bien, ça va alors… je n’ai pas fait mes devoirs hier !
J’ai la conviction que, malgré les forts enjeux liés à l’essor de la télématique en tant que média, il est important de garder foi en l’humour de bon aloi.
La musique sur le minitel, on en parle, vous y croyez ?
C’est une très bonne question.
Je me permets de mettre « les pieds dans le plat » : c’est désormais une réalité ! La musique peut transiter par les réseaux télématiques. Néanmoins, cela ne va pas sans poser quelques problèmes d’ordre purement technique :
petit b) les artistes doivent encore faire un effort pour simplifier les chansons. Un format de 30 secondes me parait fort adapté à une diffusion sur ce type de médias. Ha, une si petite remise en cause pour tant de possibilités offertes !
Nicolas Peyrac, lorsqu’il a composé « Et mon Père. » se doutait-il qu’il serait un jour présent sur Minitel ?
Cela reste néanmoins un « gadget », comme le MP3 ou le fameux « streaming ».
J’ai la conviction, en revanche, que les échanges d’utilisateur à utilisateur sont en plein essor. Ma société, 3614 Music, travaille dans le plus grand secret à un protocole de distribution de musique par Fax : le Fax Sound Exchange.
La révolution est en marche.
L’avenir est plein de surprises !
Le disque dur qui pourrait stocker toute la musique du monde est pour bientôt. Quel impact sur le show business ?
C’est une très bonne question.
Je dis attention.
Et je dis prenons garde.
La personne qui détiendra ce disque dur aura la main mise sur l’ensemble de la création musicale. C’est une bonne chose puisqu’elle pourra surveiller l’utilisation qui en est faite.
Mais quelle tâche ! Je doute fort qu’une personne y suffise. Réfléchissons à d’autres solutions plus équitables en termes de charge de travail. Je trouve que le support « CD » est une belle avancée, encore décriée, malheureusement.
La réalité augmente dit-on. Le futurologue que vous êtes doit être au courant. Un avis ?
C’est une très bonne question.
Un fois encore, je me permets de parler sans « langue de bois », au risque de froisser certains esprits chagrins : c’est une excellente nouvelle. La réalité augmente et cela permet aux entreprises qui en font commerce de relancer l’économie. C’est tout un « écosystème »qui en bénéficie par ricochet.
Mais je dis alerte. Gardons-nous de tout enthousiasme démesuré. Car, et c’est l’homme et non le futuriste qui parle, comment ferons les petites gens lorsqu’ils ne pourront plus s’offrir cette réalité ? Je pose la question sans ambages.
Il y a là le risque que certains se réfugient dans le « virtuel » et passent de nombreuses heures contre-productives sur IRC, Skype, MSN et autres « Twitter ». Les jeunes générations peuvent être touchées.
En augmentant le coût de la réalité, nous jouons avec le feu.
L’avenir de la musique passera par l’objet physique c’est une certitude, une aberration ?
C’est une très bonne question.
Je vais enfoncer une porte fermée, mais c’est une absolue certitude.
J’ai déjà démontré à plusieurs reprises les difficultés inhérentes à la fameuse « dématérialisation ». Je vous renvoie à mes articles de fond sur le sujet :
« 10 BONNES RAISONS D’ACHETER DES COMPACTS DISQUES » PAR JEAN GONZAGUE SAINT BROUTE (C’EST MOI)
et
« 10 BONNES RAISONS DE NE PAS CROIRE AU STREAMING » PAR JEAN GONZAGUE SAINT BROUTE (C’EST MOI)
J’insiste sur le fait que le streaming oblige les artistes à jouer leur musique en direct, ce qui pose de gros problèmes de disponibilité. C’est très concret !
Il y a des solutions pragmatiques : voici le fruit d’une passionnante discussion de fond que j’ai eue avec un admirateur il y a peu, d’où il ressortait ceci :
- - Admirateur :“Le streaming a de l’avenir, mais pas forcement le direct.”- Moi :Je vous concède ce point et suis ravi que nous soyons en accord.
Il m’est venu une idée simple, qui réglerait une bonne fois pour toutes les problèmes dont se plaignent les artistes et autres “orchestres” :
Admettons qu’un orchestre très demandé, comme par exemple, L’orchestre de “Lady Gaga” ne puisse assurer auprès de ses demandeurs l’ensemble des ses prestations simultanées dans le cadre du “streaming” (gageons que le cas est fréquent).
Je propose qu’un orchestre préalablement habilité mais connaissant moins de succès joue le morceau demandé à sa place.
Tout simplement.
C’est très habile, voyez-vous, car :
a) L’orchestre de “Lady Gaga” peut sous traiter ses prestations de streaming
b) les orchestres moins cotés, devenus sous traitants, peuvent enfin vivre de leur musique.Certes, en termes d’égo, le principe est moins valorisant, mais il a le mérite du pragmatisme économique et technique.
Il serait temps que les “artistes” voient les réalités business en face. Ce principe simple peut les sauver. Je pense à le développer dans un futur article.
Le pair à pair va-t-il disparaitre avec HADOPI ?
C’est une très bonne question.
Je crains que Hadopi, comme toutes les initiatives se terminant en « i » (Darty, Mimi Mathy, FMI, et j’en passe), ne soit un « miroir aux alouettes. »
Cela part d’un bon sentiment, celui de savatter du piratin, mais soyons francs : on n’y comprend rien.
De même pour le modèle de la « Licence Globale ». J’ai regardé des schémas, et je n’ai as honte de le dire, c’est un sacré « bazar ».
Je souhaiterais citer ici Joe Rogan, nouveau philosophe à mi temps et commentateur attitré de l’Ultimate Fighting Championship.

Lorsque les diffusions « online » piratines des championnats de Free Fight sont évoqués, Joe Rogan, conférencier et penseur d’une grande sagesse, dit ceci :
« You can’t beat the Internet, babe ! » (c’est de l’américain)
Ce que l’ont peut traduire par :
« Je suis convaincu que la force des réseaux télématiques réside dans les idiosyncrasies inhérentes à leur emploi, et, de fait, qu’il est vain de chercher à contourner une évolution sociétale aussi majeure en légiférant d’autorité, bébé. »
Je dis : Fort juste.
Joe Rogan n’a pas encore l’écho qu’il mérite en Europe, mais nul doute que sa pensée va traverser l’Atlantique et remettre les balances à l’heure.
A l’instar de Joe Rogan, je suis convaincu que l’avenir de la musique passe par le protocole dit de « partage Rapide » (Rapidshare, en anglo saxon) comme le montre ce schéma fort bien fait :

Je l’ai expliqué en détail dans cet article de fond :
« 10 BONNES RAISON DE SAUVER LES ARTISTES AVEC RAPIDSHARE » PAR JEAN GONZAGUE SAINT BROUTE (C’EST MOI)
Bien entendu, les artistes vont devoir se résoudre à ne rien gagner.
Grâce au modèle Rapidshare, leur musique ne vaut plus rien, ce qui fluidifie les échanges !
Mais assouvir sa passion n’a pas de prix, alors arrêtons un peu de jouer les pleureuses et retroussons nos manches face aux défis à venir.
Un site musical qui va décoller en 2010?
C’est une très bonne question.
Le site Hotfile.com. Voilà de la télématique moderne !
J’ai été épaté par le catalogue de musique disponible sur ce concurrent de Rapidshare. Les part de marché gagnées par ce redoutable acteur sont sidérantes, grâce à une volonté de laisser faire les internautes… Autorégulés, les gens sont épatants. Voilà de quoi préserver le patrimoine musical mondial.
On me rétorquera que les artistes, une fois encore, ne gagnent rien.
Je dis « Très bien vu ! »
Et j’ajoute : « S’ils voulaient gagner leur vie convenablement, ils suivraient des études de logistique ou de comptabilité, plutôt que de s’habiller de façon étrange en chantant des choses en rapport avec la drogue. »
Soyons sérieux. Je crois beaucoup à Facebook, nouvel entrant prometteur, dont le seul inconvénient, pour le moment, est de ne rien avoir en rapport avec la musique.
Une pratique liée à la musique qui va exploser en 2010 ?
C’est une très bonne question.
Le futurisme multimédias en tant que pratique lucrative a un bel avenir devant lui.
Mais c’est surtout l’intérim qui va, à mon avis, se tailler la « part du lion », comme on dit.
C’est fort logique : si les artistes ne tirent aucun revenu de leur musique, ce qui est légitime, puisqu’elle est gratuite, ils vont devoir, pour continuer à produire de la musique, s’acquitter de tâches non artistiques. C’est une bonne chose puisque l’écosystème en a besoin.
Un artiste peut être utile, quoiqu’on en pense.
Je sais que cette vérité dérange.
Mais je suis le premier à défendre le droit des artistes à effectuer de vrais travaux, comme la comptabilité ou la logistique.
Il en va de l’avenir de la culture.
Le mot de la fin monsieur Saint Broute
C’est une très bonne question.
Je tiens à inciter vos lecteurs à me rejoindre sur mon canal Twitter : http://www.twitter.com/3614music
Je remercie Olivier Ravard. Pour son humilité. Il a su reconnaitre ses limites en matière de « business télématique » et me laisser la parole sur ce thème au sein de son site « Où est ma chanson ? »
Je vous recommande moi-même au passage l’écoute de ce petit groupe dit « d’électronique de danse » : Draft Punk, dont vous trouverez facilement les œuvres sur les réseaux Rapidshare et Hotfile.com
Je tiens enfin et surtout à remercier les artistes et autres musiciens zazous, pour leur courage, leur abnégation et leur compréhension.
Il est de mon devoir de futuriste multimédias de gagner ma vie en leur expliquant, pour des tarifs attractifs, comment ne pas gagner la leur.
J’ai la ferme conviction que c’est un échange gagnant / gagnant.
Et comme je suis un amoureux des arts, je ne vous facture pas cette intervention.
Vive la musique.

3 commentaires
Ping par Tweets that mention Jean-Gonzague Saint Broute | Un artiste peut être utile, quoiqu’on en pense. | B comme BoxSons -- Topsy.com le 17 mai 2010 � 14 h 33 min
[...] This post was mentioned on Twitter by Valery__. Valery__ said: "Un artiste peut être utile, quoiqu'on en pense" une interview vérité sur B comme BoxSons http://bit.ly/9UMqFq [...]
Commentaire par vivamusica le 19 mai 2010 � 7 h 49 min
Mimi Maty un miroir aux alouette ? Je te dis pas la gueule des alouette.
Que dire après Jean-Gonzague Saint Broute. Tout est dit. Quel talent ce futuriste multimédia
Commentaire par gotsky le 19 mai 2010 � 8 h 51 min
Quel visionnaire ce J.G Saint Broute! G. Leonhard n'a qu'a bien se tenir.
Merci pour ce bon moment et bravo pour les "très bonnes questions" de Valery.