L’émotion est-elle proportionnelle à la notoriété: Clarys et Gaspard LaNuit en duo
Publié par Valochemai 14
L’émotion est-elle proportionnelle à la notoriété ? Faisons le test « Papier Jauni » et « Les bords de mer ».
D’un côté Clarys et Gaspard LaNuit interprètent une chanson de Clarys lors d’un concert à la maroquinerie :
De l’autre, Lio et Julien Doré à la Nouvelle star (désolé pas d’aperçu possible):
http://www.wideo.fr/video/iLyROoafMv-c.html
Soyons clairs: la question n’est pas de savoir lequel est le « meilleur » duo. D’une je m’en fous. Et, et c’est déjà bien. Non la question c’est
Le premier duo est-il moins émouvant que le second car ses interprètes sont moins connus?
Cette question n’a pas forcément de sens je vous l’accorde. Ça dépend pour qui bien sûr. Ça dépend de ce que l’on entend par émotion. Et ça dépend de ce que l’on entend par « connus ». Et pourtant il me semble que répondre à une question pareille est central aujourd’hui. A partir de quel moment le manque de notoriété cesse-t-il d’être un handicap ? Quand la notoriété devient-elle un fardeau et auprès de qui ? Comment créer de l’émotion auprès d’un auditeur qui est submergé de propositions de toutes formes? Vaste sujet que je m’en vais de ce pas traiter dans d’autres articles.
V le duo de Clarys et Gaspard LaNuit, il me bouleverse.













9 commentaires
Commentaire par nell le 27 mai 2009 � 12 h 29 min
De but en blanc, là, je répondrais « non ».
Sinon ça serait pas juste pour tous les petits pas connus qui créent des morceaux bouleversants. Et pour les très-connus qui du coup pourraient se contenter de faire de la soupe tout en continuant à nous toucher.
L’émotion c’est bien ce qu’on cherche en écoutant la musique. Joie, colère, tristesse, miroirs éphémère d’états d’âme.
Et heureusement, on peut se faire surprendre, se faire ravir en un clic de souris, au détour d’un bar, d’une invitation… On est là, on entend un truc nouveau… et on se fait embarquer. Ou pas, d’ailleurs. Et finalement, que le groupe ait une « notoriété » ou non ne va pas changer notre ressenti si c’est une première écoute.
A moins d’être un mouton qui pense « c’est de la bombe » si on lui a dit « c’est de la bombe » (et ça c’est un autre débat).
En revanche c’est intéressant de savoir ce qui se passe à la deuxième écoute. On reclique sur le lien, on traque le prochain concert, on achète le CD.
On sait ce qu’on va entendre.
Qu’on va traquer, ressentir à nouveau cette émotion.
L’attente, le désir, puis l’arrivée, le frisson. A nouveau là.
Oui, comme à chaque fois qu’on revoit une femme ou un homme qu’on aime.
L’émotion se niche là, à mon sens. Dans la récidive. Les fans qui crient quand il reconnaissent les premières notes de leur morceau préféré, c’est du bonheur anticipé. Idem quand on écoute un morceau en boucle.
Nul besoin d’avoir une notoriété pour toucher.
On touche juste plus de personnes, elles sont plus nombreuses à déjà connaître, à fredonner de temps à autre un refrain, à mettre le CD dans la chaîne.
Au final, non ce n’est pas proportionnel en qualité (la force de l’émotion), mais en quantité (de personnes touchées), sans nul doute.
Commentaire par Valoche le 27 mai 2009 � 19 h 07 min
Oui en fait l’émotion doit être proportionnelle à l’attente. Surprenant d’ailleurs qu’entendre un morceau que l’on connait déclenche une telle émotion. Relire un livre ou revoir un film ne génère pas du tout les mêmes sentiments. Faudra que j’y réfléchisse!
Par contre pour la découverte au coin d’un clic je suis plus perplexe. Ca devient vraiment difficile tant il y a de sollicitations. 5 secondes d’écoute sur myspace ne permettent de faire émerger qu’un seul style de musique me semble-t’il.
Merci pour le commentaire.
Commentaire par nell le 9 juin 2009 � 0 h 22 min
Ha c’est vrai ça, devant un fil ou un bouquin spa pareil…
Une piste peut-être ? : sur la somme d’évènements qui se déroulent durant l’intrigue, il y a une foule d’émotions qui se succèdent.
Alors qu’en général, un morceau de musique, chanté ou non, reste sur la même vibration émotionnelle, et fait écho à notre émotion du moment, ou à celle que l’on souhaite retrouver en renouvelant l’écoute.
D’ailleurs il m’est arrivé de ne re-regarder qu’une scène d’un film. Et là bah l’émotion… pfiouuu.
A moins d’être schizo, on ne peut pas se concentrer sur plusieurs ressentis en simultané.
Et un clic, si, ça peut suffire. Par exemple ce soir un de mes amis a posté un lien sur son profil Facebook. J’ai cliqué, téléchargé (c’est autorisé !) écouté, et dès la première écoute je suis séduite !
Na.
Commentaire par Valoche le 11 juin 2009 � 12 h 19 min
Oui c’est vrai. On a tous quelques scènes cultes que l’on se repasse 10 ou 1000 fois (selon la gravité de ses névroses j’imagine).
Mais sur le nombre de films que tu pourras apprécier, combien de scènes cultes de ce style? Très peu.
Alors que sur le nombre d’albums connus et aimés, ça revient quand même très souvent.
Et dans la série, Big Brother is watching you, le lien sur lequel tu as cliqué pour télécharger n’est pas tout à fait tout à fait légal.
Na.
Ping par Le Top 5 des articles les moins lus | B comme BoxSons le 15 juillet 2009 � 15 h 24 min
[...] L’émotion est-elle proportionnelle à la notoriété: Clarys et Gaspard LaNuit en duo [...]
Commentaire par Caro le 4 février 2010 � 11 h 57 min
En effet le duo Gaspard/Clarys est puissant, merci pour le lien vers cet article que je n'avais pas vu. C'est beau.
Et, malgré un à priori avant écoute ("pfff Lio/Doré c'est de la télé, les 2 autres c'est de la musique, rien à voir gna gna…"), et en faisant fi de mes goûts persos, ben j'ai trouvé qu'il y avait de l'émotion aussi dans le duo nouvellestaresque…
Pour moi, la notoriété n'a rien à voir là-dedans, mais il faudrait poser la question au public de M6.
Bashung déboulait sur scène, il te scotchait sans même avoir encore ouvert la bouche. Connu ? Inconnu ? On s'en fout. Bashung. Même si sans sa notoriété, la plupart d'entre nous n'auraient jamais eu la chance de pouvoir l'entendre.
Commentaire par valoche le 4 février 2010 � 12 h 25 min
Il ne s'agit pas de diminuer la force, le talent du connu.
Mais quand même. Notre tolérance me parait changer énormément en fonction de la notoriété. C'est valable dans les deux cas justement.
Quand tu sors un hymne rock qui fait taper des pieds, ou un tube disco qui te donne envie de danser, ok, le déficit de notoriété est balayé par le rythme.
Mais quand tu t'embarques dans du moins évident. Du lent. Ou du bizarre. Qui va s'y intéresser, va se mettre dans la position d'écoute qui va bien si ce n'est pas connu.
Bashung est à ce titre un très bon exemple. Il a explosé avec des titres simples, accrocheurs. Et APRES ok tout le monde a trouvé ce qu'il faisait avant très très bien. Mais avant, ils s'en foutaient.
Commentaire par Caro le 4 février 2010 � 13 h 58 min
C'est vrai. Du coup, le fait d'être pas connu, c'est plutôt bien, vu que t'as pas de pression : "c'est qui, eux ? -c'est Supergroupe. – je connais pas. Eeh, c'est vachement bien!" comparé à : "c'est qui, eux ? -c'est The Do. – ah ouais, ceux qui buzzent à mort, là ? Mouais, bof. Pas mal, mais je trouve pas que tout ce cirque soit mérité."
Bon, dans des grandes lignes, hein.
T'manière j'ai l'impression que qui que tu sois, dès que tu as un peu de succès, y'a du détracteur automatique, même si ta zic ne change pas de "qualité". J'avoue que moi-même j'ai l'à priori direct quand c'est connu, même si j'essaie de le virer pour laisser la place à la musique et à l'écoute.
Commentaire par Caro le 4 février 2010 � 13 h 59 min
Après je pense quand même qu'il y a un public prêt à s'embarquer dans du lent ou du bizarre, même pas connu.
) On a essayé de comprendre la démarche, on n'a pas compris en fait.
Une fois y'a même un gars qui nous a dit qu'il faisait les concerts de la région, mais uniquement ceux des groupes pas connus, comme nous.
Si long que ça mon com ? c'est un petit peu énervant.