Les semestres succèdent aux semestres, les chiffres aux chiffres et c’est globalement toujours la même crotte. Ca chute en physique et tout le monde regarde la courbe des ventes du digital avec des yeux pleins d’espoir. Surtout en ces temps d’Hadopi. En oubliant que le fruit porte peut-être son vers en lui.

L’observatoire de la musique publie donc les chiffres de la musique enregistrée pour le premier semestre 2009. C’est à dire les ventes d’albums et de singles physiques et digitaux. Et comme d’hab, ça chute. Beaucoup. On est en gros à –60% par rapport à 2003. Et à –13% par rapport à 2008. Ce qui fait 422 millions d’euros quand même mais ça chute. Le digital augmente certes mais on reste à un petit +14%. Aux USA c’est à peu près pareil.

Mais le digital représente quoi par rapport eu physique?

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Et si on ramenait allez soyons fou, la part du numérique aujourd’hui par rapport aux ventes d’il y a 6 ans? Bon on arriverait à 5%.

Donc c’est rien. Rien. Ou à peu près rien. Et +14% de rien, ben ça fait pas grand chose. Est-ce que ça te viendrait à l’idée toi d’aller gueuler sur ton patron parce que le chiffre après la virgule a baissé sur ton salaire? Ou d’aller l’embrasser si tu passe de 1000,00 euros à 150,99? Je ne crois pas non.

Surtout que Hadopi ou non, les +50% sur le téléchargement c’est terminé.

Et à force de regarder les chiffres du passé se casser la gueule on en oublie que ces chiffres sont avant tout de la musique. De la musique qui dans le TOP 100 recycle allégrement, ressort des vieilles recettes, bref vit sur ses mauvais acquis.  Et si on ne travaille pas sur l’émergence rapide d’alternative réelle et de qualité aux mastodontes moribonds, on va droit dans le mur. Et pour les petits et pour les gros. Et ces chiffres ne risquent pas de s’améliorer si les nouveaux artistes sont sélectionnés, mis en avant pas un système de votes sur le net.

Ce qui nous amènera au post suivant sur la découverte. Un article sobrement intitulé: la dictature de la démocratie.