Laurent S. est un mélomane. Il n’est pas le seul, ça se saurait. Laurent S. est un mélomane généreux. Ils sont déjà moins nombreux. Laurent S. est un mélomane généreux qui ne blogue pas sur la musique. Ca commence à faire.

Laurent S

Laurent S. est un mélomane généreux qui ne blogue pas sur la musique mais qui a envie d’aider les artistes. Et sans être dans une association non plus. Juste comme ça, au coup de cœur, au feeling. Laurent S. achète des albums d’artistes inconnus sur ebay. Laurent S. envoie des messages à des artistes inconnus, juste pour leur dire qu’il aime ce qu’ils font et ça leur fait chaud au coeur. Laurent S. aime tweeter ou facebooker sur les beaux disques qu’il achète. Laurent S. participe à Net Emergence et son ouverture d’esprit fait plaisir à lire. Laurent S. fait du bien à la musique et aux artistes. Comme ça. Parce qu’il peut.

Laurent S ?

Alors tout d’abord il s’agit d’un surnom venu d’Inde suite à une très longue histoire sans intérêt
Ensuite Laurent S a dépassé la trentaine, vit dans le sud-ouest après presque une décennie en région parisienne mais il a gardé son accent qui indique qu’il vient du sud et qu’il y est revenu.

Tu te décrirais comme un blogueur, un fan, un mélomane ?

Pas blogueur malgré quelques chroniques sur Le Hiboo je n’aurais jamais le temps d’entretenir un jardin musical sur Internet, mélomane sans nul doute et fan inconstant car ayant trop de choses à écouter je papillonne beaucoup.

Tu achètes encore des CD. Pourquoi ?

J’ai toujours du mal a me séparer de ce support physique, je consomme beaucoup de musique sous format électronique en streaming mais surtout pour découvrir des artistes. Si ca me plait j’aime bien établir un certain contact avec le label ou l’artiste en achetant le CD.
On a souvent des jolies surprises comme par exemple avec Bombadil qui envoie ces CDs dans une enveloppe délirante avec une carte postale super personnalisée et loufoque et plein d’autres choses qui font vraiment ressentir que l’artiste aime vendre ses disques. En numérique point de tout ça, c’est trop froid pour moi, aucune plus value.
Le jour ou le numérique apportera une plus value et sera un passage obligé j’y passerai sans trop de regrets mais je ne ressens pas ce besoin encore.

Tu sembles vraiment aimer les artistes…

Pour moi un artiste (voire un label) c’est comme un artisan qui fait du sur mesure avec passion, un viticulteur qui produit son vin avec précision et patience, un cuisinier qui te sort des saveurs de folies avec des produits authentiques, comme tout ça la musique c’est aussi un produit de consommation élevé au rang d’art, et comme j’aime les belles choses j’aime ceux qui les font.

Une frustration liée à la musique aujourd’hui ?

Pour ma part aucune si ce n’est de pas avoir le temps de tout écouter.

L’industrie musicale va mal… ou pas ?

Dés que tu as un mot comme industrie quelque part tu sais qu’à un moment ou à autre tu auras droit à ta crise, voire ta disparition.
La musique à mon sens ne va pas mal, le net permet aux groupes de se faire connaitre plus facilement, on écoute beaucoup plus facilement, on zappe peut être beaucoup aussi mais dans le lot certains émergent. Je pense que ceux qui ont le plus de mal ce sont ceux qui restent campés sur leur stratégie, leurs principes, qui veulent garder leur marge sans rien changer à leur façon d’appréhender la musique. Mais la musique est essentielle, tout comme l’écriture qui n’est pas morte lors de l’avènement du numérique, les supports changent certes mais ce besoin d’écouter du son reste en chacun de nous. Maintenant il est évident qu’il faut concevoir autre chose, abandonner le concept d’album par exemple qui est une contrainte au final inutile dés lors que le numérique permet de dématérialiser le support,  réduire les intermédiaires, favoriser les ventes directes (comme sur bandcamp par exemple), rapprocher l’artiste de son public, bref tout est à faire et c’est assez génial pour ceux qui sont dans le secteur et qui doivent appréhender ce virage comme étant une réelle opportunité de faire la musique comme ils l’aiment.
Pour résumer en un titre (avec les jolies paroles en angloaméricain)

Net Emergence ?

Grande initiative, un très gros boulot de ta part avant tout qui je l’espère va prendre de plus en plus. J’adore découvrir de nouveaux talents et pour le coup je suis servi. Maintenant j’espère que dans le futur on pourra suivre tous ces artistes que l’on a tenté de faire émerger, les aider si possible, que certains trouveront des labels ou pourront sortir un titre, bref que cela se propagera comme on en rêve tous.

Un artiste ou groupe à nous faire découvrir ?

Jeff and the brotherhood que m’a conseillé l’indispensable U. Stakov sur twitter
J’adore l’état l’esprit et la musique catchy, du plaisir simple sans prise de tête, du second degré dans un clip fait main, bref tout ce que j’aime (et du coup j’ai bien entendu acheté le CD que j’attends avec impatience)

Ta plus belle histoire liée à la musique ?

Sans aucun doute un concert d’Arcade Fire, je n’étais pas spécialement fan de ce groupe, disons que je n’y avais pas prêté une attention particulière et une écoute attentive. J’ai eu la chance de les voir en live dans les arènes de Nîmes et ce fut une splendide claque à laquelle je ne m’attendais pas. Dans un concert tu es un peu comme un verre que les cantatrices peuvent soit disant faire exploser avec des notes élevées, tu es réceptif à une musique, aux mouvements de la foule, tout cela créée des vibrations et à un moment donné Bim! tu exploses. La vibration du concert et de son environnement c’est ta fréquence de résonance, ca te submerge, tu es ailleurs, fondu dans la foule, ailleurs, emporté, et ce soir là sur plusieurs titres c’était ça, indescriptible, marquant, j’en frissonne à chaque fois en regardant des vidéos comme celle ci