Musique et Marketing #2 | Le vingtième siècle
Publié par Valocheoct 29
Souvenez-vous, j’avais inauguré cette superbe série d’articles il y a un mois. En vous parlant des 4 P : Produit, Prix, Placement, Publicité. On appelle ça le Marketing Mix. Et le marketing mix doit être bien cohérent pour vendre un maximum de produit.
Au vingtième siècle?
Oui ça marchait comment au vingtième siècle le marketing de la musique? Déjà ça marchait bien, ça marchait fort. Et les 4 P c’était un peu une Promenade Pour Prendre le Pognon.
-
Produit: le produit c’était le CD (sur la partie du 20ième siècle qui nous intéresse). LE produit phare. En album ou single. Il était fabriqué pour des artistes qu’on avait trié, c’est à dire signé. Tu étais un artiste non signé? On ne te faisait pas de produit CD. Une fois signé, le contenu du produit importait assez peu puisqu’on était signé, le contenu était forcément bon. L’entourage du produit? Une boite en Crystal avec un livret blanc et moche, 3 photos et un mode d’emploi du produit (vérifier dans vos CD de 1986).
-
Prix: c’était simple il y avait deux prix. Pas trois ou dix, 2 prix. Les mêmes pour tout le monde. 130 francs et 80 francs. Les nouveautés à 130, le back catalogue à 80. Enfin sachant qu’au début un album de Daniel Guichard de 1975 qui ressortait en 1986 était considéré comme une nouveauté. Donc au début un prix puis deux prix. C’était bien pratique. Tu es un petit label, tu veux prendre le risque de gagner des parts de marché ou juste faire découvrir ta musique en faisant des petits prix? Tu pouvais pas. Refusé par les distributeurs. Pas droit on vous dit. Ballot non ? Ensuite on est passé lentement à 20 voire 25 euros la nouveauté sauf les 2 premiers mois ou c’était dans les 17 euros. Et 10 et 7 pour le back catalogue. Après ça s’est vu…
-
Placement: là aussi quel bonheur. Placement à la FNAC et chez Leclerc. Enfin en gros. Et le reste du monde? On l’emmerde. OK on fera un deal avec la redoute, france loisirs et ah non j’oubliais, il y avais les disquaires indépendants. Ah oui ça c’était chiant. Petit volume mais pour des gros frais de livraison. Mais du coup ils gagnaient moins sur un CD vendu les disquaires. Et c’était bien fait pour eux. Distributeur physique c’était un vrai métier. Disquaire aussi d’ailleurs.
-
Publicité: Tout l’arsenal y passait. Publicité télé, radio, presse et sur les points de vente aussi bien sûr. Ca rigolait pas et c’était des sacré gros budgets. Budgets pas vraiment à la portée des indépendants (l’autoproduction était alors assez marginale). Ont commencé à apparaitre des structures plus petites, moins chères: des fanzines qui se sont professionnalisées, des petites radios libres, de la presse un peu marginale.
Bref un monde finalement assez simple pour un marketeur. Bon ok, c’est un raccourci voire une caricature. Mais le principe est là. Rodé, carré. Et puis et puis un jour un mec a chié dans le ventilo…













5 commentaires
Commentaire par -Twist- le 13 novembre 2009 � 3 h 39 min
Tu es sérieux quand tu dis ça:
» *
Prix: c’était simple il y avait deux prix. Pas trois ou dix, 2 prix. Les mêmes pour tout le monde. 130 francs et 80 francs. Les nouveautés à 130, le back catalogue à 80. Enfin sachant qu’au début un album de Daniel Guichard de 1975 qui ressortait en 1986 était considéré comme une nouveauté. Donc au début un prix puis deux prix. C’était bien pratique. Tu es un petit label, tu veux prendre le risque de gagner des parts de marché ou juste faire découvrir ta musique en faisant des petits prix? Tu pouvais pas. Refusé par les distributeurs. Pas droit on vous dit. Ballot non ? Ensuite on est passé lentement à 20 voire 25 euros la nouveauté sauf les 2 premiers mois ou c’était dans les 17 euros. Et 10 et 7 pour le back catalogue. Après ça s’est vu…
»
?
Commentaire par Valoche le 13 novembre 2009 � 12 h 23 min
Heu ben ça dépend. Vu le « tu es sérieux » j’imagine que t’es pas d’accord du tout ». Mais le fait que la FNAC ou Carrefour (je parle évidemment pas des disquaires indé) en gros ne faisaient qu’un prix (avec l’aide -forcée- des distributeurs) oui je confirme.
un indé qui venait et disait vous allez me vendre mes CD à 5 euros ben n’était pas référencé.
J’ai dit une connerie? Lâche toi je censurerai ton commentaire rapidement héhéhé.
Commentaire par -Twist- le 13 novembre 2009 � 12 h 57 min
Ah ben putain, je n’étais pas au courant. C’est dingue. Complètement dingue.
Commentaire par Valoche le 13 novembre 2009 � 13 h 10 min
Ah ben faut les comprendre. D’un côté la FNAC qui prend 30% du prix de gros hors taxe.
Et ça se vend avec un prix de gros hors taxe à 13 euros = 20 euros TTC en magasin.
Part FNAC = 3,50 euros.
Toi distributeur tu te pointes avec un prix de gros hors taxe à 6.5 euros pour avoir un prix magasin à 10 euros TTC. La part de la FNAC c’est 1 euro 50. Les rayons de la fnac n’étant pas extensibles le choix est vite fait.
Je ne parle même pas de la grande distribution. Parce que je crois qu’il ne faudrait jamais parler de la grande distribution. Si on en parle jamais, ça finira ptete par disparaître.
De l’autre côté donc, le distributeur qui prend de 30 à 35% de ce même prix de gros HT. Et il doit se battre plus avec la FNAC pour les vendre moins chers et donc avoir moins de thunes. Le choix fut assez vite fait: si tu veux être ditribué en temps que label, tu alignes tes prix, sinon le distributeur te prend pas.
Ping par Musique et Marketing #3 | En route vers l’avenir… | B comme BoxSons le 17 décembre 2009 � 12 h 31 min
[...] de B comme BoxSons Alors on a vu ce qu’était que ces histoires de 4 P, puis leur application pratique au 20ième siècle (période Mikaile Jaquesonne). Et aujourd’hui? Aujourd’hui c’est la merde tu l’as bien vu [...]