Alors on a vu ce qu’étaient ces histoires de 4 P, puis leur application pratique au 20ième siècle (période Mikaile Jaquesonne). Et aujourd’hui? Aujourd’hui c’est la merde tu l’as bien vu toi-même. Mais ça n’empêche pas la terre de tourner ni le marketeur de marketer. On dénombre grossièrement 3 types de marketeurs aujourd’hui.

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20ième siècle me voilà !

Il arrive directement du 20ième siècle et il tente à tout prix de retrouver son modèle d’avant. Il voudrait tellement arriver à convaincre Leclerc de reprendre des wagons de CD. Il est persuadé qu’en changeant l’emballage il pourra refourguer son CD à 25 euros à la FNAC. Bref, le monde a changé mais puisque le monde à tort, il va te me le changer ce monde. Pour qu’il soit comme avant! On retrouve généralement ces visionnaires à la tête de majors ou équivalent.

Le 21ième siècle c’est dépassé !

Il ne sait pas ce qu’est le 20ième siècle, ne croit qu’en internet, une nouvelle manière de faire du business dans la musique, réinvente les 4P en permanence, écrit souvent des articles du genre “le futur de la musique”, “pourquoi on va s’en mettre plein les fouilles en dématérialisant l’accès tout en redimensionnant la capacité à écouter de la cible auditive potentialisée”. Il écrira vraisemblablement le contraire le lendemain. Bref un mec qui patauge mais est sûr de tout savoir et comme tout change tout le temps il est obligé de changer ce qu’il sait tout le temps. Mais il a raison quand même. Ce petit bonhomme est un peu partout avec beaucoup de fans sur sa page Facebook et plein de followers sur Twitter.

Mais quel bordel !

Et puis il y a les autres, ceux qui ont du connaitre le 20ième siècle mais sont quand même un peu en prise avec ce siècle-ci. Et eux ils savent qu’en gros c’est le bordel. Que ce qui est vrai le lundi sera peut-être faux le lendemain mais que puisqu’il faut avancer, il faut rester ouvert. Ouvert aux innovations, ouvert aux modèles qui émergent, ouverts à tout et à tout le monde tout le temps. Mais tout en avançant quand même. Ce qui fait qu’il a plus de chance de finir fou que riche bien sûr.

Les 4 P au 21ième siècle?

  • Le Produit: C’est sacrément le bordel sur le produit. L’objet physique bon il a pas trop changé. Enfin le CD parce que l’emballage ça commence à se tendre. Emballage moche = vente moche alors on bosse l’emballage, l’entourage, l’univers. Mais il y aussi l’objet numérique. Le fichier mp3? Flac, wav? Format single, album ou alors Widget? Ou même l’abonnement.  Houlalala, compliqué. Et ça change tout le temps. On vient de nous inventer le fichier remixable. Du coup je vends quoi? La musique ou le droit de la remixer? Bref y-a 40 produits là ou il y en avait deux. Et le streaming et l’accès et et et…

  • Le prix: Oh c’est juste un peu plus compliqué que pour le produit. En apparence iTunes a réussi a réimposer un standard: 0.99$ la chanson. Au passage vous noterez l’arnaque totale qui consiste à vendre plus cher qu’avant un objet dématérialisé. Un album de 15 chansons il est resté à 15 euros pendant très longtemps. Mais le streaming c’est combien? Ah c’est gratuit. Sauf quand c’est payant d’accord. Le téléchargement ben maintenant ça oscille entre 0 euro et 1 euro le morceau. Ah oui quand même. Et les widgets? Ben on sait pas trop ce que c’est en vrai alors on teste. On tente des trucs…

  • Le placement: Les disquaires ont disparu ça c’est clair. Leclerc et Carrefour ne distribuent presque plus de CD et ne proposent rien sur le numérique (mais ça pourrait changer). iTunes est devenu incontournable mais pour placer son produit chez eux il faut passer par un distributeur numérique (en gros hein). Des distributeurs numériques il y en a partout, qui servent plus ou moins de plateformes. Parce qu’il n’y a pas qu’iTunes. Des plateformes ou équivalent il y en a plein. Fnac, Virgin, Deezer, Spotify… rien que pour la France on recense allégrement 100 services. Et on peut également placer le produit sur son espace perso : son site. Ouais super. Trop d’emplacements tue l’emplacement et c’est un calvaire de savoir où distribuer quoi. Surtout que selon que tu joues du metal techno pop indé ou de la variété finlandaise, tu peux pas mettre ton produit aux même endroits.

  • Publicité: C’est à peu près le même bordel que pour le reste. Les encarts dans les inrocks? Ahaha heu non rien. Une pub dans Rock&Folk alors? Ou alors un super clip viral avec des faux acteurs qui jouent super mal? Ou une pub facebook ciblée? Tu sais ces pubs ciblées qui te proposent à toi homme en couple fan de musique des produits pour t’épiler le maillot ou rencontrer de belles russes un peu vulgaires et pour le moins libérées. Reste encore la pub télé, radio mais bon, c’est pas à la portée de tous les budgets.

Fog

Tu l’auras compris, tout le monde nage. Sauf bien sûr ceux qui sont persuadés que l’avenir se cache dans le passé et les autres convaincus que l’avenir c’est déjà le passé. Entre les deux, hum entre les deux, méfions-nous des « 10 trucs marketing pour se faire connaître » assénés sans recul. Au risque de sortir du brouillard pour se prendre un platane en pleine tronche… Soyons désinvoltes, n’ayons l’air de rien.

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