Tu aimes beaucoup d’autres groupes mais tu les croises toujours ou presque dans des conditions particulières. Soit ils sont tes potes et ca devient consanguin parce que vous vous croisez 5 fois par semaine. Soit ils sont à la périphérie de ton univers et tu ne les croises qu’en concert entre instal’ et désinstal’: « salut ça va? Ouais cool ton show. Ouais merci, et le tien heu génial tu sais. Ouais merci. On s’appelle on se fait une jam?

Créé ton univers

Et pourtant avec les autres groupes tu peux faire tellement de choses. Tu le sais, oui tu le sais, tu le sais même mieux que moi et pourtant.

Alors tu liste les groupes en 3 catégories. Eh oui encore une liste;

  • Ceux qui sont déjà dans ton entourage, avec qui tu travailles déjà ou avec qui tu peux travailler en leur proposant…
  • Ceux que tu connais personnellement avec lesquels tu ne travailles pas alors que tu aimerais bien.
  • Ceux que tu ne connais pas, que tu ADORES, avec lesquels tu aimerais bosser et voire même leur proposer un truc mais bordel tu n’oses pas.

Le reste oublie, pas la peine de se disperser.

Pas de limites

Réfléchis, y-a pas des trucs qui te viennent? Dominique A, tu lui as écrit une chanson? Tu penses fort à un duo avec the kills. T’as un clip qui pourrait déchirer pour les têtes raides? Tu te dis que non jamais ils accepteront. Oui mais ne pense pas à la place des autres. Ca n’apporte jamais rien de bon. Garde tes idées en tête et selon ton projet, tes envies, contacte les uns et les autres. Et si ton duo tu veux le faire avec ton groupe de potes que tu connais hyper bien, c’est cool aussi.

Plus tu créeras autour de toi un univers sain, reposant sur l’envie des uns et des autres de bosser ensemble, plus ce sera simple de communiquer sur ta musique aussi. Si les seuls groupes que tu connais sont ceux que tu as soulé sur MySpace en leur envoyant tous les 15 jours les dates de ton prochain concert, hum, fais quelque chose!

Bon on est prêt là ? Il ne reste plus qu’à savoir quel groupe ou quel artiste tu es. Il faut répondre à la question “quel est ton venin”.

Une Intro

Pour ceux qui pensent encore qu’être indé c’est une histoire de label, contre-exemple parfait, avec Built to Spill. Esthétique DIY, jams de guitare, barbe Oldhamesque, tournée sans fin… et chez Warner depuis plus de dix ans. Trois albums absolument indispensables (Keep It Like A Secret, Perfect From Now On et Live (et sa reprise stratosphérique de Cortez the Killer de qui vous savez, 20 minutes de bonheur pour les amateurs de guitare) et deux autres hautement recommandés (You In Reverse et There’s Nothing Wrong With Love). Vous aimez les duels de guitare (Television, Neil Young) et les barbes ? Vous aimerez Built to Spill.

Une phrase

Built to Spill – Conventional Wisdom

« Some things you can’t explain

Like why we’re all embracing conventional wisdom in a world that’s just so unconventional »

Une image

Built to spill

Une vidéo

Proposé par  image de Pomme de Pin

Bon ok vous savez ou vous en êtes, vous savez où vous voulez aller. Cool. Royal. Enorme. Let’s go ! Oui mais comment on y va? Pas de miracle, dès qu’on parle stratégie, projet, il y a trois incontournables…

hop hop hop qu’est-ce qu’il nous embrouille le grand stratéguerre là? Stratégie? Mais mais putain je fais pas la stratégie je fais de la musique. Et fuck le marketing.

Hum bon ok, ça devait arriver. Il est donc temps de faire une digression numéro 1.

Le marketing c’est mal

Ce guide est là justement pour tenter de réconcilier artistes et marketing musical. Parce qu’il y a marketing et marketing et que si les groupes se réapproprient la communication autour de leur chansons, bien ou mal au moins ça viendra d’eux. « Oui mais non le marketing c’est mal ! »

Bien ton ouverture d’esprit fait plaisir. Alors je vais te poser une question, une seule: est-ce que tu as mis ta musique à disposition de qui que ce soit où que ce soit (MySpace, CD même gravé, concert)? Oui? C’est du marketing. Tu as mis ton produit à disposition du consommateur. Tu n’aimes pas entendre parler de produit et de consommateur? Moi non plus. Maintenant si tu ne veux absolument pas que quiconque puisse mettre le terme marketing à côté de ta musique: tu vires tes myspace, tu pilonnes tes Cd et tu vas jouer dans ta cave et tu oublies tes  rêves de grandeur. Parce que VOULOIR jouer sa musique devant des gens C’EST du marketing.

Bon bien ceci étant fait, je propose aux deux groupes qui sont restés de continuer.

Du temps, de l’argent et un projet

3 critères donc dans un projet: : le projet en lui-même (dans notre cas là où vous voulez aller), le temps (si tu veux construire une fusée en une nuit c’est possible mais c’est dur) et l’argent/les moyens. Si tu veux construire une fusée avec le budget du burundi, c’est pas gagné.

Sachant que ces trois aspects sont liés: tu peux faire une fusée rapidement mais faut faire bosser tout le monde de nuit, du coup ca coute plus cher. Tu peux faire une fusée avec 150 euros mais faut oublier d’aller sur la lune où alors faut être prêt à passer par Garge-Lès-Gonnesses etc…

Combien de temps tu te donnes pour atteindre ton objectif? Combien tu es prêt à y consacrer? En temps, en argent. Pas la peine de commencer à se mentir, ça viendra bien assez tôt. Si tu ne peux y mettre que 500 euros par an, pas la peine de tabler sur 3000. Si tu sais que tu n’iras jamais sur Twitter parce que le principe te fait vomir, pas la peine de l’inclure (même si c’est une erreur bien sûr).

Liste ton réseau

Ensuite, c’est tout bête mais fais une liste: Qui je connais? On le sait tous mais on ne le fait jamais. Tu as surement dans ton entourage les gens qui peuvent t’aider à démarrer. Où t’amener plus loin si tu ne démarres pas. Fais une liste, demande toi ce que tu peux leur demander, ce que tu serais prêt à leur apporter en retour et appelle les, vas les voir. Les gens adorent qu’on les sollicite pour leur qualité, ils adorent ça. Bien sûr par la peine d’appeler Mimmie Mathy parce que tu l’as croisé à un congrès sur la reproduction des loutres: d’une je ne vois pas ce qu’elle pourrait t’apporter. De deux, bon arrête de déconner maintenant et fais ta liste.

Ton Réseau

Production, studio d’enregistrement

Ingé son, lumière, rodies

Journalistes? radio, tele, presse

Label, attaché de presse ?

Editeur

Tourneur, salles de spectacles, festivals, programmateur

Blogueur, webzine

Institutionnels, mairie

Tremplin, concours, bourses

Web : développeur, graphiste

Réalisateur

Coach, Manager, superviseur

Reste un aspect qui mérite un chapitre entier. les groupes. Tes amis les groupes. Tu ne les croises finalement que sur des concerts, entre deux bières ou chacun complimente l’autre sur son set alors qu’il est tellement centré sur son propre show avant ou après un concert que l’échange est biaisé. C’est cool aussi remarque.

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PS: les groupes qui ont renseignés les infos des étapes 1 et 2, vous n’avez rien oublié??? Genre un email ou l’adresse du MySpace…

C’est vrai ça, en discutant avec un groupe et prônant le téléchargement gratuit sur le site des artistes, la chanteuse me demande: “mais heu je vois pas pourquoi en donnant notre musique des gens l’achèteraient”?

Remarque pleine de bon sens. Je lui réponds donc “fais confiance”. Et puis comme “fais confiance” est quand même la phrase typique de l’escroc, j’ai développé un peu.

Alors groupe, artiste qui hésite à donner ta musique, regarde:

Artistes et Cercles de Fans

Voilà c’est tout simple. Et comme le dirait Seth Godin: “si ta musique ne subit pas la grande déperdition, tu auras plein de gens dans le 3ième cercle”. Tous n’achèteront pas bien sûr mais il y en aura.

Évidemment, si tu fais de la crotte qui ne plait pas à ton premier cercle de fans, tu peux dire adieu aux 2ième et 3ième cercle. Mais dis moi: si tu fais de la crotte qui ne plait même pas à tes fans, comment espères-tu leur faire acheter quoi que ce soit?

Allez donne ta musique. Bien sûr, il faut que tout soit bien pensé, maitrisé pour que ça fonctionne. Mais pour ça c’est simple: rendez-vous sur le guide pour les groupes indépendants.

One Band #6 | Interpol par Nelly

Une Intro

Interpol ça me fout la chair de poule. Pourquoi ?
Parce que c’est différent, élégant, sombre.
Et ils me cueillent toujours par surprise avec leurs ruptures au cours des morceaux…

Une Phrase

I face the storms at the tides
From the lighthouse

And I want that
Unleash the storm and the night

Oh…
What do the waves have to say now ?

extrait de « The Lighthouse » sur l’album Our Love to Admire » (2007)

Une Photo

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Une Chanson

Proposé par Nelly

Le net a révolutionné la manière dont on écoute, achète, découvre la musique. Oui, non? Oui complètement. Et c’est mieux, c’est moins bien? Passons sous silence l’aspect financier pour se focaliser sur la découverte. Et sur ce qui me gonfle le plus dans le principe de la découverte sur le net.

Où découvre-t-on la musique sur le net?

il y a Spotify, Facebook, pleins de site communautaires dédiés à la musique, les web Radio, Youtube, Deezer et j’en passe.

L’audience des webradio pure et dure est marginale. Reste les radios classique sur le web mais bon, on va les oublier. Passer en boucle les 100 mêmes morceaux d’artistes déjà connus je n’appelle pas ça de la découverte.

Comment la découvre-t-on?

Sur Myspace qui découvre? Les groupes essentiellement qui se refilent des plans entre eux. Et quelques fans de musique acharnés qui cherchent farfouillent. Mais le plus gros des internautes il va sur les gros sites.

Et quels sont les critères de découvertes sur ces gros sites? Vous allez voir c’est très simple et très rapide: Le nombre d’écoutes et le nombre d’étoiles qu’a reçu le groupe ou le morceau. Et c’est tout en fait. Terminé.

Sur youtube, je tape “clip rock”, youtube va d’abord me sortir les plus vus, les mieux notés. Des trucs que j’ai vraisemblablement déjà entendus 100 fois. Et je pourrai les classer pas date, nombre de vues ou notes…

Les recommandations sur deezer ou spotify? J’écoute Clarys, une chanteuse de rock française (oui je suis son manager alors forcément je l’écoute). On me propose de découvrir Bashung ou PJ Harvey. Bon c’est flatteur mais en quoi est-ce une découverte?

Le système des playlists? Oui, il y a quelque chose à faire pour la découverte. Mais les playlist sont là aussi souvent triées, rangées, classées par vote ou note. Et nous allons naturellement vers le mieux noté ou le plus vu.

Et les labels communautaires?

Voilà. Vous allez me dire “rah tu gueules tout le temps mais regarde avec les labels communautaires, tu peux faire de la vrai découverte”.

Rah mais je gueule tout le temps et surtout sur les labels communautaires. 20 ans de TOP 50 et ensuite on demande aux gens de faire émerger un artiste, comme ça, sans major derrière*. Ils te sortent quoi? Grégoire… La question n’est pas de savoir si Grégoire c’est bien. C’est juste que c’est exactement la même chose que la variété qu’on entend depuis 20 ans. PAREIL.

Sur spidart c’est pas mieux, écoutez ce qui émerge: SELEN. Bon, tout est dit non?

La dictature de la démocratie

La démocratie, contrairement à ce que tout le monde semble penser ce n’est pas “tout le monde il est heureux et il a le droit d’ouvrir sa gueule’”. Ca se sont des effets des bords aléatoires. Non la démocratie c’est 51 personnes qui décident pour 100.

Et sur la musique, parce que la plupart des gens suivent le plus grand nombre ça donne les 51 font émerger des groupes pour le plus grand nombre. Non pas ceux qui ont le plus plu mais ceux qui ont le moins déplu. Bref les trucs les plus fades. Et parce que le plus grand nombre n’a d’autre critères de choix que “le nombre de votants” et “le nombre d’étoiles’” c’est pas demain la veille qu’on découvrira du Scout Niblett sur une grande radio.

Faites un concours. Prenez 100 de vos amis. Pas des mélomanes avertis, pointus et chiants qui lisent rock&folk (joke inside). Non juste des gens normaux. Faites leur écouter Grégoire, SELEN, Nervous Cabaret. Eh bien c’est à peu près sûr que Grégoire arrivera premier. SELEN énervera trop de monde et Nervous Cabaret est bien trop typé, barré pour plaire au plus grand nombre. Et c’est comme ça que la crotte fait émerger la crotte. Je dis FUCK à la dictature de la démocratie.

Pour pallier un peu à tout ça, déjà, ne pouvoir prendre en compte que les avis et votes des personnes que l’on connait ou qui ont des gouts communs pourrait aider. Bien sûr il y a un risque de consanguinité. Et en même temps j’aimerai beaucoup que ceux qui ont eu les oreilles lavées au top 50 depuis 20 ans puissent accéder à autre chose que Grégoire. Je ne dis pas que ce serait mieux, je ne dis pas qu’ils aimeraient mais au moins il auraient le choix. Choix qu’ils n’ont certainement pas avec un système de vote et d’étoiles à la con!

* Je ne rentrerai pas dans le débat: arnaque, pas arnaque. J’ai mon avis, mais pour l’instant, je le garde pour moi. Il y en a d’autres qui ont des avis d’ailleurs.