Pourquoi Spotify va disparaitre.
Publié par Valeryaoût 11
Oui je sais en ces temps de “Spotify Rules”, “Spotify c’est le meilleur” ça calme. Mais en même temps c’est ce qui risque d’arriver selon le media Futurist Gerd Leonhard.
Spotify n’a aucun pouvoir de négociation
Eh oui. Quand spotify veut récupérer le droit de mettre à disposition une chanson, un album, un catalogue, Spotify doit aller négocier avec les éditeurs, les labels. Et spotify n’a AUCUN levier pour négocier les droits. Si demain les majors et/ou les gros indé décident que ce sera 7 centimes par écoute, il faudra que spotify file 7 centimes par écoute. Et les majors et les gros indés peuvent être très gourmands et ont une tendance à tuer la poule digitale aux oeufs d’or qui confine au génocide.
Là vous me dites: Les majors sont actionnaires de Spotify donc Spotify ne craint rien? On en reparlera.
une licence globale ou la mort?
Une seule solution pour que Spotify et les services équivalents puissent à terme survivre: une licence globale obligatoire! Et Gerd Leonhard n’y va pas avec le dos de la cuiller puisqu’il demande une licence globale, standardisée, multi-pays et collective! Bref que quiconque puisse, s’il le veut, mettre à disposition de la musique sans avoir à demander, quémander tous les droits à chaque fois. Tout en respectant bien sûr les conditions de la license globale (qui restent à négocier). Il ne s’agit pas d’aller à l’encontre du droit d’auteur mais bien de permettre à une nouvelle économie d’émerger.
Comme le dit Gerd Leonhard, les consommateurs ne refusent pas de dépenser de l’argent pour de la musique, ils ne veulent juste plus le faire de la manière que l’impose les majors. Et il lance donc un appel pour que chacun fasse pression pour qu’enfin cette licence globale soit instaurée.
Je précise que Gerd Leonhard aime beaucoup Spotify et qu’il n’a pas envie de le voir disparaître. C’est plutôt d’une alerte. Je précise également que je le trouve un petit peu pessimiste mais que bon quand même les majors ont prouvé leur cécité, leur entêtement dès qu’on s’écarte du modèle “20 euros le best of avec un inédit dessus ».
PS: C’est quoi un media futurist? je t’en pose des questions moi.

14 commentaires
Commentaire par Heebooh le 11 août 2009 � 15 h 45 min
Spotify reste une forme de licence optionnelle difficilement perfectible dans le sens où il ne s’agit pas d’un logiciel exportable (du moins pour le moment). Pour en savoir plus sur la licence optionnelle, qui diffère sensiblement de la licence globale, je vous invite à lire ce post très complet de mon ami Bishop :
http://www.substance-m.net/?p=537
Commentaire par Valoche le 11 août 2009 � 15 h 57 min
Merci. Je vais lire le papier de ce pas.
Après je trouve effectivement spotify très classe et leur business model ne reposant pas que sur la gratuité intéressant.
Reste que le point soulevé par Gerd Leonhard me semble d’actualité: tant que les majors auront le pouvoir d’étrangler ce genre d’initiative, elles risquent de le faire…
Commentaire par Non le 12 août 2009 � 0 h 20 min
non, pas question de payer tant que l’on ne sera pas propriétaire de la chanson, comme l’on achète un disque, le fait d’écouter ne justifie pas une paiement. J’ai plein de radio que je peux écouter gratuitement, mais si Spotify permet de télécharger cette chanson légalement et de la passer où je veux, comme un single, alors oui je suis d’accord pour payer.
Commentaire par Valoche le 12 août 2009 � 0 h 27 min
Propriétaire de la chanson? Ah tu dois te tromper d’adresse. Propriétaire? Non pas possible. Le seul propriétaire c’est l’auteur. C’est con hein.
Maintenant si tu veux pouvoir écouter ta chanson partout, tout le temps, de chez n’importe qui eh bien tu as… spotify.
Commentaire par Valoche le 12 août 2009 � 13 h 22 min
En même temps, payer 15 euros pour obtenir un CD que tu vas écouter autant de fois que tu veux et payer 10 euros pour écouter autant de chanson que tu veux pendant un mois, ça reste à mon avis un deal acceptable. Enfin pas moins acceptable que ne l’était le CD.
après la question des droits de diffusion (et donc d’écoute) reste d’actualité. C’est ce que pourrait éventuellement régler une forme de licence globale.
Mais c’est pas pour tout de suite…
Commentaire par -Twist- le 18 août 2009 � 1 h 25 min
J’ai essayé Spotify. Et je dois avouer en être revenu assez rapidement. L’interface est très classe, sobre. Mais le coup de la pub est totalement indigeste. Faut bien qu’ils vivent ok, mais écouter une pub d’Amy Mc machin en plein album, ca fait bizarre.
Alors oui, c’est très bien, belle bibliothèque mais ca ne me parle pas vraiment pour ainsi dire.
Après, la licence globale, dans les textes c’est très bien mais dans les faits, je pense que les majors feront tout pour tout récupérer. Et que les indés mourront une nouvelle fois de leur belle mort…
Commentaire par Valoche le 18 août 2009 � 1 h 29 min
Oui mais non. Enfin disons qu’il ne faut envisager Spotify que dans sa version payante. Parce qu’ils ont compris que le tout gratuit ne fonctionnait pas.
Donc en payant 10 euros par mois, spotify est-il satisfaisant? Oui, oui et oui par rapport aux autres. Dans sa version gratuite il est assez indigeste.
Reste que je viens de collecter 2-3 infos qui me laissent perplexe sur spotify et notamment sur sa politique de rétribution vers les indés.
Je fais un petit article dessus demain.
Commentaire par -Twist- le 18 août 2009 � 1 h 33 min
Ah ben alors ça, je suis plus que preneur. Et je ne suis pas le seul. je sens que ca va follower un max.
Commentaire par Valoche le 18 août 2009 � 1 h 39 min
Je voudrai recroiser deux-trois infos histoire de pas raconter trop de conneries mais ca devrait le faire.
Commentaire par Olivier le 18 août 2009 � 15 h 27 min
Haha. Pour l’instant, pour les labels qui ne sont pas des majors aka le grand méchant loup, Spotify paie 0,08 centimes par streaming.
(Putain, on va se gaver avec ca).
Aussi, les majors viennent de prendre 11% de Spotify. Qui vient certes de récolter 50 millions de $ a sa derniere levée de fonds.
Mais comme tu dis, si les majors décident que les prix montent, les prix montent et Spotify n’y peut rien.
Pour la petite histoire, que ce soit Deezer, Spotify ou un autre, ca sera toujours la meme chanson. Afin de devenir assez gros pour justifier une nouvelle levée de fonds pour que la boite survive (le principe de la gratuité totale ou partielle étant que personne ne veut payer, donc walou sur les revenus), on signe les majors. Qui ne disent oui que si on leur donne un revenu garanti. Résultat, il reste essentiellement rien pour les indés, passke on a laché une avance d’un million d’euros a Universal pour pouvoir streamer Eminem et Lady Gaga.
Mais le fait est, meme si Spotify paie absolument quedalle aux autres labels, il va crever, car personne ne veut payer. Le probleme, c’est que la musique est devenue *toujours* trop chere. Ou plutot, elle n’est jamais assez pas cher.
Alors bon.
Commentaire par Valoche le 18 août 2009 � 15 h 41 min
Complètement d’accord Olivier. Mais le process est quand même compliqué parce que je pense que les services de streaming sont pour la plupart sincères à la base. Mais ça se passe pas comme ils avaient espéré.
Appelons Spotizeer le nouveau service de streaming qui tue la mort.
Spotizeer a de très bonne intention, aime la musique, les indés mais a besoin des majors pour faire venir le public.
Les majors demandent l’inacceptable (c’est à dire des prix du 20ième siècle).
Spotizeer accepte.
Spotizeer n’a plus une thune pour payer les indés.
Les majors voient que spotizeer survit.
Les majors demandent plus de thune.
Spotizeer meurt.
Les indés n’ont pas touché une thune.
Heureusement arriva Deezpoty…
Commentaire par Olivier le 18 août 2009 � 15 h 58 min
Anéfé.
Seule certitude dans ces histoires, il sera toujours possible de streamer toute la merde du monde.
Faudra chercher un peu plus pour les artisans.
Et les indés ne toucheront toujours pas une thune sur les streams…
‘Heureusement’, eMusic commence a génerer quelques honorables brouzoufs. (et etre éditeur ca aide hin hin hin)
D’ailleurs, j’en profite pour bifurquer la-dessus: pour l’artiste, ca peut etre un vrai plus d’avoir éditeur et label au meme endroit: moins d’interlocuteurs, des gens qui connaissent d’autant mieux tes oeuvres qu’ils se sont également cassé le cul a sortir le disque et payer pour les posters…et sont donc d’autant plus motivés pour en faire la promo et tacher de placer ca pour la prochaine pub gucci pute ou ligne roset. [encore une fois, ce point de vue est éminemment valable chez un petit indé, pas des masses chez Beggars et bien sur pas du tout chez une major]
Commentaire par Valoche le 18 août 2009 � 16 h 04 min
Editeur + label? Oui dans certains cas mais trop souvent les labels sont devenus éditeurs pour des histoires de gros (ou petits) sous. Pour survivre. Sans être éditeur dans l’âme.
Sachant qu’aujourd’hui les droits d’auteurs seront peut-être la dernière source de revenus des artistes/auteurs. Bref ça peut le faire mais c’est vraiment au cas par cas.
Commentaire par Parms le 24 octobre 2011 � 16 h 40 min
2 ans après, où en sommes-nous ?