Le look de cet article sera surement un peu bizarre. Je publie d’une ville et d’un pc hum différents.

Suite des interviews de blogueurs avec Julien, also known as Rooroo seul maitre à bord (après les Beatles) du Blog « Rock N Blog ». Un blog qui me laisse pantois. La culture musicale dont peuvent faire preuve (sans étalage) certains amateurs ne cessent de me surprendre. Et en plus il a accepté une petite interview. Je ne vais pas écrire toutes les semaines « mortel » mais j’aime beaucoup l’état d’esprit qui se dégage de ses réponses. Merci à lui.

Peux-tu te présenter en quelques mots?
Julien (pseudo rooroo), (bientôt) 27 ans, bourguignon, travaille dans l’informatique industrielle.
Ma première passion : écouter de la musique (& aller en concert).
Ma deuxième passion : bloguer sur la musique que j’écoute à cette adresse.
Ma troisième passion : boire de la bière entre amis.

Qu’est-ce qui t’a motivé pour créer ce blog?
Tout a commencé en août 2005, il y a eu 2 grandes motivations. La première est que mes amis n’avaient aucune passion pour le rock (transmise par mon cousin) et j’avais tendance à les saouler en voulant leur parler de musique et des nouveaux groupes que j’écoutais. Dans le même temps, j’ai eu une lettre publiée dans le courrier des lecteurs de Rock & Folk et je me suis dit que ma façon d’écrire pouvait être plaisante à lire. Pour le blog, je cherchais un moyen de m’exprimer et ce type de plate-forme sur internet me correspondait totalement. Je me suis donc lancé à bloguer sur la musique que j’écoutais.

tu le vois évoluer comment dans les 2 ans à venir ? Question subsidiaire: le post de ton blog que tu préfères?

Dans deux ans, je le vois toujours de la même façon, même ligne éditoriale, même concept, un billet par jour ouvré, un mp3, une vidéo d’un groupe, d’une musique que j’écoute. Le but étant encore et toujours de partager le plaisir (ou pas) que j’ai en écoutant le titre.
Le post de mon blog que je préfère, je ne l’ai pas encore publié, mais il le sera cette année, le 23 juillet pour être précis (exclu !!!).

Comment gères-tu la profusion de groupes, morceaux, vidéos, évènements ?

Avec internet, il y a énormément de sources pour la musique. Mais comme au départ, c’est toujours le plaisir qui me guide, si le titre ne m’inspire pas, je trace ma route, je ne suis ni journaliste, ni critique, je fais ce que je veux avec mes oreilles et mes dix doigts, si dans une même semaine, j’ai envie de parler d’un manga japonais, d’André Verchuren (accordéoniste du siècle) de The Pains Of Being Pure At Heart (l’un de mes albums du moment), d’une chanteuse québécoise ou d’une bière danoise je reste libre dans mes choix et personne ne me met de couteau sous la gorge pour que je parle en bien ou en mal de qui que se soit.

Justement, concernant la découverte de nouveaux artistes. Aujourd’hui c’est plus simple ou plus compliqué qu’il y 5 ans pour toi?
C’est beaucoup plus simple car en 5 ans, mes goûts personnels se sont affinés et je sais exactement à quel endroit sur la toile je vais trouver mon bonheur.


Quel est -de ton point de vue- le vrai problème de l’industrie musicale aujourd’hui? Et ce qui te chiffonne le plus dans ton rapport à la musique?
Je ne bosse pas dans l’industrie du disque et je ne suis pas artiste, mais d’après ce que j’ai cru comprendre du fonctionnement de cette machinerie, ils n’ont pas été capable d’évoluer en même temps que les opportunités qu’offraient les réseaux de partage et la mondialisation musicale par internet.

Personnellement, le seul hic qui pourrait me chiffonner dans mon rapport avec la musique, c’est que j’aimerais pouvoir en écouter encore plus souvent.

Myspace est-il mort?
Myspace est LA vitrine de tout groupe qui veut exister. Chaque fois que tu cherches un extrait d’un groupe, tu passes par myspace. C’est le groupe qui n’a pas de myspace qui est mort.

HADOPI pour ou contre?
Sans vouloir me noyer dans un avis personnel sur cette loi, je sais que ma façon de consommer la musique a réellement évoluer avec les années. Je n’achète que très rarement de nouveaux CDs mais je suis très attaché au support vinyle quand un album m’a vraiment fait plaisir. Par contre, je vais beaucoup plus souvent en concert et festival, en moyenne 3 à 4 fois par mois, et toujours aussi régulièrement au ciné.

Selon toi, la musique on l’écoutera/découvrira comment dans 5 ans?
Dans 5 ans, je pense qu’on l’écoutera toujours de la même façon, baladeur à la main, par contre pour la découvrir, je reste persuadé que ce sont des passionnés comme les blogueurs qui partageront leur goûts d’un album, ou d’un nouveau groupe et qui permettront aux nouvelles pousses de se faire entendre.

B comme BoxSon(s): dans la boite, je voudrais aussi (et surtout) raconter des histoires d’humains, de personnes. Alors s’il y a une personne ou une rencontre liée à la musique que tu veux évoquer, n’hésite pas!
Récemment j’ai découvert un groupe de la scène locale que je commence à fréquenter. Des vieux routards qui jouent du rock très sixties. Je trouvais leur musique géniale, j’ai fait une petite interview sur eux et je les ai rencontré. Les mecs étaient super sympas et ils m’ont bien rappelé que ça leur faisait 100 fois plus plaisir qu’un anonyme comme moi aime leur musique et en parle spontanément, plutôt qu’un papier dans n’importe quel journal. Là tu te dis que c’est cool parce que c’est une fois de plus le plaisir Et le partage qui sont au centre de la musique.

Interview de Julien Cayer

Julien Cayer est un journaliste et un bloggeur. De Montréal. Il participe au collectif Bande à Part qui est quand même un site qui déchire. Et il a très gentiment accepté de répondre à quelques questions. J’en ai donc profité pour ne RIEN lui demander sur Bande à part. Vous allez me dire « bah c’est un peu con non » et je vous répondrai que non puisque je voulais lui poser des questions sur « son activité de bloggeur et son rapport à la musique aujourd’hui » donc j’assume. Eh je ne regrette pas parce que j’aime beaucoup les réponses (quand à mes questions eh bien j’y travaille hein).

Pouvez-vous vous présentez en quelques mots?

Je m’appelle Julien Cayer. Je suis journaliste et mélomane. Je travaille présentement pour Bande à part, un projet radio et Internet de Radio-Canada qui vise à faire rayonner la musique canadienne émergente (alternative, indie ou peu importe comment on l’appelle). En parallèle, je tiens un blogue musical, Pas de doute, qui vise à faire découvrir la musique que j’aime, peu importe sa provenance.

Qu’est-ce qui vous a motivé pour créer ce blog?

Partager la musique que j’aime avec facilité et sans contrainte. La plupart du temps, j’essaie d’écrire et de faire entendre des groupes qui n’ont pas la couverture médiatique qu’ils méritent, à mon avis. Ou encore des groupes de Montréal, où j’habite. C’est d’ailleurs un peu le devoir de chacun de diffuser des groupes locaux. Forcément, nous avons plus de chances d’entendre ou d’obtenir la musique des groupes de chez nous (dans un spectacle, par une connaissance) qu’un bloggeur de l’extérieur. En les partageant, un bloggeur d’ailleurs peut le partager à son tour et créer un «buzz» qui fera en sorte que le groupe se démarque sur la plan national ou international. Si les bloggeurs ne font pas ce travail au début, les nouveaux groupes restent dans l’ombre.

Vous le voyez évoluer comment dans les 2 ans à venir ?

La forme du blogue change présentement à cause de la popularité grandissante de Twitter, qui à son tour influence beaucoup la manière dont on utilise Facebook. Je crois que le blogue demeure pertinent pour tout ce qui ne peut pas se dire en 140 caractères. C’est le cas lorsqu’on raconte une anecdote, lorsqu’on détaille une opinion sur un artiste ou lorsqu’on veut tout simplement écouter un MP3. Par contre, je crois que l’époque où un bloggeur pouvait se contenter d’Embedded un vidéo Youtube avec peu ou pas de texte est révolue. Twitter fait beaucoup mieux ce travail.

Comment gérez-vous la profusion de groupes, morceaux, vidéos, évènements ?

Je limite mes sources d’informations. Les plus importants demeurent mes amis, mes connaissances dans l’Industrie musicale, quelques sites/blogues de confiance (Pitchfork, Stereogum), quelques labels innovateurs et quelques utilisateurs Twitter et… le hasard.

Justement, concernant la découverte de nouveaux artistes. Aujourd’hui c’est plus simple ou plus compliqué qu’il y 5 ans pour vous?

Plus complexe, parce que comme tous les journalistes spécialisés en musique, je continue à suivre pendant un temps tous les nouveaux groupes que je découvre, tous les blogues qui m’ont un jour appris quelque chose d’intéressant et tous les labels qui découvrent et signent de bons artistes la plupart du temps. La liste augmente sans cesse.

Quel est -de votre point de vue- le vrai problème de l’industrie musicale aujourd’hui? Et ce qui vous chiffonne le plus dans votre rapport à la musique aujourd’hui?

Le vrai problème de l’industrie musicale, c’est quelle a fait beaucoup trop d’argent pendant assez longtemps pour penser que c’était normal. Aujourd’hui, elle crie au meurtre parce que ses profits sont plus minces qu’il y a dix ans, mais elle fait encore considérablement beaucoup d’argent. Ce qui me chiffonne le plus dans mon rapport à la musique d’aujourd’hui, c’est la course à la rapidité qu’a engendré les blogues et Twitter (quoique cette course ait toujours eu lieu dans une moindre mesure). Je soupçonne plusieurs bloggeurs et utilisateurs Twitter de parler d’une pièce ou d’un vidéoclip sans l’avoir regardé jusqu’à la fin (ou regardé tout court) pour ne pas que quelqu’un d’autre le devance.

Myspace est-il mort?

Mort, pour l’instant, en terme de réseau social, mais Myspace demeure très pertinent en temps que « mini-site web pour musiciens ».

Selon vous, la musique on l’écoutera comment dans 5 ans?

J’aurais tendance à dire que la plupart des gens l’écouteront comme aujourd’hui, avec des MP3 téléchargés illégalement.

Quelle problématique (musicale) existe au Québec et, selon vous, pas ailleurs?

Le «star-system» québécois est assez particulier. Par rapport au reste du Canada (trois fois plus nombreux que la Province de Québec), il y a beaucoup, beaucoup d’artistes, de groupes, de maisons de disques, etc. qui survivent malgré un public restreint (7,7 millions d’habitats), grâce, entres autres, à un système de quotas et de subventions pour la musique francophone. Ça donne des vedettes, très connues à Montréal, mais totalement inconnues à Toronto, par exemple.

Inversement, un avantage que le Québec a, ou peut avoir, sur les autres pays (toujours du point de vue de la musique)?

Beaucoup de médias, de salles de spectacle, d’aide à la relève (ce système de quotas de subvention évoqué plus haut).

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