Vaude B.:. est multiple. Il a joué dans Maczde Carpate et aujourd’hui il évolue entre Vaude B.:. son projet solo et Tangram, un trio electro-texte. Il a sorti une édition limitée de  »LA TETE DANS SON VENTRE… » Un recueil d’une douzaine de poèmes ambiancés. J’ai eu la chance d’en recevoir un. Il est resté en boucle sur ma platine pendant plusieurs semaines. Assez peu accessible au premier abord, je suis juste tombé amoureux de cet album. Bref, il était temps d’inviter mister Vaude B.:. sur B comme BoxSons.

Vaude b.:.

Intro: une chanson à écouter pendant cette interview?

Difficile de faire un choix, je dirai « No quarter » de Led Zepplin… C’est ce groupe qui a guidé mon envie et la manière de voir le rock.

VAUDE B .:. ?

C’est un défi et un projet que je me suis lancé en 2007. J’avais besoin de me retrouver, de savoir ce que je pouvais proposer seul sur scène et sur cd. N’étant pas un instrumentiste virtuose, je me suis amusé à détourner les sons d’instruments, d’objets, à jouer avec la matière afin de recréer ou d’approcher des atmosphères, des ambiances sur lesquelles j’ai posé des textes parlés ou chantés. J’ai appelé ça des « poèmes ambiancés » Ça m’a permis entres autres de sortir un Album, « La tête dans son ventre… », de collaborer sur scène et sur disque avec de nombreux groupes (Kafka, Akira, Kugley…), d’être édité dans la revue littéraire « Mercure liquide », de tourner en France et à l’étranger, de faire des ateliers d’écritures, d’accompagner en illustration sonore une poétesse Roumaine, de faire de l’éveil musical pour des personnes mal-voyantes… Ce projet m’a amené une grande liberté artistique en me sortant du parcours classique d’un groupe de rock. Et surtout, ça m’a éclairé sur mes capacités et mes limites.

Et avant?

Auteur et chanteur dans MacZde Carpate de 1996 à 2008. Un projet très intéressant basé sur le rock qui a donné naissance à quatre albums et un live « Discomouche » 2001 (Spirit/Wagram), « A l’intérieur » 2004 (Yelen/Sony music), « Tue-tête » 2006 (Ladilafé/Atmosphérique) « Bâtard » 2008 (Ladilafé/Anticraft) et Combat de coqs 2008 (Ladilafé/Anticraft) et qui nous à permis de jouer un peu partout (France/Québec/Suisse/Belgique/Italie/ex Yougoslavie/ Europe Centrale/Europe de l’Est…). C’était un projet artistique ambitieux et exigeant qui m’a beaucoup apporté mais qui demandait un investissement tout aussi important. Aujourd’hui le groupe est en longue pause pour que ces membres puissent s’occuper d’eux et de leurs projets.

Et pour 2010 et 2011

Un Vaude B .:. N°2 est en cours, j’essaye d’évoluer, de dire la même chose mais d’un angle plus positif cette fois. Un nouveau Projet « TANGRAM » de l’Electro-Texte commence à tourner. C’est un trio, une rencontre de trois mondes, un MAChiniste Techno, un Saxophoniste d’impro et mes racines Rock. Le résultat est assez intéressant, un électro-rock-revendicatif-poétique-déjanté. Un Album se dessine pour bientôt!
Et des collaborations en tous genres comme la bande son d’un documentaire, l’écriture pour d’autres…

?

Ah…. le dernier concert de MacZde Carpate au PDZ à Besançon, un moment très très étrange dans un tout petit lieu devant presque personne, les affiches n’étaient jamais arrivées, il neigeait… On a fini comme on a commencé…la tristesse de la dernière fois en plus. C’est dommage car la tournée de Bâtard a été vraiment bien scéniquement parlant. Cette fin annoncée nous avait totalement libérés et puis on s’est fait rattrapé sur la ligne d’arrivée.

Une reprise que tu voudrais faire?

J’aime les reprises qui apportent, qui propose un autre point de vue, une atmosphère différente…et jusqu’à présent je n’ai pas vraiment réussi. J’adorerais trouver une version de « Human behaviour » de Bjork.

Un artiste ou un groupe pour un duo ?

Un duo avec Catherine Ringer, ça me plairait! J’aime les fêlés, les poètes.

Internet, la crise du disque, l’avenir ?

Internet, un accès à tout pour tous, c’est finalement très humain, un labyrinthe avec un peu de bon un peu de mauvais et énormément de choses inintéressantes…je dirai que ça dépend l’utilisation qu’on en a et ce qu’on en fait, mais globalement je trouve cela plutôt intéressant. La musique est devenue à son tour un objet de consommation préférant la quantité à la qualité, un business parmi d’autres. A force de faire n’importe quoi artistiquement sur des supports de qualité médiocre, il ne faut pas s’étonner que les consommateurs ne veuillent plus payer pour un titre qu’ils écouteront 15 jours en boucle et qui ensuite sera totalement oublié et plus à la mode. Pour moi la crise du disque c’est une crise d’un secteur de la musique, celle qui se vend en supermarché. Pour les autres, les artisans, ceux qui innovent en musique et qui proposent un bel objet, c’est beaucoup moins flagrant. Il ne faut juste pas confondre le public et les consommateurs. L’avenir ne m’intéresse pas trop, je suis plutôt un homme du présent. Ayant peu de foi en l’humanité et étant persuadé qu’on va droit dans le mur que l’on construit, j’essaye de croire en moi, ma femme et quelques personnes et de faire de mon mieux.

Une découverte à partager?

Une Bd, « Tout seul » de Chabouté.

Je sais que ça ne sert à rien de dire “allez écouter”. Je le dis à longueur de guide et à longueur de conseils. Et comme tout cordonnier, je fais quand même ce que je déconseille et heu non tiens, démerdez-vous. Dé-mer-dez-vous. Mieux même. N’allez pas découvrir le superbe  »LA TETE DANS SON VENTRE… » ahaha tiens allez tu m’énerves, je préfère partir.