Le Guide pour les Groupes Indépendants | Hors Série | DiY BnA !!!
Publié par Valeryjan 26
Allez puisque tout le monde semble vouloir y aller de son acronyme tout pourri genre “hey moi aussi je pense et je réfléchis à l’avenir de la musique”, oubliant au passage que réfléchir c’est bien mais que cela ne débouche pas automatiquement sur un truc intelligent eh bien moi-même, sans avoir aucunement réfléchi, j’y vais de mon expression: DiY BnA !
Do it Yourself
C’est le nouveau mot à la mode. Fais le toi-même. Toi artiste, fais-le puisque personne ne le fera à ta place. Puisque les éditeurs disparaissent, essaye de placer tes chansons toi-même. Plus de labels? Enregistre, mix, masterise et fabrique ton bel album. Il n’y a plus de distributeur de disque? Va déposer toi-même tes piles de CD à la FNAC. FNAC qui ferment les unes après les autres? C’est pas grave, vends tes disque à la boulangerie, à la crêperie, au séminaire, à la maison de retraite quand tu vas voir ta grand-mère, aux repas de famille. Pour les concerts c’est pareil. Les salles disparaissent? Joue dans ton appart, chez tes potes, à l’arrière d’un camion. Et puis fais-ton pain, fais ta lessive, fais ta cuisine. Si j’avais un seul conseil à vous donner concernant le Do It Yourself ce serait “fais tes billets de banque mon pote”.
Alors elle est pas belle la vie? Faut voir. Parce qu’à tout faire tout seul, tu as passé 700 heures de taf pour récupérer 3 concerts miteux dans un bistrot, à la maison de retraite et à la crêperie. Des CD, t’en as vendu 100 mais la famille et tes potes te font la gueule parce que tu les as forcé à en acheter 5 chacun. T’es endetté pour les deux ans à venir parce que bordel tu ne sais pas quoi faire de ces 15000 affiches 4*3 que tu as bêtement commandées. En plus t’as enregistré tout seul et personne n’a rien dit quand t’as décidé d’intégrer des bruits de copulation d’ornithorynques sur tous les morceaux.
But not Alone !
Voilà fais-tout toi-même mais pas tout seul! D’un point de vue musicale, je vais pas te refaire l’histoire des grands producteurs (au sens anglo-saxon). Allez même si ton producteur est un peu merdeux, un avis extérieur, une remarque peuvent te faire prendre conscience que “non c’est pas une bonne idée les bruits de mouettes pour cet opéra metal post moderne”. Et si au fond, tu sais qu’il faut des mouettes parce que t’as eu une vision (!), c’est pas la remarque d’un producteur miteux qui va te faire changer d’avis.
Et c’est valable pour tout. L’idée du Do It Yourself c’est de comprendre de quoi il retourne, d’être capable lorsqu’il n’y a personne de faire soi-même, mais sans perdre de vue que ce sera toujours mieux d’avoir un petit bonhomme qui cherche des concerts pour toi. Qu’un graphiste qui accepte de te faire des putains de visuels c’est plus cool qu’un logo powerpoint. Et qu’un tourneur qui sait bosser, ça n’a pas de prix.
La seule différence quand tu DiY c’est que le jour où quelqu’un vient te proposer de te prendre, hum, 95% des droits de ceci pour t’aider, tu peux lui dire “fuck off mon pote, je vais le faire moi-même jusqu’à ce que je trouve un vrai partenaire”. Ne nous trompons donc pas de combat. C’est pas l’artiste qui fait tout tout seul et qui emmerde tout le monde (enfin ça peut aussi bien sûr). C’est l’artiste qui se prend par la main, s’entoure et anime tout ce petit monde dans la direction qu’il impulse*. Bref la prochaine fois qu’on essaye de frimer devant toi avec ce DiY n’hésite pas à te marrer avec suffisance en marmonnant indistinctement “hin hin totalement ringard et contreproductif. Le DiY BnA ! c’est autre chose hin hin hin”.
* bien sur certains artistes sont absolument incapables de faire ça. Oui c’est vrai.

16 commentaires
Commentaire par Music Think Tanker le 26 janvier 2010 � 14 h 28 min
Tu connais Les Neurones en HP alors ?
http://www.myspace.com/lesneuronesenhp
Commentaire par valoche le 26 janvier 2010 � 14 h 40 min
@Music Think Tanker : non mais je suis persuadé que tu vas m'expliquer pourquoi je devrais les connaître !
Commentaire par Caro le 26 janvier 2010 � 18 h 33 min
Bon bah encore une fois ultra d'accord… ce qui fait que j'ai rien à dire. Du coup, j'y retourne
Commentaire par Pannouf le 26 janvier 2010 � 20 h 34 min
Le Do It Your Self ça fonctionne pour la production. Pour la distribution ça devient plus difficile. Si tu arrive avec un package tout fait. Titres mixés, jaquette, cd prêt… ça peut aboutir plus facilement sur des signatures en maison de disque qui assure la partie distribution.
(c'est peut être naïf ce que j'écris)
Commentaire par valoche le 27 janvier 2010 � 9 h 51 min
Naïf je ne sais pas. C'est en tous cas ce qui pratique assez souvent.
Et l'idée d'appliquer le Do It Yourself uniquement sur certaines activités peut être intéressante.
Un des gros problèmes aujourd'hui c'est que l'existence du groupe sur le net ne peut pas être confiée à un autre. Autant ça ne choque personne que le facebook ou le site de Springsteen soit géré par une batterie de type dédiés à ça, autant c'est impensable pour un groupe qui démarre.
Sauf que la plupart des groupes ne savent pas mais alors pas du tout de chez pas du tout communiquer (quoi que ce mot puisse englober).
Il y a là un réel problème. Pas insoluble mais fondamental.
Commentaire par Caro le 27 janvier 2010 � 15 h 58 min
Bien d'accord sur le fait que la plupart des groupes ne savent pas communiquer, vu que pour ça il faut de réelles compétences et une connaissance du boulot de com' et du réseau (et du temps).
Par contre, l'idée d'un groupe (connu ou pas) qui gère lui-même son site, avec une personne extérieure qui, elle, s'occupe de ses pages Facebook/Myspace etc, et qui travaille à le rendre visible sur le web (sites de téléchargement, webradios/TV, sites de découvertes d'indés), je la trouve envisageable, non ? Même si l'artiste n'est pas Bruce. Un chargé de com' webesque, quoi.
Bien sûr, en évitant de choisir le pote qui va se pointer à la médiathèque de son quartier en étant sûr que c'est là la Blogothèque, uh uh.
Finalement j'en reviens toujours à la même constatation : être entouré, c'est bien (ou pas du tout), être bien entouré, c'est mieux.
Commentaire par valoche le 27 janvier 2010 � 16 h 18 min
@Caro une personne qui gère pour le groupe ? Oui et plus j'y réfléchis plus s'impose l'idée que le manager/homme à tout faire/pochtron doit réinventer son métier. D'ailleurs j'ai écrit une bafouille là-dessus. Mais j'attends un peu.
Le problème c'est que la matière première de la communication (vilain mot qui ne veut strictement plus rien dire), de l'existence d'un groupe en ligne passe par le groupe lui-même!
Si on part du principe, comme moi, qu'il faut essayer de fédérer sainement, naturellement les gens. Il faut bien que ce soit le groupe qui parle. Le groupe qui existe sur la toile. Et que les gens viennent pour le groupe et sa musique.
Et c'est tout le problème. Perso, je fais de la veille, je regarde ce qui peut marcher, pas marcher, les sites qui vont bien, les accroches, je réfléchis à des concepts, des rubriques mais si l'artiste ne met pas en musique derrière ben ça marche pas. Si je mets à jour le facebook de Clarys (à part les photos) et que je réponds aux fans comment je fais? Je peux pas. Ou alors ça donne un ton ampoulé, officiel incohérent avec une artiste peu connue.
Ou je me lâche et du coup ça devient le facebook de qui?
Bref, l'artiste doit s'impliquer et ça c'est dur.
Commentaire par Pannouf le 27 janvier 2010 � 19 h 53 min
Oui voilà ! Je pense que maintenant c'est indispensable le site web, le couteau suisse 2.0 etc mais ensuite il y a 2 options :
1.On peut les utiliser comme des simples canaux de communication complémentaires au off-line, diffuser les news, les dates, les mises à jour si l'artiste/groupe s'en t***** et cela n'empêche pas de poster une petite vidéo, un post de remerciement de l'artiste de temps en temps.
2. On exploite à 100% les outils web 2 en laissant une partie de la caisse à outil de communication à l'artiste/groupe directement
Ensuite c'est une question de positionnement. Surtout si l'artiste/groupe doit twitter, facebooker ou bloguer il doit le faire quand il en a envie.
Commentaire par Caro le 27 janvier 2010 � 18 h 40 min
C'est clair c'est le bordel en effet (je sais, je dis des trucs intelligents).
A mon avis la première chose à définir c'est comment le groupe souhaite être présent sur la toile, et par quoi. Le principe du direct to fans, plébiscité par nombre de blogs sur le zicbusiness, est en effet l'idéal, mais l'artiste est-il dans cette logique ?
A-t'il envie / le temps d'engager un réel échange personnalisé avec les gens qui l'écoutent ou le découvrent, sachant qu'en partant là-dedans il devra forcément rester connecté à temps quasi-plein ?
A-t'il envie / le temps de mettre en ligne chaque jour une nouvelle vidéo (Supergroupe en répét, Supergroupe en studio, Supergroupe en résidence, Supergroupe au bistrot…), même si le contenu est finalement peu intéressant ?
Ca dépend vraiment de la logique de l'artiste, et du public qu'il "vise" je pense.
Commentaire par Caro le 27 janvier 2010 � 18 h 41 min
(suite de mon com… faudra que tu m'expliques… j'ai droit à combien de caractères ?
Pour moi c'est important de répondre aux personnes qui nous contactent personnellement, par mail ou myspace. De là à écrire sur twitter que j'ai mes règles (cf Amanda Palmer hier soir), bah non. C'est pas par ces infos que j'ai envie de communiquer aux gens. Bon, je sais, je prends l'exemple extrême, je suis de très mauvaise foi.
En fait, il faudrait pouvoir définir si l'artiste souhaite plutôt s'adresser à un public qui sera content d'écouter un nouveau morceau, de voir les prochaines dates, une nouvelle vidéo mais qui s'en foutra complètement de savoir où il aime bien aller manger un bon steack ; ou alors si c'est important pour l'artiste qu'il y ait des infos autres que musicales.
Déjà, définir ça, ça peut peut-être orienter sur les besoins du groupe en ce qui concerne sa visibilité sur le web. Cibler.
Commentaire par valoche le 27 janvier 2010 � 20 h 45 min
@caro: L'exemple Amanda Palmer est très interessant. Je suis sûr que personne ne la force. C'est son truc. Et dans le tas des gens qui viennent, une partie vient parce que c'est une fille crue, une autre parce qu'elle déchire.
Après il faut trouver la limite, le ton entre l'égotrip "moi moi moi" et "l'annuaire" genre "hier j'ai vu" demain "j'aimerai tel truc" mon tuyau pour changer ses cordes".
Mais c'est ça qui est intéressant pour moi : prendre ses outils, les comprendre, les intégrer et les utiliser selon ce qu'on est.
D'où l'importance d'un 5ième beatles qui fait de la pédagogie, propose, explique, défriche pour que l'artiste puisse ensuite décider.
Commentaire par valoche le 27 janvier 2010 � 20 h 53 min
Je pense quand même que si on prend la majorité (c'est à dire qu'on exclut les génies), l'artiste/groupe doit exister sur la toile en permanence.
"twitter, facebooker, bloguer" quand il en a envie ? Oui. SI c'est du remplissage, aucun intérêt.
D'où l'importance de réfléchir à ce que chacun peut vouloir raconter. Pour instaurer une sorte de régularité l'air de rien.
Et ça doit dépendre de l'artiste. Mais on a alors des surprises.
Si reste sur un "ok coco, t'écris quand tu veux" un peu passif, on risque de se retrouver avec un artiste qui n'écrit QUE pour parler demander d'acheter son CD, venir à son concert. Et ça, c'est vraiment pas bon.
Commentaire par [grrr] le 28 janvier 2010 � 10 h 07 min
Bien intéressant tout ça… Je trouve que les groupes qui communiquent beaucoup c'est très souvent au choix :
- une suite de "écoutez notre nouveau morceau" / "venez nous voir en concert" / (et surtout) "votez pour nous au top-rock-bouygues-macdo-sfr" => chiant et insupportable (ça n'engage que moi).
- le choix d'un angle assez différent, comme une mise en perspective, qui peut donner un regard côté "business" (comme Mr bidibule) ou un blog où on raconte sa vie heure par heure => ça peut être bien ou pas, mais au final ça s'éloigne assez de la musique, c'est plus proche du blog. Et tout musicien n'a pas forcément l'envie ou le talent pour faire ça…
Moi ce qui m'intéresse quand j'écoute un groupe c'est d'en savoir plus sur sa musique, et éventuellement de tchatcher un peu avec les membres. Mais pour les "petits" groupes inconnus, je vois pas trop où est la solution… On est inconnus donc personne ne veut en savoir plus sur notre musique, que reste-t'il à part inonder de messages promotionnels redondants ou se taire ?
Ceci dit il y a des exceptions, comme ce site très marrant et personnel d'un groupe que j'adore (mais qui n'est pas totalement inconnu) : http://mendelson.free.fr/
Commentaire par valoche le 28 janvier 2010 � 10 h 18 min
Pourrais pas être plus d'accord avec toi là Grrr.
Et c'était bien le sens de mon intro sur ce guide : il faut être bon zicos ET bien en parler.
Le bien en parler faisant finalement référence au fait de trouver cet angle qui fera venir les gens alors que tu es inconnu.
Tu tweetes que tu as tes règles avec 500 000 followers, tu es hype.
Tu le fais avec 5 followers, t'es juste une conne exhib.
Donc une partie du travail est de trouver un moyen d'amener le public à t'écouter l'air de rien. A s'intéresser à toi par la bande.
C'est très dur. Vous pourrez voir demain si on a réussi avec un des groupes avec lesquels je bosse. Pas évident du tout.
Commentaire par Olivier le 29 janvier 2010 � 22 h 55 min
Rha je l'avais loupé celui ci…. Je me lirai la discuss' (mais pas cette nuit). J'adore l'acronyme pourri
(il faudrait une équation, pour faire bonne mesure, mais je chipote)
Ping par Charly et sa Drole de dame | Une vioque, une box et un folk man | B comme BoxSons le 5 avril 2010 � 12 h 43 min
[...] est un artiste qui découvre le DiY. Tout faire soi-même. Heureusement il a aussi découvert le DiY BnA. Bref il s’entoure. Du coup c’est toujours compliqué pour se faire entendre, mais moins. Il [...]