Une série de deux articles (pas plus) pour tenter de répondre à une question qui taraude plus d’un musicien de par le monde.

C’est quoi un éditeur musical ?

C’est vrai ça, c’est quoi un éditeur. Demandons à un musicien pris au hasard :

  • « heu ben c’est le label non » ? Hum non.
  • « ah ben c’est celui qui fabrique les disques comme l’éditeur de livres » ! Non plus, ça c’est l’éditeur phonographique.
  • Toi là : « l’éditeur musical. Ca existe ça » ?
  • Allez encore un effort : « heu bah c’est des mecs qui te prennent tes chansons et que tu revois jamais, ou alors les mecs du labels qui te prennent tes droits pour payer l’enregistrement  de l’album».

Heu c’est pas très politiquement correct mais y-a de ça, m’sieur. Enfin dans le ressenti. Tu demandes c’est quoi un éditeur musical et soit « c’est un voleur », soit c’est « un fantôme ».

Bon alors c’est quoi un éditeur musical ? Pour la prose officielle le syndicat des éditeurs musicaux c’est là : Chambre Syndicale des Editeurs de Musique. Globalement il a comme obligation de moyen de faire connaitre l’œuvre. C’est pas rien quand même. C’est même plutôt pas mal ça. T’écris une chanson et hop ton éditeur a comme obligation de la faire connaitre.

Faire connaître à qui ?

C’est là où ca se complique. Admettons que ta chanson déchire mais vu que tu chantes comme un chat écrasé (au moment ou le chat est écrasé j’entends), ça le fait pas. Donc ton éditeur va faire connaitre ta chanson pour qu’un super interprète genre Johny Halliday ou Madonna chante ta chanson.

Après tu vas te gaver en droits d’auteurs. Mortel ! Dès que Johny chantera ta chanson, paf, droits d’auteurs. Une partie pour toi, et une partie pour l’éditeur bien sûr. Bah oui quand même. Tout travail mérite salaire.

Donc bon en gros l’éditeur il prend entre 33% et 50% (*) et le reste c’est pour toi (toi et tes potes auteurs si vous êtes plusieurs à avoir écrit la chanson). Gavage. Oui mais deux questions se posent alors :

Ton éditeur, il le connait Johnny ?

Parfois oui. Souvent non. Mais il connait Hervé Vilar et Charlie Oleg. Bon c’est pas pareil mais quand même c’est bien. Ou il connait aussi Jean Bob.

  • Ouais tu sais le mec qu’a sorti un tube là, en deux mille heu non en 1967.
  • Ah oui celui-là. Et tu crois que ça va rapporter des brouzoufs en droits d’auteur ?
  • Oh bah s’il a toujours ses 3 galas « mondial moquette » par an, ça peut le faire. Attends, je l’appelle.

Et la deuxième question :

Johnny, c’est sûr qu’il est le meilleur pour chanter ta chanson ?

Oh p’tain c’est compliqué là. Ben oui mais toi tu écris de l’anti folk avec des nappes musette serbo-antillaise sur un beat electro-jungle. Et Johnny il est super fort pour chanter mais ça risque de pas rendre pareil. Et c’est donc, entre autres, à ça qu’on reconnait un bon éditeur: son carnet d’adresse, sa capacité à contacter les bonnes personnes pour travailler les bonnes chansons. C’est pour ça qu’il y a des éditeurs spécialisés, bien sûr.

Mais alors éditeur musical c’est bien ou pas ?

Oui, c’est une profession magnifique : faire découvrir, connaître une œuvre de musique. Merde, c’est quand même la classe. Et beaucoup d’éditeurs pendant longtemps ont fait ça très bien vu que c’est une profession qui est apparue en tant que telle au quinzième siècle. Mais mais qu’est-ce qu’il s’est-il passé pour qu’aujourd’hui la profession soit si mal perçue ?

Et les labels devinrent éditeurs

Et là, juste c’est le début de la fin, le cercle vicieux qui s’enclenche, la loi de Murphy en action, la merde dans le ventilo… [La suite]

le flux de kopecks #1)